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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale


24/11/04
- COTE D'IVOIRE - Et maintenant que fait-on
?.
Par Goumati HOUMED GOURAD.
Si
l'Accord de Linas-Marcoussis avait le mérite de répondre à
des problèmes de fond, tels que la définition du code de la nationalité
ou le droit à la propriété en zone rurale mais aussi de prévoir
le désarmement des forces rebelles ; on se doit d'admettre que la déstabilisation
actuelle de la Côte d'Ivoire a des causes anciennes et très profondes
alors que la " formule de Marcoussis " ne soulèvera pas beaucoup
d'enthousiasme chez de nombreux Ivoiriens.
L'origine
de la déstabilisation passe par une forte dégradation initiale
de la situation économique en Côte d'Ivoire dans les premières
années à partir de 1980 avec - et d'évidence - une conséquence
catastrophique qui va être la baisse simultanée du niveau de vie
de la population, Un important endettement du pays va alors entraîner
un ajustement structurel imposé par le FMI avec le limogeage de nombreux
fonctionnaires et la privatisation de la Caisse de stabilisation (Caistab). Les
prix du cacao et du café vont - dés lors - se précariser
et affaiblir l'économie et la société ivoiriennes. Ce que
l'on va tenter de faire d'un côté, on va le défaire de l'autre
avec une véritable implosion du chômage dans un pays en lent développement
et dans lequel les couches sociales dites moyennes se sont créées
des besoins qu'elles ne peuvent plus dès lors honorer financièrement.
La
disparition d'Houphouët-Boigny - qui décédera en décembre
1993 - va précipiter au devant de la scène politique quelques leaders
incapables de gérer l'après M. Henri-Konan Bédié,
successeur désigné, qui sera chassé du pouvoir par un putsch
en décembre 1999. A son tour l'éphémère régime
du général Robert Gueï va s'effacer devant M. Laurent Gbagbo
sous la poussée des étudiants descendus dans les rues. Va suivre
une élection contestée, notamment par l'opposition de M. Alassane
Ouattara, exclu du scrutin pour cause de " non-ivoirité " ;
Par
une volonté travestie de " décolonisation économique
" de la Côte d'Ivoire, vraisemblablement pilotée " d'ailleurs
" : le Front populaire ivoirien (FPI) du président Gbagbo va remettre
en cause la permanence des intérêts français dans le pays.
Un précédent et une réalité historique qui va provoquer
l'émergence d'un nouveau nationalisme ivoirien dont on va se servir pour
masquer ce qu'il se fait en dessous, on ose dire presque ouvertement..
L'économie
ivoirienne représentant 40 % de PNB de l'Afrique de l'Ouest la crise va
dès lors prendre une dimension régionale qui implique bien des pays:
En outre, supposée ou avérée, l'engagement de pays voisins,
tel le Burkina Faso dans ce qui va devenir " l'affaire ivoirienne ",
va compliquer d'autant et rendre tout à fait aléatoires tous les
Accords en faveur de la sortie de crise.
Dernier
point et non des moindres qu'il convient de souligner car constituant le principal
outil de la déstabilisation émergeante de ces derniers mois. Dans
des stratégies bien orchestrées à l'initial et selon un programme
" venu d'ailleurs ", des sectes d'obédience plus politiques que
protestantes vont se lancer simultanément sur deux fronts parallèles
à l'assaut " du bastion " français en Cote d'Ivoire. Front
de la politique et celui du prosélytisme avec une omniprésence dans
la presse et les médias locaux qui - dès lors et réduisant
au silence toute opposition dans le pays vont mener une véritable et sournoise
guerre à l'endroit de la présence française, des musulmans
et des catholiques sans en mesurer les conséquences induites car ils vont
être dépassés par les " évènements "..
Soutenus
par l'épouse du président, Simone Gagbo, entourée de conseillers
" venus d'ailleurs " et au supposé protestantisme très
affirmé et influent, les " cadres " formés à
la déstabilisation de la présence française vont être
rapidement débordés par des " jeunes patriotes " s'enrôlant
dans les rangs non pour l'émergence d'un nouveau nationalisme ivoirien
mais en sachant qu'ils auront quelque chose à récupérer lors
des pillages qui vont suivre.
Poussée
par la parole des meneurs, c'est une partie de la grande pauvreté qui va
être exploitée pour être lancée dans une spirale de
manifestations anti blancs - et non plus exclusivement qu'anti française
- qui va se livrer à tous les pillages maison après maison,
entreprise après entreprise en détruisant tout sur son passage,
y compris les écoles et les lycées qui ont odeur de présence
française pour n'en laisser qu'un tas de ruines.

Parmi
les rapatriés....beaucoup d'entre eux ne veulent plus revivre ce qu'ils
ont vécu ces dernières semaines... et pourtant il faudra bien tenter
de refermer les plaies, aussi larges soient elles !.
Parmi
les rapatriés employés ou chefs d'entreprises, enseignants et coopérants
européens qui pour certains vivaient en Côte d'Ivoire depuis plus
de trente années, beaucoup d'entre eux ne veulent plus revivre ce qu'ils
ont vécu ces dernières semaines.
La
majorité d'entre eux sont partis en laissant tout et en n'emportant que
quelques vêtements pour les enfants pour rejoindre l'un des points de ralliements
militaires français et " sauter " dans le premier avion en partance
pour l'Europe
Certains
ont été pris dans la tourmente à San Pedro ; 350 km à
l'ouest d'Abidjan - qui est la plaque tournante de l'exportation de cacao et de
bois, principales richesses du pays.
Débordés
par l'ampleur du cataclysme s'abattant sur San Pedro - avec un temps de réaction
et d'adaptation des forces de l'ONU qui leur a paru une éternité
pour les protéger - les ressortissants étrangers au pays ont trouvé
refuge notamment chez les Libanais solidement retranchés et armés,
habitués qu'ils sont hélas à ce type d'explosion populaire
fomentée comme ce fut le cas lors de ce qui était devenu la guerre
du Liban qui les a chassés de leur propre pays en détruisant "
Beyrouth la perle du Moyen Orient"..
Lorsque
l'on est occidental et quel que peut être son pays d'origine, on ne vient
pas en Côte d'ivoire ou ailleurs en Afrique que pour y chercher l'aisance,
il y a aussi et surtout avec le temps un rythme de vie que l'on apprécie
et auquel on s'adapte parfaitement.
Fini
le temps " béni des Colonies ", chacun a compris quel
est l'intérêt commun tout à la fois des Ivoiriens comme des
Etrangers, qu'ils soient blancs ou ne le soient pas.
Celles
et ceux qui n'ont pas compris ou ne veulent pas comprendre que l'Afrique bouge
et évolue, s'excluent d'eux même et s'en retournent bien vite "
chez eux "

Lorsque
pour des raisons exclusivement d'ordre politique surtout de tentative d'hégémonie
sur le pays...
Lorsque
pour des raisons exclusivement d'ordre politique surtout de tentative d'hégémonie
sur le pays - on en vient à former et à financer un encadrement
chargé de fomenter des réactions de rejets vis-à-vis de la
présence française, alors on entre dans une
spirale anti blancs où tous les actes les plus extrêmes s'enchaînent
les uns aux autres.
Bien
que formés et entraînés en permanence aux opérations
de maintien de l'ordre, que peuvent faire des militaires face à une
foule en furie avec des " patriotes " dont les meneurs de la manifestation
sont derrière et évitent de se montrer
aux moments les plus critiques ?.
Les
violentes émeutes anti-françaises qui ont éclaté ces
dernières semaines, notamment à Abidjan auront laissé des
morts sur le terrain qui viennent s'ajouter aux 9 militaires français sacrifiés
à la " folie humaine ".
Alors
que Gbagbo tente de rassurer les " investisseurs " étrangers,
chefs d'entreprises et cadres occidentaux en leur demandant de revenir en Côte
d'Ivoire comme si " rien ne s'était passé ;;; ", les jeunes
" patriotes " continuent à conspuer les symboles de la France,
une cible bien facile.
Après
la tempête, le calme tente de s'instaurer lentement mais on perçoit
une profonde amertume et une défiance sur l'avenir de part et d'autre et
notamment au sein des familles plongées dans la détresse ; ces familles
des 9 soldats français de l'opération Licorne qui, sous mandat des
Nations unies, furent sacrifiés à la sécurisation de la "
zone de confiance " entre les parties au conflit déclenché
en septembre 2002.
Et
maintenant que fait-on ?
