Lettre
au Père Noël français et à la mère
Noël
75000
- Paris.
France
Les
Djiboutiens et les Djiboutiennes les plus humbles ont décidé
de rompre l'obligation de silence qui leur est imposée, par
toutes contraintes allant jusqu'à l'usage de la force dans
leur pays, pour adresser la présente lettre au Père
Noël français ainsi qu'à la mère Noël
en espérant que ces écrits leur parviendront et les
feront réfléchir quant aux cadeaux - sous quelque forme
que ce soit - qu'ils seraient en mesure d'offrir aux populations djiboutiennes
et spécifiquement à sa jeunesse et à ses enfants
à l'occasion des fêtes de fin d'année.
Adresser
une telle lettre en début du mois de novembre et en perspective
des fêtes de Noël qui se dérouleront dans plus d'un
mois c'est un peu tôt mais on sait le couple " Père
et Mère Noël " très occupé en cette
période de fêtes qui va débuter.
Pour
ce qui nous concerne, nous observons depuis des mois une prolifération
des actes interventionnistes de la France - en nature, de coopération
et d'ordres financiers - censés être au profit de toutes
les populations djiboutiennes sans exception d'aucune sorte.
-
Le protocole de partenariat passé entre l'Académie
d'Amiens et le Ministère djiboutien de l'Education nationale
et signé récemment - constitue pour toutes les populations
djiboutiennes un apport important en matière d'élargissement
de possibilités d'Education, de contrôle de maintien
à niveau et d'acquisition de connaissances et par conséquent
il est à considérer comme étant une excellente
initiative dont chacun doit se satisfaire et encourager.
Cette
satisfaction ne saurait être effective qu'à la condition
et une fois encore que toutes les couches sociales djiboutiennes n'en
soient pas écartées et que - dans la pratique - l'appui
et le soutien à l'animation de la vie scolaire et universitaire
bénéficie à tous et non à quelques uns
et quelques unes, issus des familles aisées ; intelligentsia
locale et limitative dans le pays.
Il
en va de même des conditions d'attributions des bourses estudiantines
attribuées à la République de Djibouti et qui
- jusqu'à ce jour - furent regroupées pour servir quasi
exclusivement à environ 2 % des familles djiboutiennes - et
par une logique localement appliquée mais qui ne s'inspire
d'aucune équité - qu'aux familles djiboutiennes aisées
et qui en ont le moins le besoin.
Les
étudiants - issus des classes moyennes ou défavorisées
n'ont comme seule alternative - dans la mesure où ils ne soutiennent
pas politiquement le gouvernement dirigé par M Ismaël
Omar Guelleh - que de quitter le pays pour s'exiler et tenter dans
un pays d'accueil d'y poursuivre leurs études tout en essayant
de trouver de " petits emplois ponctuels " - ce qui n'est
guère facile - pour financer leurs études et survivre
très souvent dans des conditions extrêmement difficiles.
Il
est à noter que les échecs subis sont la conséquence
de divers facteurs au premier rang desquels se situe indubitablement
l'impréparation accumulée en amont par un manque flagrant
de moyens d'enseignement et pédagogiques mis à la disposition
de nos enseignants à Djibouti.
A ceci s'ajoutent les conditions d'existence des étudiants
- ayant fui le pays sans perspective d'aides par l'octroi de bourses
- pour rejoindre le grand inconnu qu'est le pays d'accueil.
De
part son éducation et sa culture, l'étudiant Djiboutien
reste très attaché à sa famille et aux liens
qu'il entretient avec elle ; les nouvelles alarmantes qui lui parviennent,
voire les pressions exercées sur sa famille demeurant à
Djibouti sont autant de perturbations qui ne favorisent en rien la
poursuite de ses études en dehors du pays et dans de bonnes
conditions.
La
quasi-totalité de ces Djiboutiens et de ces Djiboutiennes,
ne reviennent pas dans notre pays lorsqu'ils et elles ont terminé
leurs études qu'ils ont auto financées à l'étranger
car - de par leurs origines sociales ou claniques et malgré
les savoirs et les savoirs faire acquis, les compétences démontrées
- nul emploi ne peut leur être octroyé dans l'administration
à Djibouti comme au sein des entreprises d'un secteur privé
monopolisé par une nomenklatura locale qui embauche en premier
lieu et quasi exclusivement les " enfants du pouvoir " et
de ses "serviteurs".
Sur
le fond comme sur la forme, ces exclusions constituent un déficit
grave et inadmissible car nous privant de tous les futurs cadres et
employés dont le pays a nécessairement le besoin dans
tous les secteurs d'activités existants mais aussi et surtout
dans ceux qui restent à créer car les compétences
et les expériences professionnelles- acquises et vécues
ailleurs - sont autant de possibilités offertes dont le pays
se prive pour élargir le champ des activités privées
à Djibouti, donc là encore des possibilités supplémentaires
qui seraient offertes de créer ainsi des emplois nouveaux dans
des secteurs inédits et novateurs.
Le
cadeau qui pourrait être offert aux enfants des couches sociales
moyennes et défavorisées à Djibouti pour ces
fêtes de fin d'année consisterait en une meilleure répartition
des aides financières octroyées au titre de l'Education
et de la Formation professionnelle avec un accent marqué en
faveur d'une amélioration notable du taux d'alphabétisation
- notamment dans l'arrière pays - mais aussi d'imposer une
meilleure péréquation au niveau des enveloppes financières
attribuées en matière d'éducation et de formation
professionnelle au profit de toutes les couches sociales djiboutiennes
- sans distinction ethnique, tribale ou de clan - et non au bénéfice
d'une infime minorité.
La
situation d'aggravation de la paupérisation comme celle du
chômage endémique laissent peu d'espoir à notre
jeunesse dans un avenir qui s'assombrit un peu plus chaque mois de
par les conséquences sur l'emploi d'engagements non tenus de
l'Etat actuel.
Jeunesse
qui - dès lors qu'elle a quitté le cycle scolaire du
premier degré - se retrouve dans une proportion de 90 % livrée
à elle-même dans les rues de la capitale.
Les
rues de toutes les tentations par la drogue, celles de tous les excès,
celles de la prostitution comme seul moyen de survie pour bon nombre
de jeunes femmes des milieux défavorisés pour tenter
de survivre bien plus que d'exister, quitte à perdre toute
dignité à défaut d'amour propre.
La
prostitution sauvage - constituant l'un des grands vecteurs de propagation
des Infections Sexuellement Transmissibles(IST) allant jusqu'aux ravages
du SIDA dont on travestit la réalité catastrophique
dans notre pays - n'est pas un choix de vie mais une contrainte pour
tenter de survivre ; facteur aggravant la condition féminine
qui est en opposition avec les valeurs de laïcité comme
celles qui prévalent dans nos saints principes religieux qui
placent la famille, la femme et l'enfant au dessus des perversités
de ce monde.
Globalement,
c'est tout à la fois un profond changement des pratiques locales
qu'il convient de remettre en cause en privilégiant une relance
de l'économie par l'introduction d'un volume important d'investissements
privés conditionnant ainsi une indispensable et urgente relance
de l'emploi.
Par
ignorance des réalités et par ce qu'il ne sait fonctionner
que par l'assistanat en provenance de l'extérieur au pays et
par la mendicité, le gouvernement a créé au fil
des années toutes ces conditions d'aggravations des situations
de déresponsabilisations les plus diverses conduisant à
l'aggravation de toutes les misères supportées exclusivement
par les couches sociales moyennes et les plus défavorisées.
Il
est grand temps de mettre un terme à la " prime à
l'incompétence " en octroyant - sans obligation de résultats
- des aides internationales qui trop souvent sont, de plus, détournées
dans leur quasi-totalité de leurs objectifs initiaux et ne
servent en rien ou si peu aux intérêts et en faveur des
populations de notre pays.
"
Offre un poisson à ton frère, il vivra un jour.
Apprends lui à pêcher, avec sa famille ils vivront une
éternité
".
- Le
troisième cadeau que nous souhaiterions recevoir en ces fêtes
de fin d'année concerne une intervention efficace mettant un
terme à tous les odieux trafics d'enfants qui perdurent à
partir de l'aéroport international de Djibouti vers les pays
de l'Europe et du continent nord américain.
Ce
sont nos surs, nos frères, les enfants dont il est fait
ouvertement et impunément odieux trafic.
Une visite à l'aéroport international de Djibouti lors
de l'embarquement des passagers et des accompagnatrices d'enfants
au départ de certains vols à destination de la France
est édifiante sur la méthode appliquée dans ce
domaine.
Si
ces trafics perdurent - bien qu'il ait été procédé
récemment à des arrestations de sous-fifres impliquées
au Royaume Uni et au Canada dans ces réseaux - nous observons
que l'organisatrice de tous ces trafics d'enfants - qui n'ont qu'un
but bassement mercantile et ne dénotent certes pas un soucis
de permettre à des enfants d'avoir un mieux vivre auprès
de familles étrangères d'adoption - est connue de tous
et de toutes à Djibouti.
L'épouse
de M Ismaël Omar Guelleh est la principale responsable et organisatrice
des trafics d'enfants mais le " diplomatiquement correct "
et bien qu'elle bénéficie de la double nationalité
de Djiboutienne et de Française lui permettent de disposer
librement de la vie des enfants sans se soucier de ce que sera leur
vie à des milliers de kilomètres de leur terre natale.
-
Comment une femme peut-elle se livrer à un tel odieux trafic
qui constitue un véritable crime contre sa propre nature
de mère et contre l'humanité ?.
-
Comment l'épouse d'un supposé président et
" première dame d'un pays" peut faire commerce
de la vie et de l'avenir d'un enfant ?.
Les
enfants de réfugiés, souvent séparés de
leurs familles, sont vulnérables à l'exploitation, à
l'abus sexuel, ou à la violence domestique - ironiquement -
sous la tutelle de l'Etat djiboutien et de sa Justice qui cautionnent
cet odieux commerce et qui se taisent.....
Novembre
1999 marqua le dixième anniversaire de la Convention sur les
droits de l'enfance, créant une étape importante pour
les droits des enfants : ce fut le traité le plus largement
ratifié dans le monde, y compris par la République de
Djibouti.
Dans
sa Résolution 2003/85, gardant à l'esprit les résolutions
consacrées aux droits de l'enfant, la Commission des droits
de l'homme demandait la libération immédiate et sans
condition de tous les enfants enlevés, ainsi que leur retour,
sains et saufs, dans leur famille et leur communauté.
En
quelques années, la vente du corps d'êtres humains, combinée
avec celle de la drogue et des armes, a pris la dimension d'un trafic
international alors que l'offre augmentant avec la demande, les réseaux
déplacent désormais leurs victimes comme des marchandises
comme c'est le cas à Djibouti depuis des dizaines d'années
alors que lesdits trafics s'effectuent ouvertement et très
majoritairement depuis quelques mois sous l'immunité que procure
l'usage de passeports diplomatiques.
Il
convient de préciser que plus de 30 % des passagers de la société
de transport DAALLO Sarl sont porteurs d'un passeport diplomatique
protégeant cette ignoble activité de trafics d'enfants
comme bien d'autres trafics illicites.
Malgré
toutes les preuves accumulées spécifiquement sur ce
trafic d'enfants à partir de Djibouti - et bien que connu -
pourquoi le pays des Droits de l'Homme n'intervient-il pas pour y
mettre fin ?.
Pour
conclure, je vous remercie par avance " Cher Pére Noël
Français et Mère Noël" de l'attention - ne
serait- ce que quelques secondes- que vous ne manquerez pas de porter
au contenu de cette lettre.
J'ajoute
à ceci que contrairement à d'autres qui se sont vus
attribuer récemment et à Paris la Légion d'Honneur,
nous sommes les enfants ou les petits enfants de ceux qui ont versé
en temps passé leur sang pour la France, leur seconde patrie.
Leurs
décorations acquises chêrement - souvent au feu et sur
le front des troupes par ces ancêtres des "Bataillons Somalis"
- ont pour nous un sens profond qu'aucune décoration attribuée
pour faits caractérisés de despotisme ne saurait avoir
en aucun moment.
Du pays des Droits de l'Homme, de la patrie de Victor Hugo, de celle
de Montesquieu et de Ronsard, les enfants des "Français
par le sang versé" comme ceux qui furent et sont encore
formés à "l'Ecole de la France" composant
les classes moyennes et les plus défavorisées de notre
Nation - sans distinction aucune d'appartenance tribale ou ethnique
- ont droit à autre chose qu'à l'ignorance dans laquelle
ils sont tenus.
Un
Djiboutien qui croit au Père Noël.
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