L'ACTUALITÉ
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Le Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI IFTIN

Commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

 

 

23/11/04 - GÉNOCIDES et TORTURES. Vient l'instant où passe l'inexorable Justice des hommes.

Par Aîcha OSMAN ABDI

Un ancien Colonel de l'Armée rwandaise, M Ephrem SETAKO, a été traduit devant le Tribunal criminel international de l'ONU pour le Rwanda (ICTR).

Dans un rapport publié par le Tribunal, le Colonel Ephrem SETAKO a été mis en accusation sous plus de 6 chefs d'inculpation dont :

complicité de génocide,

crimes contre l'humanité,

meurtres et exterminations,

viols,

violations de la Convention de Genève ….

M Ephrem SETAKO a contesté les faits qui lui étaient reprochés devant la Justice qui l'accuse d'avoir projeté, incité, donné ordre et participé au massacre de civils Tutsis dans la province du Nord de Ruhengen et dans la région de la capitale Kigali.

Il aurait aussi fourni des moyens en hommes au profit des autres membres des armées rwandaises, à la garde présidentielle, à la milice d'Interahamwe, aux forces de défense civile connues sous le nom d'amahindure tous impliqués dans des massacres.

Arrêté à Ansterdam le 25 février de cette année, il a été transféré mercredi au Tribunal de l'ONU a Arusha afin d'y être jugé.

Ce Tribunal a été créé par l'ONU suite au génocide au Rwanda afin qu'il soit procédé à l'arrestation et au jugement des criminels de guerre qui, entre avril et juillet 1994, firent plus de 937 000 victimes selon les chiffres officiels fournis par le gouvernement rwandais.

Le " barbare ", ce civilisé dégradé !!!

Depuis bien des millénaires, depuis toujours peut-être, le barbare n'est qu'un civilisé dégradé.

Les tortureurs de Dachau et de Buchenwald avaient beau ne plus présenter qu'un très petit nombre des réflexes psychiques supérieurs de l'homme normal, ils n'en étaient pas plus simples pour cela, au contraire.

Ce qui paraissait en eux aboli, n'était que refoulé, altéré, dénaturé, perverti.

La force d'une telle espèce d'êtres humains ne serait pas dans leur simplicité, mais dans leur cruauté profonde, et la cruauté est de toutes les perversités de l'homme la moins simple.

L'homme féroce ne ressemble qu'apparemment à la bête féroce. L'attitude de la bête féroce qui dévore une proie vivante n'exprime rien de plus que celle de l'amateur de Bourgogne remplissant son verre d'un Romanée-Conti, ou celle d'un Normand étalant sur son pain une tranche de camembert.

Mais l'homme qui torture ou qui tue avec la même gourmandise, loin de se rapprocher ainsi de l'animal innocent, c'est-à-dire de la nature, viole sa propre nature d'homme, et devient un monstre."

Plus de 10 ans déjà qu'il a fallu seulement 4 mois pour que presque un million de Tutsis soient exterminés avec une barbarie soigneusement préparée.

C'était en 1994. Un nouveau génocide venait d'avoir lieu. Et le monde occidental avait, une fois encore, laissé se perpétrer un . En presque 4 mois, le monde a vu des individus massacrer et martyriser leurs voisins, violer leurs femmes, des femmes exécuter des enfants, des enfants en tuer d'autres à coup de machette.

Et tout cela n'est pas encore fini...en ce monde en osant poser la question : " à qui le tour ? "

10 ans que l'on aide des millions de gens, criminels ou victimes, à se relever de ce traumatisme : des millions de gens qui se demandent comment ils en sont arrivés là.

Les raisons sont simples.

Ce sont toujours les mêmes drames humains qui poussent les individus à éliminer leurs semblables : la haine entretenue par l'ignorance, les traditions, la pauvreté, les frustrations, l'appétit de pouvoir...

Autant de synonymes de l'opposition au partage, opposition à la présence divine qui demeure en chaque être.

Car c'est cela un génocide : assassiner un individu à cause de son ethnie, de sa religion, de son origine. Plus encore, tuer un être humain parce qu'il EST, et qu'à travers lui une force obscure tente d'ébranler la confiance en Dieu dans les consciences humaines.

La souffrance des Tutsis, en plus d'avoir provoqué un désastre humain qui nécessitera des décennies de soins pour être apaisé, a rempli l'humanité d'horreur et de questions : pourquoi Dieu a-t-il laissé faire cela ?

Alors on entend des murmures du genre " Si Dieu existait, Il n'aurait pas laissé une telle ignominie avoir lieu ! ".

Un peu comme si l'ampleur et l'organisation du crime lui donnait un caractère encore moins tolérable. Comme si l'assassinat ou le viol d'une fillette était d'une moindre importance ! Comme si Dieu n'était censé intervenir qu'au niveau international !

Cependant, Dieu était là. Il était là parce qu'il y avait souffrance. Il était là parce qu'il y avait de l'Amour à donner. Jésus était là et se faisait martyriser une fois encore.

Cela est bien facile à affirmer, diront certains, puisqu'au fond c'est une question de Foi. Mais, même pour un grand nombre de chrétiens ou de croyants musulmans, quelle difficulté lorsqu'il s'agit d'expliquer la souffrance ! Dieu, le Tout-Puissant, l'Omniscient était là, Il savait par avance. Il n'a rien fait.

Et pourtant si : Dieu a agi à travers tous ceux qui ont tenté d'éviter ce crime. Dieu respecte la liberté de l'homme qui s'est incarné pour vivre ses expériences par lui-même.

Dieu n'intervient pas de l'extérieur car Il vit au coeur des hommes et les pousse à aimer leur prochain, à se donner à lui.

Comme tous les génocides, ce que ce génocide a voulu réaliser c'est ruiner l'espoir de fraternité sur ce plan d'existence en désespérant les humains un par un. Il revient à chacun de faire front dans sa vie contre le pessimisme et la négativité : croyant ou incroyant, là n'est pas l'essentiel.

Que la Foi soit solide, faible ou absente, il y a une union possible entre tous les êtres dès lors qu'ils désirent tous la fraternité.

Souvenons-nous, la Shoah est présente dans toutes les consciences et n'en disparaîtra jamais : l'humanité s'est déchirée mais la réconciliation a fait son chemin.

L'homme en ressort meurtri mais plus beau et plus fort. Il est possible de survivre à ce crime innommable d'il y a 10 années commis contre ce million de Tutsis et d'en devenir meilleur : le génocide ne tuera pas l'idée de fraternité car cette idée est là où se trouve un être humain et se révèle davantage lorsqu'il souffre.

Et Dieu n'est rien d'autre que la Fraternité !.

Alors que la Justice des hommes passe et sanctionne ceux qui doivent l'être mais que ceci fasse aussi réfléchir ceux qui à Djibouti torturent en toute légalité cautionnée des êtres sans défense.

Qu'ils s'inquiètent car la Justice des hommes et des femmes ira les chercher en responsabilités le moment venu.