L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 06-Nov-2003 6:37 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

 

05/11/03 - Kenya et corruption - Le président kenyan, M Mwaï Kibaki - intensifie son offensive d'envergure dans la chasse à la corruption et fixe un calendrier d'actions à mener.

Par Bouh Warsama.

 

La corruption est devenue un sujet de société récurant dans la quasi totalité des pays de la planète, y compris dans les pays démocratiques et dits développés.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'initiative du président du Kenya - qui est de faire de la lutte contre toutes les corruptions dans son pays l'un des grands objectifs de son gouvernement ne se limite pas à des mots mais à des actes forts qui démontrent sa volonté de respecter les engagements qu'il a pris dans ce domaine vis-à-vis des populations.

Ses engagements s'étendent aussi vis à vis des institutions internationales qui doivent lui maintenir leur confiance car chacun sait que la procédure de redressement pour placer le Kenya sur le chemin du progrès social et économique passe obligatoirement par la lutte contre la corruption.

Les corrompus et les corrupteurs se gardent bien de faire la publicité de leurs actes et de leurs profits, mais on a le sentiment qu'ils ne s'attendaient pas à ce que le nouvel Etat kenyan - sous la houlette de M Mwaï Kibaki - fasse preuve d'une telle détermination pour aller les chercher - un à un - dans la responsabilité de leurs actes de corruptions et qu'il les oblige - de plus et aujourd'hui - à rendre à l'Etat kenyan l'argent qu'ils auraient détourné et qu'ils soient aussi dans l'obligation de justifier l'origine de leurs fortunes personnelles.

Attendons-nous à l'émergence de procès exemplaires et dissuasifs pour l'avenir car M Mwaï Kibaki a lancé une longue croisade anti-corruption et ne s'arrêtera pas là….; il sait parfaitement que les enjeux sont trop importants pour l'avenir de son pays et des kenyans.

Ceci démontre tant au niveau national (partis politiques ou ONG) que régionale (UE, OUA, OAS, ASEAN) qu'au niveau international (OCDE, ONU, BM, FMI, PNUD,) que la lutte anti-corruption peut et doit être avant tout une volonté de politique nationale, telle que le démontre M Mwaï Kibaki, et que cette lutte a gagné son statut de programme gouvernemental essentiel au bon développement de l'ordre économique, social et politique.

Statut de programme gouvernemental essentiel dont le gouvernement djiboutien actuel devrait largement s'inspirer, s'il souhaite obtenir une crédibilté qu'il n'a plus sur le plan national et international.

  • Le Kenya face à la Corruption.

Ces dernières années, le sentiment que la corruption avait augmenté s'est développé au sein de larges fractions de la société kenyane, entraînant tout à la fois une demande de moralisation et de justice de l'Etat avec le besoin d'amélioration de la crédibilité des engagements des acteurs publics.

  • La Corruption - gangrène ou stratégie liée à l'économie de marchés ?.

La corruption intéresse tous les analystes qui ont en charge le développement d'un pays - au Kenya comme ailleurs - car se pose inévitablement le phénomène de la modernisation politique, économique et sociale des Etats du Tiers monde dans les meilleures conditions possibles.

  • La Corruption - Controverse entre les fonctionnalistes libéraux et les structuralistes.

Les premiers voient dans la corruption une stratégie de contournement des obstacles politiques - étatiques et un accélérateur certes amoral mais efficace des transitions souhaitables vers des économies de marché démocratiques alors que les seconds préservent les intérêts des victimes de ce système informel et prônent la construction d'un Etat fort avec le désir d'améliorer la productivité de ses prêts afin d'éviter une augmentation de la fatigue vis-à-vis des aides internationales.

  • La Corruption - Trois questions se posent.
  • 1 - Quelles sont les causes de la corruption ?.

  • 2 - Quelles en sont ses conséquences ?.

  • 3 - Comment peut-on lutter contre ce phénomène dont les conséquences sont négatives - qu'on l'admette ou pas car - sur le fond - la corruption est une atteinte aux libertés, à l'équité et au respect de la Justice.

Chacun se doit de mener une réflexion profonde et objective sur ces trois points.

  • La corruption et ses effets sur la société.

Pour autant que les analyses soient sérieusement menées, elles démontrent presque toutes les effets désastreux de la corruption :

  • 1 - La Corruption entraîne une forte baisse des investissements, de la croissance et l'augmentation de l'insécurité de l'environnement économique. Ceci signifie que les investisseurs - notamment étrangers - sont frileux face à la corruption et le sont d'autant plus lorsqu'elle est encouragée et couverte par l'Etat comme c'est le cas actuellement à Djibouti.

  • 2 - La Corruption c'est l'altération des processus judiciaires. Là encore on saisit l'importance que peut avoir une Justice indépendante du pouvoir politique qui agit sereinement dans le cadre des Lois dont elle a la charge de faire appliquer et respecter.

  • 3 - La Corruption c'est indéniablement le renforcement de toutes les inégalités sociales, économiques et politique, l'augmentation de la pauvreté par un accès aux services publics vendu aux plus offrants,

  • 4 - La Corruption c'est l'accroissement des déficits publics à la suite des détournements de fonds publics, de l'évasion fiscale et de la distorsion des dépenses en faveur des programmes offrant le plus de " pots-de-vin ",

  • 5 - La Corruption c'est l'inégalité de traitement des dossiers des postulants à l'emploi dans la fonction publique. Les critères d'embauche étant de favoriser les enfants des " serviteurs de l'Etat " au détriment des jeunes diplômés moins fortunés et ne se soumettant pas aux perspectives de rackets qu'on leur impose par des prélèvements mensuels injustifiés sur leurs salaires.

  • 6 - La Corruption découle de l'irresponsabilité générale des organes de contrôle. Non-respect de l'environnement et des règles d'urbanisation, protection des organisations criminelles de type " mafia locale " et nomenklatura dans la monopolisation des secteurs d'activités privés.

En entrant dans le champ d'action des institutions, la Corruption devient la mère de tous les maux et aggrave pour le grand public le statut de " l'illégalité légitimée " comme c'est le cas à Djibouti actuellement.

A titre d'exemple, tous les actes de Justice deviennent sujet à caution quand bien même seraient-ils justes et équitables. Ce n'est plus une Justice corrompue qui est mise en accusation dans l'esprit des usagers mais toute la Justice, y compris celle qui se veut équitable et faisant appliquer les lois avec le soucis de transparence quant au conternu de ses attendus.

Or avec la Corruption il n'y a pas de Justice libre, et sans la Justice il n'y a pas d'Etat !. La démonstration est indubitablement exacte..

Ceci confirme que la démocratisation, offrant au minimum la liberté d'expression, permet la diffusion nationale et internationale de cette perception de la Corruption comme de la Justice et incite donc à l'émergence d'un Etat de droit.

  • Le nouvel Etat du Kenya face à la Corruption.

Le Président Mwai Kibaki a officiellement ouvert lundi - à Nairobi - la première conférence régionale du réseau africain de parlementaires de lutte contre la corruption.

Il a déclaré que son gouvernement s'était engagé sur le plus grand processus de réformes juridiques dans l'histoire du Commonwealth tout en précisant avec fermeté que la date limite de déclaration des richesses personnelles a été reportée à mi novembre 2003.

Ce faisant, il a lancé un avertissement solennel en annonçant que ceux qui ne respecteraient pas cette date limite seraient sanctionnés sur le plan administratif mais aussi seront traduits devant les tribunaux chargés de lutter contre la corruption au niveau des administrations du Kenya.

En agissant ainsi, le président Mwaï Kibaki, vient d'ouvrir la porte à la lutte anti-corruption sur le plan international.

Cette lutte devrait entrer ainsi dans l'agenda incontournable des hommes politiques en quête d'une légitimation ou bien comme une arme stratégique utilisée dans la concurrence que se livre les partis politiques ou des fractions de la société.

Quoi qu'il en soit, la lutte contre la corruption lancée par le président du Kenya a le mérite d'être claire et courageuse, elle confirme ainsi sa volonté de respecter tous les engagements qu'il a pris dans ce domaine vis-à-vis des populations du Kenya et des instances internationales.

Son but est de renforcer la responsabilité des serviteurs de l'Etat, à tous les niveaux de la hiérarchie ; il le fera et ses éventuels détracteurs n'ont qu'à .... bien se tenir.

 

Bouh Warsama.

 

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