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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale

25/11/04
- UKRAINE - Auparavant l'Europe appuyait Kiev pour
asseoir sa position géopolitique de passerelle entre Moscou et les pays
de l'UE, aujourd'hui faudrait-il l'aider au nom de ses défauts ?.
Par Mohamed SALEH ALHOUMEKANI.

L'élection
du pro-russe Ianoukovitch à l'élection présidentielle en
Ukraine a soulevé la colère de l'opposition alors que le candidat
pro-occidental Viktor Iouchtchenko a aussitôt lancé un appel à
la grève générale et qu'il déclarait devant la presse
internationale que " l'Ukraine est au bord d'un conflit civil ".
Les
États-Unis d'Amérique on aussitôt fait savoir qu'ils ne reconnaissaient
pas la légitimité du scrutin sujet à réserves
et dans lequel le candidat pro-russe Ianoukovitch aurait remporté l'élection
avec 49,46 % des voix contre 46,61 % au candidat pro-occidental Viktor Iouchtchenko
qui - plus tôt dans la journée - avait adressé un message
aux
"
soldats, policiers, commandants et chefs des Forces armées et de sécurité.
Vous avez la responsabilité de maintenir l'ordre public et d'empêcher
une tragédie. Vous devez empêcher tous les hommes sous votre commandement
d'utiliser la force contre le peuple
. ".
"
Tous les moyens judiciaires ont été épuisés, c'est
à la rue de parler " commentait un député d'opposition
alors que le bâtiment de la Commission centrale électorale était
" protégé " par plusieurs dizaines de camions emplis de
sable autour desquels étaient réunis plusieurs centaines de partisans
du candidat pro-russe Ianoukovitch, en majorité de jeunes hommes habillés
de noir et agitant drapeaux " bleu et blanc " aux couleurs de leur candidat
alors que face à eux plus de cent mille partisans du candidat pro-occidental
Viktor Iouchtchenko arboraient des rubans et drapeaux de couleur orange.
S'il
est vrai que la capitale Kiev a voté très majoritairement pour l'opposant
Viktor Iouchtchenko, Kiev ne représente pas toute l'Ukraine et on s'attend
à ce que le PM Ianoukovitch - élu selon lui à la présidence
- mobilise ses " troupes " en provenance de Donetsk à l'Est du
pays, de la Crimée au Sud et d'Odessa ce qui ne manquera pas de mobiliser
un peu plus et en face les opposants qui - malgré le froid presque sibérien
- se sont installés par dizaines de milliers particulièrement sur
la place de l'indépendance à Kiev.
Comme
dans la capitale, des dizaines de personnes ont manifesté à Livv
sous les slogans " Nous avons vaincu les nazis, nous vaincrons les
bandits " brandissant des drapeaux oranges sous l'il de centaines
de policiers portant eux aussi des rubans orange.
La
présidence néerlandaise de l'Union européenne s'apprête
à envoyer un " émissaire spécial " en Ukraine alors
que M Javier Solana - Haut représentant pour la politique étrangère
de l'UE - a renouvelé l'appel des Européens à " revoir
" le résultat de ces élections en soulignant que les "
25 " n'accepteraient pas un scrutin frauduleux. Quant au Secrétaire
général de l'ONU - M Kofi Annan - il a exigé " une révision
du résultat de l'élection ".

L'Ukraine
est fracturée par des clivages anciens, réels et très profonds.
A l'Ouest et au Centre,
les populations sont d'influence gréco catholique et s'appuie sur l'empire
russe d'après 1914 et ont voté massivement pour le candidat pro-occidental
Viktor Iouchtchenko alors qu'à l'Est et au Sud - notamment en Crimée
- ces régions qui furent rattachées à l'empire russe dès
1654 et de 1795 ont voté - quant à elles - pour le candidat pro-russe
Ianoukovitch.



Instabilité
du pouvoir en place, promesses en l'air, impossibilité d'une stratégie
nationale claire sont autant de facteurs qui transforment l'un des pays de l'ex
bloc soviétique en une immense zone d'incertitudes dans laquelle s'affronte
les pays occidentaux - y compris les USA - à l'héritage soviétique
de M Poutine.
L'une
des raisons pour lesquelles les dirigeants ukrainiens irritent les diplomaties
du monde occidental c'est leur caractère imprévisible ce qui leur
fait dire - de manière non officielle - que les leaders ukrainiens "
mentent comme ils respirent !!! "
..Il est vrai que les occidentaux
sont surpris par la tolérance des Ukrainiens à l'encontre de leurs
dirigeants. A titre d'exemple, souvenons-nous que l'Ukraine avait assurée
Condolezza Rice qu'elle ne livrerait pas d'armes à la Macédoine
alors que durant les entretiens qu'elle eut avec le président Léonid
Koutchma et - a fortiori ensuite - elle continua son commerce tout en affirmant
le contraire.
Dans
ses relations vis-à-vis de l'OTAN, Kiev pris un certain nombre d'engagements
unilatéraux dont elle tira profit par des aides financières mais
ne les respecta pas ou que très partiellement.
L'Ouest
parvient difficilement à comprendre que malgré tous les accords
passés, un pays tel que l'Ukraine qui prétend s'ouvrir à
l'UE prenne ouvertement le risque d'encourir des sanctions telles que celles pour
violation des droits sur la propriété intellectuelle uniquement
par ce que le fils d'un ancien Premier ministre a monté un véritable
empire dans le piratage des CD et DVD et encaisse des sommes phénoménales.
Si
la Russie - avec tous ses problèmes ; ses extrêmes, son autoritarisme
- semble aujourd'hui mieux se porter que l'Ukraine c'est que ses dirigeants sont
prévisibles et bien plus faciles à comprendre que ne le sont les
dirigeants ukrainiens qui comme l'on dit " ont les fesses entre deux chaises
".
L'Ukraine
s'est éveillée en se révélant incapable de déterminer
et encore mois de défendre ses priorités nationales et internationales
alors que ses dirigeants ont comme seule priorité d'accumuler richesses
et pouvoir en navigant entre deux eaux, ; celles de l'UE et celle de la Russie
de Poutine.
La
Russie ne se donne même pas le soin de travestir les vérités
pour imiter la démocratie dans la poursuite de ses seuls intérêts.
Les violations de tous les droits, les injustices flagrantes, les violences
en Tchétchénie sont autant de crimes commis par Moscou mais l'on
comprend sa crainte de voir cette province gagner sa liberté car ce serait
l'ouverture vers une explosion de toute la Fédération de Russie
qui s'effondrerait en quelques années, voire en quelques mois.

Repus
et réfléchis, les Européens doivent comprendre qu'il reviendra
forcément " moins cher " de prévenir un incendie qui se
prépare en Ukraine dans un face à face Est / Ouest par populations
interposées que de réparer les dégâts !!!.
Si
la passerelle Ukraine entre l'Europe et la Russie paraît branlante et mal
assurée actuellement, elle-mène forcément quelque part.
D'évidence
l'illusion d'une unité et d'une certaine assurance qu'oppose à cette
marche en avant un Poutine avec l'ancienne équipe d'Eltsine n'y changeront
rien : la grande Europe dont parlait le général de Gaulle est en
marche et apporte lentement mais assurément aussi une autre réponse
que " l'obsession de la réussite " outre atlantique.

L'UKRAINE
Population
: 48 396 470 d'habitants (estimations en. 2002) 53 000 000 d'habitants en
1989.
Densité : 80.17 hab./km²
Superficie : 603
700 km²
Capitale : Kiev
Langue officielle: ukrainien
(73 %)
Groupes minoritaires: russe (21 %), yiddish (0,9 %), biélorusse
(0,8 %), moldave (0,6 %), bulgare (0,5 %), polonais (0,4 %), ruthène (0,3
%), hongrois (0,3 %), roumain (0,3 %), arménien (0,1 %), tatar (0,1 %),
etc.
Système politique: république démocratique
Articles
constitutionnels (langue): art. 10, 11, 12 et 24 de la Constitution de 1996
Lois
linguistiques: la Loi sur la langue (1989); la Déclaration des droit
des nationalités en Ukraine (1991); la Loi sur la citoyenneté (1991);
la Loi sur les minorités nationales en Ukraine (1992); la Convention-cadre
des langues minoritaires (en vigueur: 1998).
La
population baisse dramatiquement.
Depuis
une décennie, la population baisse dramatiquement.
Les conditions de
vie des ukrainiens se sont particulièrement dégradées depuis
lors.
Les mines et
les usines, sur lesquelles reposait une grande partie de l'économie, ferment
ou bien ne versent plus de salaire.
L'émigration,
notamment vers l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Nord, est très
importante, et concerne surtout les jeunes.
Ainsi,
les forces vives du pays s'en vont travailler à l'étranger, ce qui
permet à de nombreuses familles de survivre, mais risque de handicaper
lourdement l'avenir du pays.
