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Le
Général de Division (à titre temporaire)
M ALI ABDILLAHI
IFTIN
Commandant
le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale


25/11/04
- MUSULMANS - Maintenu sous pression depuis les
événements dramatiques du 11 septembre 2001, l'ensemble du monde
musulman considère que les USA ont perdu une guerre ; celle du " débat
d'idées ".
Par M Osman MAHAMOUD HANDOULEH

Un
récent rapport publié par " the Defence Science Board "
met l'accent sur le fait que les actions menées par l'administration
des USA en faveur de l'apport d'une démocratie dans les pays arabes sont
considérées - par le monde musulman dans son ensemble - comme une
"hypocrisie et qu'elle a perdu une guerre qui est celle du débat
d'idées ".
Ce
rapport - qui soulignons-le a le mérite d'être sans concession vis-à-vis
de l'administration américaine -
indique
que
"les USA
veulent attirer les musulmans sur le terrain leur propre concept de la compréhension
et de la tolérance mais que les musulmans refusent l'idée suivant
laquelle ils devraient se soumettre à ces seuls choix qui leurs sont imposés".
Le
rapport invite l'administration américaine à changer instamment
son approche politique vis-à-vis du monde musulman qui considère
" ne pas refuser et apprécier notre liberté
tout en détestant notre politique "
Il
met en exergue le fait que l'immense majorité des musulmans
"
refuse de longue date la politique américaine à l'égard d'Israël
contre les droits des populations palestiniennes et que ce rejet va en augmentant.
De même
" les musulmans rejettent les tyrannies imposées en Égypte,
en Arabie Saoudite, en Jordanie et au Pakistan comme dans les États du
Golfe ".
"
Quand la politique américaine parle d'apporter la démocratie aux
sociétés islamiques ceci est vu (dans le rapport) comme
étant une hypocrisie et un acte égoïste ".
La
guerre d'Afghanistan comme celle d'Irak ont clairement marqué la fracture
entre les USA et le monde musulman alors que le rapport indique que les
"
USA semblent... être motivées par des raisons secrètes qui
seraient délibérément commanditées afin de servir
au mieux des intérêts nationaux américains aux dépens
de l'autodétermination véritablement musulmane, "
"
The Defence Science Board " est composé d'experts civils désignés
par le Pentagone, et constitue un Conseil pour le Département US en matière
de questions scientifiques, techniques et autres.
L'objectivité
de ce rapport ne peut être mis en doute. Il est assimilable -
à notre sens - à une sonnette
d'alarme pour l'administration américaine de M G.W BUSH qui
ne peut d'une part mener une guerre d'Irak dans laquelle elle fait le jeu des
extrémismes musulmans et d'autre part parler de démocratie et de
liberté vis-à-vis du monde musulman modéré qui ne
la refuse pas mais rejette la manière dont les USA veulent l'imposer.


Le
monde musulman dans son ensemble a beaucoup de mal à accepter la "
gouvernance américaine", non pas comme gouvernance mais
la façon dont l'administration de M G.W Bush entend astreindre le monde
aux intérêts supérieurs de l'Amérique.
Il n'est pas forcément nécessaire de regarder du côté
de l'Irak, de l'Afghanistan, ou du conseil de Sécurité de l'ONU
pour cela car les principes qui dirigent la politique états-unienne sont
issus de think-tanks (cercles de réflexion) conservateurs, qui ont
eu tout le loisir de penser - la globalisation comme leur revanche politique -
sous Clinton.
Le danger
de la position défendue par " Project for the New American Century
" et qui est devenue la doctrine du gouvernement Bush est peut-être
ailleurs.
En rejetant
d'emblée toute critique éventuelle des États-Unis, les conservateurs
actuellement au pouvoir et surtout les " jeunes faucons " mettent finalement
dans le même sac Houssama Ben Laden et ceux qui défilaient pacifiquement
contre la guerre en Irak.
C'est
une erreur de compréhension de ce qu'est le monde, on devrait dire les
mondes musulmans, à laquelle la politique américaine nous a habitués.
Si
on peut douter à justes raisons qu'un jour Houssama Ben Laden se fasse
le chantre de l'émancipation des femmes et du multipartisme, il existe
un risque réel de radicalisation: que ceux qui étaient déjà
très anti-américains bien avant les drames du 11 septembre 2001
ne sombrent dans une opposition qui ne soit pas qu'une opposition d'idée
et de valeurs; et que ceux qui, pour le moment, se contentent encore de se
poser des questions, sombrent eux dans un anti-américanisme de fait, à
défaut de pouvoir se faire entendre comme
musulman et respectés comme tels..
La
radicalisation de la politique extérieure américaine ne peut qu'engendrer
une radicalisation de tout ceux que les États-Unis considéreront
en faisant trop souvent un amalgame par trop facile, à tort ou parfois
à raison, comme des ennemis.
Voici
les prémices de ce que l'on appelle un cercle vicieux dont on ne mesure
pas forcément les conséquences à Washington.
