L'ACTUALITÉ
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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

21/11/04 - DJIBOUTI - Conflit FRUD/Etat - Des armes chimiques vont être utilisées contre les villages Afars tout au long du conflit entre le FRUD et l'Etat djiboutien et ce jusqu'en décembre 1994 malgré les Conventions internationales.

Par M Abdillahi O.

Convention pour l'interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l'emploi des armes chimiques et sur leur destruction

Convention conclue à Paris en janvier 1993, qui interdit l'emploi d'armes chimiques en temps de guerre, ainsi que leur fabrication, leur acquisition, leur stockage, et toute assistance à un Etat qui chercherait à s'en doter.

Elle stipule la destruction, sur dix ans, des stocks existants. Elle est entrée en vigueur en avril 1997. L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), instituée à cette occasion, et inaugurée en mai 1998, a pour mission de vérifier l'application de la Convention.

Cent soixante et onze pays dont Djibouti ont signé ou adhéré à la CAC.

ARTICLE PREMIER

OBLIGATIONS GENERALES

1. Chaque Etat partie à la présente Convention s'engage à ne jamais, en aucune circonstance :

a) Mettre au point, fabriquer, acquérir d'une autre manière, stocker ou conserver d'armes chimiques, ou transférer, directement ou indirectement, d'armes chimiques à qui que ce soit;

b) Employer d'armes chimiques;

c) Entreprendre de préparatifs militaires quels qu'ils soient en vue d'un emploi d'armes chimiques;

d) Aider, encourager ou inciter quiconque, de quelque manière que ce soit, à entreprendre quelque activité que ce soit qui est interdite à un Etat partie en vertu de la présente Convention.

2. Chaque Etat partie s'engage à détruire les armes chimiques dont il est le propriétaire ou le détenteur, ou qui se trouvent en des lieux placés sous sa juridiction ou son contrôle, conformément aux dispositions de la présente Convention.

3. Chaque Etat partie s'engage à détruire toutes les armes chimiques qu'il a abandonnées sur le territoire d'un autre Etat partie, conformément aux dispositions de la présente Convention.

4. Chaque Etat partie s'engage à détruire toute installation de fabrication d'armes chimiques dont il est le propriétaire ou le détenteur, ou qui se trouve en un lieu placé sous sa juridiction ou son contrôle, conformément aux dispositions de la présente Convention.

5. Chaque Etat partie s'engage à ne pas employer d'agents de lutte antiémeute en tant que moyens de guerre.

L'Irak et les armes chimiques
1980 à 1992

Production de 3 850 t d'agents chimiques

Production de 152 000 obus chimiques

Production de 80 ogives chimiques pour des missiles SCUD

 

Guerre Iran-Irak1980-1988

Depuis la première guerre mondiale, la guerre Iran-Irak était la seconde fois où l'utilisation des armes chimiques fut aussi grande. L'Irak utilisa les armes chimiques surtout de façon défensive pour compenser la supériorité de l'armée iranienne en nombre. La guerre Iran-Irak aurait fait environ 10 000 victimes parmi les soldats iraniens reliée seulement à l'utilisation de gaz de combat.

Septembre 1980

Le gouvernement iranien accuse l'armée irakienne d'utiliser des gazs de combat, mais sans aucune preuve

Juillet 1982

Première utilisation prouvée d'armes chimiques (gaz lacrymogènes) par les irakiens sur Basra lors d'une offensive iranienne

Mise en garde de l'Irak envers les Iraniens que toute nouvelle incursion sur le territoire irakien serait suivi de l'utilisation d'une nouvelle arme secrète. À partir d ce moment, l'Irak a débuté la production de "gaz moutarde".

Août 1983

Première utilisation massive du "gaz moutarde" sur les iraniens

1984

L'armée irakiennes utilise diverses armes chimiques pour protéger les champs de pétrole des Îles Manjoon des attaques iraniennes ( 2 000 victimes iraniennes )

Mars 1984

Création d'une commission d'enquête par les Nations Unies suite à une demande du gouvernement iranien sur les derniers événements
Le rapport des inspecteurs de l'ONU indique la présence de traces de gaz moutarde et de tabun (agent neurotoxique) sur les champs de batailles

30 mars 1984

L'ONU dénonce l'utilisation des armes chimiques et indique à tous les pays qui ne l'auraient pas encore fait, de se joindre au protocole de Genève
Début du contrôle international des exportations de matériel suspect pouvant servir à la fabrication d'ames chimiques en Irak

Mai 1984 à fin 1985

Aucune utilisation apparente d'armes chimiques par l'Irak

Début 1986

L'Irak accuse l'Iran d'utiliser des armes chimiques

Février 1986

Plusieurs enquêtes sont lancées par les Nations Unies
Conclusion: des preuves montrent une augmentation de l'utilisation d'armes chimiques par les Irakiens, mais à part quelques traces de phosgène et de gaz moutarde sur les soldats irakiens, les inspecteurs ne peuvent se prononcer définitivement sur la culpabilité des Iraniens

1986-1987

L'Irak utilise des armes chimiques sur les civils iraniens et kurdes

Mars 1988

Pour dénoncer le soutien des Kurdes envers l'Iran, l'armée irakienne bombarde la ville de Hallabjah à l'aide d'armes chimiques ( acide cyanhydrique et gaz moutarde ), faisant 5 000 victimes

Guerre du Golfe

La guerre Iran-Irak où les armes chimiques furent utilisées massivement rappelait les capacités de l'armée irakienne. La possibilité d'utilisation de telles armes par les Irakiens lors des futurs combats obligea les alliés à prendre certaines mesures défensives.

Les alliés ont informé l'Irak qu'une utilisation d'armes chimiques serait suivit d'une réplique implacable. Avec cette menace, l'Irak n'a pas fait usage d'agents chimiques durant les offensives des alliés.


Nous aborderons dans un prochain article et dans le détail

" Djibouti et les armes chimiques - les dessous du panier ".

Des armes chimiques vont être utilisées tout au long du conflit entre le FRUD et l'Etat djiboutien.

Ni le Chef d'Etat Major Général des Armées, le Général Ali MEÏDAL WAÏS, ni le Lieutenant Colonel Omar BARREH DARAR ni le Lieutenant Colonel Hoch ROBLEH IDLEH - comme bien des Officiers supérieurs de la hiérarchie militaire de l'Etat Major général des Armées ne sont favorables à un conflit armé avec les Afars.

Contrairement à ce qui peut en être compris de l'extérieur, l'organisation de la société djiboutienne à cette époque donne à tort l'impression d'une grande propension aux luttes fratricides entre Afars et Issas.

On notera toutefois des différences avec les Oromo de l'Ethiopie voisine, où la paix "nagaa" est impérativement de rigueur à l'intérieur de la communauté, mais où la violence peut être bien plus extrême que les Issas contre l'ennemi venu de l'extérieur.

Djibouti est donc déjà à cette époque le résultat d'un long brassage, le peuplement du pays est bien plus homogène qu'on a bien voulu le faire croire car rare est le djiboutien Issa qui n'ait pas une tante ou une grand-mère, voire une mère Afar, d'origine Arabe, Gadaboursi ou Issak …..et inversement.

Souvent les mariages inter tribaux s'effectuent à haut niveau de la hiérarchie des familles.

Ceci va donc indéniablement créer un frein à toute velléité de conflit entre Issas et Afars mais le stratagème lancé par Ismaïl OMAR GUELLEH - qui laisse croire au président Hassan GOULED que les Afars (dont DINI) veulent l'éliminer, lui et sa famille - va parfaitement fonctionner d'autant plus que le xénophobe primaire qu'est Moumin BAHDON FARAH et quelques autres de son entourage vont en rajouter.

Le vieux et sage proverbe somali qui dit :

" dhul luguma dasho ee wa loo dhashaa "

ce qui peut être traduit par

" on ne naît pas sur une terre mais on naît pour la terre "

va être mis au placard ; l'heure est à l'abject " commerce " et aux intérêts d'ordre privé en se masquant derrière la fausse image entretenue des " antagonismes ancestraux entre Afars et Issas ".

Si antagonismes il peut y avoir, dans la quasi totalité des cas ce sont des problèmes d'opposition de personnes. Ce n'est qu'au final que l'argument tribal ou ethnique ressortira éventuellement.

C'est donc un groupuscule très minoritaire mais manipulateur et aux intérêts les plus divers qui va imposer sa loi, tout à la fois au président GOULED APTIDON (convaincu à tort que les Afars veulent l'assassiner) et au sein des Issas par la désinformation - dans la perspective d'une guerre contre les Afars qui dès lors devient inévitable. Plus tard, les haines entretenues et les morts de part et d'autre feront le reste pour justifier une guerre, les massacres et les viols qui n'avaient pas lieu d'être.

En préparation de ce conflit et avec l'aide de Fathi A BELIKI, Ismaïl OMAR GUELLEH lancera une véritable campagne savamment orchestrée en ressortant de ses caves des antagonismes très anciens pour attiser le feu chez les Afars qu'il va noyauter en achetant quelques consciences allant même jusqu'à s'appuyer sur les conflits entre Afars et Issas en Ethiopie pour la maîtrise des points d'eau dans cette période de grande catastrophe humanitaire pour étayer ses arguments que des " propagandistes " (rémunérés par l'Etat) diffuseront dans la capitale comme à Dikhil et à Ali Sabieh. .

Le Chef d'Etat Major Général des Armées, le Général Ali MEÏDAL WAÏS, étant mis à la " retraite " par anticipation, le Lieutenant Colonel Omar BARREH DARAR ayant été éliminé dans un accident de véhicule qu'il aura fait saboter, le Lieutenant Colonel Hoch ROBLEH IDLEH décédant dans un hôpital parisien ( on parlera d'empoisonnement par un visiteur…), le chemin de Fathi A BELIKI est dégagé et prendra comme adjoint le Lieutenant Colonel Zakaria CHEICK IBRAHIM - proche du président Hassan GOULED et qui en fera son protégé - à qui il laissera l'entière gestion y compris financière du Camp CHEICK OSMAN de l'unité de Blindés djiboutiens.


Entre le début du conflit contre le FRUD et le mois de décembre 1994, des centaines d'obus au phosphore vont être tirés non sur les positions d'un ennemi insaisissable mais sur des villages où des centaines de vieillards, de femmes et d'enfants Afars vont être tués.