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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

22/11/04
- FRANCE - Les 126 000 CV du " Clem
" avaient fini de rugir depuis plus de 7 ans. Dès aujourd'hui les
opérations de désamiantage vont commencer pour ce qui fut en un
temps le fleuron de la " Royale ".
Par M Roger PICON.
roger.picon@wanadoo.fr

Le
" porte avions " Clemenceau " sera ensuite "
ferraillé " en Inde, où il
sera livré à la casse.

"Clemenceau",
bien plus qu'un nom ; un symbole de la marine française.
Le
premier navire de guerre français à porter le nom de " Clemenceau
" fut un cuirassé de la classe du " Richelieu ". Mis sur
cale en janvier 1939, inachevé (10 %), il sera détruit le 27
août 1944 au cours des bombardements alliés sur Brest.

La
construction du porte-avions " Clemenceau ", permettant de mettre en
oeuvre une aviation d'assaut, d'interception, de reconnaissance et anti-sous-marine,
a débuté en novembre 1955 à Brest.
Mis
à l'eau le 21 décembre 1957, il effectue ses premiers essais à
la mer le 23 novembre 1959.
Il
est admis au service actif le 22 novembre 1961.
Au
cours de sa carrière, il participe à la majorité des opérations
navales de la France :
1968
: Déploiement de la Force Alfa dans le Pacifique.
1975
-1977 : Opération Saphir en Océan Indien lors de l'indépendance
de la république de Djibouti.
1982-1984
: Opération Olifant en Méditerranée orientale lors de la
guerre civile libanaise.
1987-1988
: Opération Prométhée en mer d'Oman lors de la guerre entre
l'Iran et l'Irak.
1990
: Opération Salamandre en mer Rouge et mer d'Arabie lors du conflit entre
l'Irak et le Koweït.
1993-1996
: Opération Balbuzard puis Salamandre en mer Adriatique lors de la guerre
en ex yougoslavie.
Entre
1959 et 1997, il a subi, comme son sistership le porte-avions Foch de nombreuses
refontes. On peut noter tout particulièrement la modernisations "capacité
Crusader" en 1966, la "qualification nucléaire" en 1978,
et l'installation du système antiaérien Crotale en 1985 en même
temps que la modernisation de l'appareil propulsif.
Il
a navigué sur tous les océans et a totalisé à l'issue
de sa carrière la somme impressionnante de plus d'un million de nautiques
parcourus soit 48 fois le tour du globe.
Il
aura ainsi fait 3125 jours de mer, 80.000 heures de fonctionnement et aura effectué
plus de 70.000 catapultages.
Le
Clemenceau a effectué sa dernière sortie à la mer le 16 juillet
1997. Il a été désarmé le 1er octobre 1997. Il relevait
du commandant de la Base navale de Toulon.
Il
a été vendu pour démolition le 14 avril 2003.

La
"Royale" en Afrique.
Lorsque
encore jeune enfant on gravit d'un pas alerte la passerelle d'un Cuirassé
tel que le " Richelieu ", le " Jean Bart ", du navire école
la " Jeanne d'Arc " ou d'un autre bateau de la " Royale "
amarré à un quai de France, de Casablanca ou d'un autre port d'Afrique,
alors le cur bat bien plus vite et l'on gardera au fond de soi et de
ces instants magiques toutes ces images de puissance rassurante ; toutes ces odeurs
fortes ou se mêlent goudron et peinture fraîche avec les vents balayant
le pont des navires et portant les embruns du large.
Puis
vient l'instant où dans un port de cette même Afrique on accède
au pont du " Clem ", comme se plaisent à dire les marins français.
Ce
" Clem " qui pour ceux qui un jour on fait partie de ces presque 2 000
hommes d'équipages ou du groupe aérien en garderont à vie
un souvenir impérissable. Ils vous narreront avec sourire et nostalgie
tout ce qui fit la vie de cette petite "ville" flottante parcourant
toutes les mers du globe.

Les
images d'un coucher de soleil en terre d'Afrique, assis sur le pont du porte avions
" Clemenceau " fendant les flots, sont le meilleur anti stress qu'il
soit.
Chacun
observe, se tait comme si chaque mot prononcé pouvait un tant soit peu
gâcher le caractère paisible de ce spectacle alors que l'on a à
cet instant le sentiment de voguer au dessus et de dominer l'océan..
Ceux
qui parmi les équipages de l'Aviation Légère de l'Armée
de Terre ont eu la chance d'apponter en Puma SA 330 ou en Cougar au large du port
de Djibouti ne me contrediront pas.
Équipages
comme passagers, ces moments là ne s'oublient pas tout comme l'accueil
des marins de la " Royale ".

L'arrivée
du " Clem " dans un port d'Afrique, un événement presque
national.
L'arrivée
du " Clem " fut de tous temps un grand événement local
dont on ne mesure pas souvent en France métropolitaine ce que pouvait être
l'importance et la dimension dans le cur de tous les enfants comme dans
celui des adultes.
C'était
un bout de France qui subitement apparaissait à l'horizon.
Peut
être comme seul le fit le " Richelieu " en son temps, aucun autre
navire français dans un port d'Afrique n'aura soulevé dans son histoire
autant d'engouement que le "Clem" auprès des populations - toutes
nationalités et couleurs confondues - venant assister à son accostage
salué avec respect par les sirènes des autres navires amarrés,
y compris par ceux de la marine marchande.

«
Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à
notre âme et la force d'aimer ? » Alphonse de LAMARTINE
Chacun
pensera ce qu'il voudra sur le sujet mais pour ce qui me concerne j'ai quelques
difficultés à concevoir qu'une infime partie
des 24 200 tonnes du porte avions " Clemenceau " puisse me revenir -
peut être - un jour sous la forme d'une boite de conserves métallique
acquise dans un hyper marché de la banlieue de Nancy ou d'ailleurs.
On
se met forcément à espérer une autre " retraite "
pour cet ancien fleuron de la marine française qui a parcouru
depuis son lancement plus d'un million de nautiques soit 48 fois le tour du globe.
En
" ferraillant " le porte avions " Clemenceau " puis en le
livrant à la casse en Inde, nous avons le sentiment d'enterrer une page
de gloire de la " Royale ".

Nous
aurions préféré plutôt que soit mise à profit
sa " retraite " pour échouer le porte-avions "Clemenceau"
sur un bord de mer d'un port d'une grande capitale africaine francophone.
Après
stabilisation et aménagement de son environnement comme de l'intérieur,
rien n'interdit de penser que l'on pourrait le destiner :
soit
à une Ecole de formation de la Marine militaire africaine,
soit
y créer un Musée à la mémoire de ces Armées
d'Afrique qui pour beaucoup étaient des Français par le sang versé,
qui ont combattu souvent en première ligne pour libérer la France
de l'envahisseur et rétablir la République dans le pays des Droits
de l'Homme.


Si
Madame la Ministre de la Défense, Alliot Marie.....
Si
Madame la Ministre de la Défense, Alliot Marie, de la République
française venait à lire ces lignes, qu'elle sache que nous sommes
vraisemblablement des centaines d'anciens militaires français et africains-
issus de toutes les Armées et Armes - mais aussi civils (hommes et femmes)
à être prêts à nous s'investir bénévolement
ensemble autour d'un projet cohérent pour un autre devenir du porte-avions
"Clemenceau"..
Je
sais ne pas être le seul à penser qu'il y a vraisemblablement une
autre solution que celle consistant à se résoudre
à ce que son nom
ne
soit plus demain qu'une simple ferraille vendue à la tonne au bout du monde
..
Sources
partielles d'informations et de photos :
http://www.helicopassion.com.
http://www.netmarine.net/bat/porteavi/clem/