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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

23/11/04
- KENYA - Le scandale " Goldenberg
", l'ex président Daniel Arap MOÏ mis en accusation dans une
affaire de 600 millions d'USD qui auraient été détournés
entre 1990 et 1993 alors que le président
Mwaï KIBAKI fait le ménage depuis presque deux années après
avoir restauré la Justice.
Par
Bouh Warsama.
Avant
son accession à la tête du pays le 30 décembre 2002, celui
qui deviendra le nouveau président du Kenya - M Mwaï KIBAKI - avait
fait une promesse électorale par laquelle il s'engageait - s'il était
élu à la plus haute magistrature de l'État - à assainir
l'administration publique kenyane et en premier lieu la Justice.
Il
faut bien dire que l'héritage qu'était censé lui léguer
son prédécesseur M Daniel Arap MOÏ n'était pas des meilleurs
; loin s'en fallait ! avec une partie de l'administration publique qui était
corrompue, une Justice auprès de qui chacun pouvait aller " acheter
son jugement " et le fameux " scandale Goldenberg ", devenu proverbial
qui bloquait l'économie du Kenya depuis 1992 et traînait en longueur..

L'ancien
président Daniel Arap MOÏ risquerait bien de ne pas s'en sortir
Les
bailleurs de fonds dont le Fonds Monétaire International (FMI) avaient
refusé de collaborer plus longtemps et suspendaient fin 2000 leurs aides
au Kenya en raison notamment de l'incapacité du régime du président
Arap MOÏ, au pouvoir depuis 1978, de lutter efficacement contre la corruption.
Ce
n'est que plus de quatorze mois après l'accession de Mwaï KIBAKI à
la présidence que le FMI lèvera la sanction.
Les
estimations quant aux pertes subies par le Trésor kenyan dans l'affaire
" Goldenberg " en cours d'instruction était
initialement de 230 millions de dollars US.
L'enquête
dont l'origine des faits remontent à 1992 va éclabousser par effets
induits l'ensemble de la classe dirigeante entraînant un scandale sans précédent
dans le pays alors que le nouveau président kenyan - Mwaï KIBAKI -
déclarera après son élection souhaiter clore au plus vite
" l'un des plus ignominieux chapitre de l'histoire économique de la
nation "..


Le
nouveau président M MwaÏ KIBAKI, élu en décembre 2002,
"fait le ménage" dans la maison Kenya.
Après
avoir mis de l'ordre dans la Justice - notamment en faisant incarcérer
après mise en demeure 27 magistrats publics qui refusaient de " rentrer
dans le rang " et de restituer les sommes détournées - il va
désigner au sein de son staff une " Commission d'enquête
" composée 4 juges - non des moindres car réputés pour
leur rigueur - qui se chargeront de réexaminer l'affaire " Goldenberg
".
Par principe
connu, M Mwaï KIBAKI va leur laisser les coudées franches donc pleins
pouvoirs pour mener les investigations ; mais le président est un homme
pressé car cette "affaire" pourrit les relations avec le FMI
ce qui aggrave la situation économique du pays et diffère les investissements
étrangers indispensables à la relance..
Il
veut des résultats et les obtiendra.

M
Kamlesh Pattn, le directeur de "Goldenberg" en mauvaise posture
Dans
ce dossier qui aura traîné des années, on savait que le président
de la société Goldenberg mis en cause, M Kamlesh Pattni, s'était
vu régler en 1992 une somme de 230 millions de dollars US en échange
d'exportations d'or et de diamants mais qui en apparence ne furent jamais réalisées.
L'homme
d'affaires originaire de l'Inde était arrêté durant 24 heures
en janvier 1995, mais
il fut rapidement remis en liberté.
Le
fait est que la KANU (l'Union nationale africaine du Kenya, l'ex-parti au pouvoir
depuis l'indépendance, en 1963.) le parti du président Daniel Arap
Moi, alors au pouvoir depuis 14 ans, aurait largement bénéficié
des fonds publics détournés lors de la transaction illicite.
Les
principaux acteurs du scandale initial, sur lequel d'autres sont venus se greffer,
ne furent jamais inquiétés.
C'est
ainsi que globalement se présente l'affaire " Goldenberg " au
jour de la nomination de la Commission d'enquête avec ses 4 Juges considérés
comme les " incorruptibles des incorruptibles ".

Une
enquête de plus de 300 jours.
Cette
enquête qui durera plus de 300 jours va confirmer le fait que l'affaire
Goldenberg aura coûté à l'État 600 millions de dollars
US entre 1990 et 1993 et non pas 230 millions de dollars US, alors que tout
au long de l'enquête des Juges chargés du dossier l'ex président
Daniel Arap MOÏ fut sans cesse mis au devant de la scène et accusé
d'être parmi les grands escrocs qui ont réexporté l'or et
les diamants payés par l'État à la " Goldenberg ".
Bien
qu'absent - comme les personnes mises en accusation dans ce même dossier
- Arap MOÏ se fera représenter par ses avocats qui nieront tout en
bloc et contesteront toutes les allégations des Juges.
Le
Juge Samuel Bosire - de la cour d'appel du Kenya - va reconstituer la trame de
fonctionnement des malversations dans l'affaire
Goldenberg qui reste d'après lui la plus grande escroquerie gouvernementale
de l'après indépendance qu'il a blâmée avec virulence.
D'évidence,
les kenyans sont très attentifs à la parution des résultats
de l'enquête constitutifs de cette escroquerie monumentale alors que l'on
va murmurer durant des mois quelques noms d'anciens responsables à divers
niveaux dans la KANU et d'anciens ministres du gouvernement de l'ancien président
; une sorte de hit parade de l'escroquerie avec
une côte en hausse ou en baisse...
Pas
moins de 65 témoins vont être présentés devant les
4 Juges de la Commission d'enquête dont M Kamlesh Pattni qui dans
les conclusions est considéré comme étant " l'architecte
en chef " de l'escroquerie.
Chaque
témoin a fourni des détails sur la façon avec laquelle des
anciens fonctionnaires de gouvernement ont participé prétendument
aux opérations de pillage des finances publiques par l'établissement
d'arrangements et constitutifs de faux documents de compensation d'exportation
d'or et de bijoux.
Des
accusations ont été portées à l'encontre de hauts
fonctionnaires qui appartiennent au gouvernement présidé par Mwaï
KIBABI et créé au lendemain des élections présidentielles
de décembre 2002.
Parmi
eux : l'ancien vice président M George Saitot
George
Saitoti, nommé ministre de l'Education, des Sciences et de la Technologie,
a été le vice-président sous Daniel arap Moi pendant 13 ans,
avant de tomber en disgrâce et de relancer sa carrière dans l'opposition.
M. Moi l'avait destitué fin août 2002, d'un communiqué
très sec.
C'était
lui qui l'avait sorti de l'anonymat, en 1983, faisant un député
de ce professeur de mathématiques de l'université de Nairobi.
Ministre
des Finances, puis de la Planification, il fut nommé vice-président
de 1988 à 1997, puis à nouveau à compter d'avril 1999.
Il
était aux Finances lors du plus grand scandale financier du pays : le pillage
des coffres du Kenya par un homme d'affaires qui avait réussi à
détourner les 600 millions de dollars de primes à l'exportation
pour des ventes d'or et de diamants.
L'affaire
" Goldenberg ", du nom de la firme soupçonnée de ces transactions,
et dans laquelle fut impliquée la Banque centrale et qui est devenue le
symbole de la corruption des élites au Kenya.
M.
George Saitoti fut humilié par M. Moi à deux reprises dans les derniers
mois de leur collaboration.
En
mars 2002, tous les téléspectateurs kenyans purent constater sa
surprise et sa colère quand il a constaté, au cours même de
la cérémonie officielle, qu'il ne figurait pas au nombre des quatre
vice-présidents du parti au pouvoir, l'Union nationale africaine du Kenya
(Kanu).
Peu
après, M. Moi déclarait publiquement que son vice-président
n'avait pas l'étoffe d'un successeur, malgré toute l'amitié
qu'il lui portait.
Fin
août, M. Saitoti était démis de ses fonctions de vice-président
et de ministre de l'Intérieur, peu après avoir annoncé qu'il
se lançait dans la course à la présidentielle.
Le
14 octobre, devant une foule immense réunie à Nairobi, et aux côtés
d'autres dissidents de la Kanu, il figurait parmi les fondateurs de la Coalition
nationale Arc-en-ciel (Narc), qui désignait M Mwai Kibaki comme candidat
à la présidentielle.

L'histoire
a tourné la page. L'époque Daniel Arap MOÏ semble être
bien révolue au Kenya.
Beaucoup
de Kenyans ont été déçus lors de ces 300 jours d'enquête
par le manque de courage de l'ex président Daniel Arap et des autres personnes
mises en accusation qui ne se sont pas présentées devant les Juge
de la Commission d'enquête, se bornant à envoyer leurs avocats qui
ne cessèrent de nier tout en bloc quant aux affirmations des Juges chargés
du dossier.
Les Kenyans
attendent maintenant impatiemment pour voir si le contenu de ce dossier d'enquête
présenté par le Juge Samuel Bosire sera en mesure de révéler
les dessous de ce scandale et notamment les noms de ceux qui sont impliqués.
Reste
à savoir ce que fera le président Mwaï KIBAKI qui jusqu'à
présent a toujours respecté ses engagements comme celui de restaurer
la Justice depuis son arrivée au pouvoir.
Attendons-nous
à ce qu'il tourne définitivement la page Daniel Arap MOÏ en
faisant traduire devant les Tribunaux de Naïrobi les hauts responsables des
escroqueries, pour le moins quelques-uns dont l'ancien président et M Kamlesh
Pattni le directeur de la société " Goldenberg ".


Il
serait étonnant que l'un ou l'autre... et les autres décident de
rembourser à l'État le montant des escroqueries, alors et dans ce
cas le président Mwaï KIBAKI n'aura pas d'autre alternative que de
laisser la Justice kenyane agir.

Le
Kenya d'aujourd'hui.

Après
que les analystes financiers aient relevé de sérieux efforts dans
le domaine de la lutte contre la corruption de la part du président Mwai
Kibaki avec la mise en place de mesures sociales sans précédent
(dont une lutte exemplaire contre le SIDA et dans laquelle s'est impliquée
son épouse), la
dernière décision du FMI de faire confiance au président
kenyan a permis de réhabiliter le Kenya auprès des instances financières
internationales (FMI) et de débloquer des fonds dont le pays a aujourd'hui
le plus grand besoin.
