L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 06-Nov-2003 10:56 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

 

Caporal Tirailleur du 8ème RTM, né à Meknés (Maroc),
mort le 11 décembre 1944 au vieux Thann - Alsace

 


Engagé à MEKNES dans les rangs de ces " Français d'Afrique ", qui pour beaucoup étaient des enfants de " Français par le sang versé " lors de la précédente guerre 1914-1918, un jeune Sergent de 20 ans - Chef de Section de mitrailleurs - vient mourir le 11 décembre 1944 au Vieux Thann (Alsace) au milieu de ses frères d'Afrique sur le sol de la mère patrie.

 

Le 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains.
Devise " Toujours en avant "

  • Drapeau du 8ème RTM :

- " Maroc, 1928 - 1934 " - " Abruzzes 1944 "
- " Garigliano - 1944 " - " Belfort 1944 ".

Décoré de la Croix de Guerre 1939 - 1945 avec 4 palmes.

Décoré du Mérite Militaire Chérifien (Maroc).

  • Fourragère :

Croix de guerre 1939 - 1945.

  • Campagnes :

Maroc 1927 - 1934. France 1939 - 1940.
Tunisie 1942 - 1943. Italie 1943 - 1944.

Libération 1944 - 1945. Allemagne 1945.

  • Refrain :

" C'est nous les marocains du 8ème Régiment …

 


Résumé de l'Historique
du 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains


Le 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains, créé en 1927 à FEZ (Maroc), participe aux opérations de " pacification " des confins du Tafilalet et du Haut Atlas.

Transféré en France en 1934, il tient d'abord garnison à AUCH et à AGEN puis à BELFORT et à LONS LE SAULNIER dans le JURA.

Le 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains passe l'hiver 1939 - 1940 en Alsace avec la 13ème Division d'Infanterie (13ème DIM).
En mai et Juin 1940, les Tirailleurs se distinguent sur la SOMME et sur l'OISE lors de durs combats retardant l'avancée des troupes allemandes sur leur secteur.

C'est en cette position, en pleine campagne, que 3 jours de répit permettent au Régiment d'aménager succinctement ses défenses pour recevoir ensuite la ruée des unités allemandes débouchant d'Amiens.

Le 2ème Bataillon, après une résistance acharnée et des pertes considérables, sera submergé dans SEUX en se sacrifiant pour permettre le repli de la Division.

Deux jours d'âpres combats, des moyens en hommes et en matériels dérisoires comparativement à ceux dont disposent les unités allemandes, les 5 et 6 juin 1940, le 1er et le 2ème Bataillon maintiennent intégralement la ligne de résistance.

Sur ordre du commandement, le Régiment se replie ensuite sur la coupure de la POIX dans la nuit du 6 au 7 juin 1940.

Le 7 juin au matin il établit une ligne de défense au bord de la rivière à l'Ouest de CONTY jusqu'à CONTRE.
Le même soir, une contre-attaque du 3ème Bataillon, appuyée par des chars, reprend le village de SENTELLE.

Dans la nuit du 8 au 9 juin 1940, le Régiment se replie sur la région de CATHEUX où il s'organise à nouveau défensivement.
Sur ordre du commandement, le 8ème R.T.M se replie à 16 heures mais laisse sur place le 3ème Bataillon qui est désigné pour assumer la responsabilité de " Bataillon d'arrière-garde " de la Division.

Il est aussitôt mis sous le feu d'une puissante action menée par les chars ennemis.
La 11ème Compagnie du 8ème R.T.M se couvre de gloire en se sacrifiant à son tour pour assurer le décrochage de ce qu'il reste dudit Bataillon.

Le Régiment continue son mouvement de repli jusqu'à l'OISE qu'il reçoit mission de défendre.

Il s'y organise du mieux qu'il le peut et tiendra farouchement les passages de la rivière du 10 au 13 juin 1940 à 4 heures du matin.

Les pertes du 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains sont telles que c'est le dernier combat d'importance auquel il aura participé durant la campagne 1939 - 1940.

C'est un Régiment décimé par ces combats d'arrière-garde qui combattra encore farouchement pour franchir la LOIRE à JARGEAU le 18 juin 1940.

Encerclés, par une manœuvre hardie de l'ennemi à travers les marais de SOLOGNE, ce qu'il reste du Régiment refuse de déposer les armes et se dégage, une fois encore, au prix du sang de ses hommes.
L'Armistice trouve ce qu'il subsiste du 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains sur la DORDOGNE.

Au cours de la Campagne 39-40 le Régiment perdra 2000 Officiers
et hommes de troupe, tués, blessés ou prisonniers. Plus de 90 % d'entre eux étaient originaires des régions de MEKNES - FEZ et du RIF ( Maroc).

Quelques semaines plus tard, ce qu'il subsiste du 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains rejoignait MEKNES au MAROC.
C'est là que les éléments restant du Régiment sont intégrés au 7ème Régiment de Tirailleurs Marocains.

Laminé par ses combats d'arrière-garde lors de la Campagne 1939 - 1940, le 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains paya du sang de ses hommes l'une des grandes pages de son histoire mais il ne pouvait disparaître ainsi.

Il est recréé en janvier 1941 pour partir en Syrie.

Le 16 janvier ordre lui est donné de rester au MAROC.

Durant plus d'une année, le Régiment va mener une vie de garnison et de bivouac.

Recrutant sur place de jeunes hommes, formant de nouveaux Cadres et des Tirailleurs en prévision d'une reprise des opérations que chacun discerne et souhaite dans ce pays où la population, européenne et indigène, n'a accepté que contrainte et forcée la capitulation du " Maréchal " et la politique de collaboration du " Régime de Vichy ".

 

Opération " TORCH "
Les débarquements américano-britanniques en Afrique du Nord

Le Général EISENHOWER, chargé quelques mois plus tôt d'organiser et de commander les débarquements américano-britanniques en Afrique du Nord, fixa au 8 novembre 1943, le déclenchement de l'offensive.

A l'image de la première opération britannique contre MADAGASCAR, les alliés… américains ne crurent pas nécessaire de prévenir le Général de GAULLE de l'imminence du débarquement en Afrique du Nord et traiteront avec le Général GIRAUD.

L'attaque sera menée en trois points : CASABLANCA - ALGER et ORAN.

A midi, le Général de GAULLE rencontre le n°1 britannique Winston CHURCHILL qui lui fait part de sa gêne d'avoir dû lui taire l'organisation de l'opération " TORCH " tout en l'assurant de son appui pour l'avenir.

Maîtrisant son amertume, le Général prononcera le même soir un discours solennel à la Radio de LONDRES :

" Les alliés de la France ont entrepris d'entraîner l'Afrique du Nord française dans la guerre de Libération.
Ils commencent à y débarquer des forces énormes.
Il s'agit de faire en sorte que notre Algérie, notre Maroc et notre Tunisie, constituent la base de départ pour la libération de la France.
Les alliés américains sont à la tête de cette entreprise (….)
Allons ! voici le grand moment ! Voici l'heure du bon sens et du courage.
Partout l'ennemi chancelle et fléchit. Français de l'Afrique du Nord, que par vous nous rentrions en ligne, d'un bout à l'autre de la Méditerranée, et voilà la guerre gagnée, grâce à la France ".

Les préludes diplomatiques de l'opération " TORCH " ne se dé rouleront pas sous de bons auspices, tout au contraire.

La situation était on ne peut plus confuse.

Alors que les Américains avaient traité, d'une part avec le Général GIRAUD dont ils souhaitaient faire le commandant suprême de l'Armée française et leur interlocuteur privilégié, d'autre part avec les échelons supérieurs du commandement militaire du " Gouvernement de Vichy " en Afrique du Nord, ces derniers furent surpris par la rapidité du débarquement allié et c'est en pleine période de négociations secrètes et de tractations les plus diverses qu'ils décideront, en partie, de rester fidèles au Gouvernement du Maréchal.

Dans certains secteurs les forces américano-britanniques vont donc se heurter directement aux " Français de Vichy ".

Trois jours furent nécessaires aux Alliés pour mener à bien l'Opération " TORCH ", 1 800 soldats américains, anglais et français vont ainsi payer de leur vie cette " pratique aventurière à l'américaine " qui ne sera pas la dernière et qui annonçait, sans l'avouer, le projet de mainmise politique et ultérieure sur l'ensemble du " Bassin méditerranéen ".

Le commandant divisionnaire de CASABLANCA, le Général BETHOUART, était l'un des alliés du représentant diplomatique américain en Afrique du Nord, Robert MURPHY ; l'homme qui avait imposé le Général GIRAUD comme seul interlocuteur des U.S.A dans l'Opération " TORCH ".
Sans en référer à son supérieur hiérarchique, l'Amiral MICHELIER, le Général BETHOUART prépara la veille l'opération de débarquement américain.

C'est ainsi que le 7 novembre 1942, il fait arrêter les membres de la commission allemande d'armistice en leurs locaux de CASABLANCA et envoie à RABAT un détachement d'Officiers français chargé de faciliter l'approche américaine dont il suppose que le débarquement principal s'effectuera sur les plages plus au Nord de la capitale marocaine.

Il ignorait à ce moment là que le Général EINSENHOWER avait choisi la plage de CASABLANCA comme lieu principal de débarquement de ses troupes.

L'Amiral MICHELIER et le Général NOGUES, résidant général au Maroc, n'étaient pas prêts à adopter les thèses de BETHOUART et le firent arrêter dans la soirée du 7 au 8 novembre 1942 tout en prenant toutes les dispositions militaires pour résister au débarquement des forces américaines.

Pour s'emparer de CASABLANCA, le Général EISENHOWER avait confié au Général PATTON 24 500 soldats, tous américains, arrivant des Etats-Unis à bord de 29 bâtiments de transport de troupes de la " Western Naval Task Force " commandée par le contre-Amiral HEWITT.

Les Américains ayant parfaitement saisi l'intérêt stratégique du pays, situé à l'entrée de la Méditerranée et contrôlant le détroit de Gibraltar, le débarquement sur les côtes marocaines sera donc une Opération " Réservée aux U.S.A " alors qu'ils s'associaient par ailleurs avec les britanniques pour les opérations sur ORAN et ALGER.

Peu après 5 heures du matin, le 8 novembre 1942, le Général PATTON donnera le feu vert à ses troupes pour l'opération de débarquement qui s'effectuera sur trois zones de la côte marocaine.
Le point le plus important sera la plage de FEDALA, à 25 km au Nord de CASABLANCA et s'accompagnera d'actions secondaires à MEHDIA,TEMARA et MIRAMAR, plages situées à une dizaine de km de la capitale marocaine et à SAFI, 250 km au Sud de CASABLANCA.

Après un travail de désorganisations les plus diverses effectuées par la résistance locale, effectué notamment par les Français attachés dès le 18 juin 1940 au Général de Gaulle, bien qu'hostiles à l'hégémonie américaine qui se dessine ; dans la confusion qui régnait, les " Français de Vichy " laissèrent les Américains prendre pied sur les points de débarquement avant de déclencher un semblant de résistance ce qui facilita dans un premier temps le mouvement des troupes de PATTON vers CASABLANCA.
Puis, ils tentèrent de faire front et engagèrent le combat.

Le débarquement des forces américaines sur les divers points de la côte marocaine ne se déroula pas aussi facilement qu'ils l'avaient espéré.
Utilisant une technique balbutiante, cette pratique approximative provoqua de multiples contre-temps tout particulièrement au niveau de l'acheminement des matériels qui s'entassaient, pèle-mêle sur les plages, parfois victimes des marées.
Il semblerait que l'on ait occulté l'existence, pour le moins dans " l'étude de préparation " des opérations de débarquement des matériels et des munitions de soutien.
Ceci constitua une aubaine pour les " hommes de Vichy " qui mirent à profit cette désorganisation pour tenter d'organiser leurs défenses.

Le 11 novembre 1942, la situation sur le terrain restait confuse.

Il fallut l'intervention personnelle du Général JUIN pour qu'enfin les dernières troupes fidèles au Maréchal déposent les armes.

Trop impliqués durant la période 1940 - novembre 1942 dans l'acceptation aveugle de la politique de " Collaboration avec l'Allemagne " cautionnée par le Maréchal et paraît-il " sauveur de la France ", la quasi totalité du commandement militaire local français et de la haute hiérarchie administrative au Maroc restera en place jusqu'à la Libération et l'épuration qui s'en suivra.

Contrairement à la France métropolitaine, la procédure d'épuration au Maroc se réduira à sa….. plus simple expression.

Sans avoir participé à aucun combat pour la Libération de la France, bon nombre d'Officiers supérieurs et d'Officiers Généraux, " anciens collaborateurs zélés du Gouvernement de Vichy ", conserveront par la suite tous les " avantages acquis ", grades, décorations et Droits à pension alors que de jeunes Français avec leurs frères africains iront verser leur sang afin de chasser l'envahisseur allemand et contribuer à la libération de leur patrie, " La France ".

Dans de prochains écrits nous vous relaterons ce que furent la Campagne d'Italie et la lente remontée du 8ème RTM jusqu'en Allemagne, fer de lance de ce qui fut appelée en un temps "l'Armée d'Afrique du Général Juin".

Décimé car placé en première ligne et spécialisé dans les "coups de mains" sur les lignes ennemies, le 8ème Régiment de Tirailleurs Marocains fut reconstitué intégralement par 3 fois.

 

 

Bouh Warsama

 

 

 

 

 

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