L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 10-Nov-2003 23:33 (GMT+1 / Bruxelles)

 

10/11/03 - Démonstration de force du XV tricolore face aux Irlandais au moment de vérité.

Par M Ahmed Allale Aouaeis.

Après avoir réglé proprement et rigoureusement les " affaires courantes " lors des différentes rencontres de poule face notamment aux Ecossais, le XV de France devait se trouver opposée - en toute logique - à la traditionnelle pétulance irlandaise lors d'une rencontre en quart de finale des Championnats du Monde de Rugby.

On pensait que le déroulement de ce match de quart de finale - édition 2003 - serait plein de ces suspenses qui en font le piment avec toutes les supputations qui vont bon train en ces circonstances et au cours desquelles une simple grimace de joueur d'avant match en se touchant le mollet fait craindre le pire ou souhaiter le meilleur suivant le camp dans lequel on se place.

Est-ce la fatigue d'une équipe d'Irlande qui avait dû livrer deux énormes batailles ovalistiques face à des Argentins qui ne voulaient pas reculer et à des Australiens qui eurent toutes les peines du monde pour affirmer leur supériorité ? chacun fera sa propre analyse mais le fait est que nous n'avons pas retrouvé samedi sur le terrain de Melbourne cette équipe d'Irlande combative que nous attendions.

S'il est vrai que le jeu d'attaque développé par l'équipe de France se prête parfaitement à celui pratiqué par son homologue irlandais et que l'on assiste - depuis 3 années - à de grandes rencontres pleines d'incertitudes et de rebondissements entre ces deux équipes, c'est à un véritable KO rugbylistique auquel il nous a été donné d'assister ce qui fit dire plus tard à Fabien Pelous

" En première mi-temps, j'avais l'impression de répéter de façon parfaite ce qu'on avait fait durant la semaine à l'entraînement … ".

Le premier essai français, avec à l'origine un coup de pied décroisé d'un impérial Michalak amenant Magne à aplatir derrière la ligne, eut le don de mettre à mal les rêves de gloire des Irlandais qui dès lors vont vivre un véritable calvaire face à une équipe de France présente en nombre sur chacun des ballons et allant jusqu'à retourner la mêlée irlandaise ce qui - à ce niveau de jeu - ne s'était pas vu sur un quelconque terrain de rugby depuis fort longtemps.

Menant par un score de 17 - 0 à la 29ème minute puis de 37 - 0 à la 46ème minute, à moins d'un improbable retournement de situation - toujours possible - le match était plié ce qui incita certains joueurs français à lever le pieds et évita ainsi une humiliation aux Irlandais qui firent leur baroud d'honneur après que l'étreinte des Français se soit relâchée concluant cette rencontre par un 43 - 21 qui restera dans les mémoires bien plus par la manière que par le score final affiché sur les écrans géants du stade de Melbourne.

L'excellent esprit qui a animé cette rencontre avec cette haie d'honneur faite par les Français aux Irlandais comme les gestes d'accolades d'après match entre l'emblématique capitaine irlandais Keith Wood et Fabien Galthié .. et bien d'autres dépassaient largement le résultat proprement dit et confirmaient ce que nous avons toujours pensé et dit : à savoir que le rugby reste une discipline sportive où - malgré la dureté des contacts - la rencontre terminée et que l'on soit vainqueur ou vaincu du moment ... l'amitié et la fraternité reprennent leur droit entre les joueurs.

L'épopée du XV français ne s'arrête pas là car il reste maintenant à affronter en demi finale Mister Wilkinson et une équipe d'Angleterre que certains disent être sur le déclin et qu'ils voient déjà - à tort et un peu trop vite à notre sens - être étrillée par une équipe de France irrésistible.

Ce serait sans compter sans "The English spirit" et l'orgueil du XV à la rose, a fortiori sur un terrain dont les dizaines de milliers de spectateurs seront voués à sa cause ; les Français sont prévenus !.

Nul doute que s'il est bien deux équipes attentives à leur prestation en quart de finale contre les Irlandais, ce furent les Anglais et les All Black de Nouvelle Zélande.

C'est un combat " d'homme à homme " que va opposer le XV à la rose face à l'équipe de France dans quelques jours et bien malin qui pourrait aujourd'hui faire un pronostic avec la prétention de ne pas se tromper.

Quel que pourra être le nouveau Champion du monde dans une confrontation finale avec vraisemblablement la présence des All Black - grand maître du rugby mondial qui pourraient fort bien perdre leur suprématie - l'épopée australienne aura contribué au renforcement de la qualité du jeu et de la montée en puissance des petites nations du rugby au point que les Samoa, les Fidji ou autre équipe d'Italie ou d'Argentine pourraient fort bien et très bientôt se retrouver en finale d'un futur Championnat du monde.

"Djibouti a lui aussi ses champions en devenir dans bien d'autres disciplines mais nos sportifs ne pourront atteindre le sommet de leur art que lorsque nous déciderons enfin de tous les aider sans partisianisme d'aucune sorte car - là encore - on se prive du meilleur qui est en chaque jeune et en chaque homme ou femme ".

 

Par M Ahmed Allale Aouaeis.
Ancien haut fonctionnaire - Exilé politique
Membre du Gouvernement en Exil de Djibouti.

 

 

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