L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 15-Déc-2003 7:36 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Mr. Mahamoud Harbi - Mr. Mohamed Djama Elabeh.

These politicians had got for them the merit of the dignity.
They belong neither at the one, nor at the other ; they are the historic property of Djibouti Nation.

Amin

15/12/03 - Mondial Dames 2003 en Croatie - Finale Hongrie/France 29-32.

Par Roger Picon.

Jusqu'au bout du suspens. Bien que dominatrices les joueuses hongroises s'étiolent en fin de rencontre sous la révolte des joueuses françaises qui ont offert en quelques dix minutes un autre visage.

Plus de 6 000 spectateurs hongrois avaient effectué le déplacement pour accompagner leur équipe par une bronca d'applaudissements et d'encouragements tout au long de cette finale du Mondial Dames, édition 2003.

Il reste 6 minutes de jeu effectif et l'équipe de Hongrie parait dominer son sujet au point qu'elle mène à juste titre et sans contestation possible de 6 buts (28-22) devant des joueuses françaises pénalisées tout au long de la rencontre par les 2 fois 2 minutes d'exclusion infligées dès le début au pivot Isabelle Wendling auxquelles vont venir s'ajouter un nombre presque incalculable d'erreurs individuelles avec une efficacité des joueuses arrières toute relative dans les tirs en suspension.

Alors chacun se dit que le résultat de ce Championnat du Monde Dames édition 2003 semble évident, que la fatigue s'accumulant et le poids de l'enjeu pesant sur la nervosité des françaises ne leur aura par permis de rééditer l'exploit face à l'Ukraine.

Face à une équipe de Hongrie au top niveau avec une Anita Görbicz et une Bojana Radulovics des grands soirs et éblouissantes d'efficacité, le parcours de l'équipe de France l'amenant à être vice championne du monde est somme toute logique et la médaille d'argent est justifiée.

Ceux qui ont éteint leur téléviseur à cet instant ont eu tort car le meilleur du spectacle handbalistique était à venir.

" Dans ce match à scénario terrible nous ne devions pas nous relâcher…, les hongroises se sont écroulées subitement " comme le soulignera la capitaine d'équipe Stéphanie Cano après la rencontre alors qu'une Valérie Nicolas - considérée comme la meilleure gardienne de buts au monde - lancera encore sous le coup de l'émotion d'après match " Je ne sais pas comment on a gagné, mais on a gagné " omettant par cette modestie qu'on lui connaît d'avouer qu'elle fut à l'origine du succès de l'équipe de France en allant jusqu'à stopper l'ultime jet de 7 m de Bojana Radulovics qui laissa les hongroises pantoises…..alors que dans les quelques secondes qui suivirent la virevoltante Pecqueux Roland ajouta un nouveau but français au tableau d'affichage.

Alors que nul ne s'y attendait c'est le réveil, c'est la révolte des joueuses françaises d'abord contre elles même, contre la prestation très moyenne qu'elles ont fourni depuis le début de rencontre.

Ce sont les jeunes telle Myriam Korfanty qui secouent l'étendard de la révolte et montrent aux anciennes le chemin ; elles vont puiser ensemble au bout de leur orgueil blessé toute la force pour remettre l'équipe sur les bons rails.

Interceptions, exploits de Valérie Nicolas et relance, contre attaque éclair ; tout ce qui fait le suspens d'une rencontre va être relancé alors que de nouveaux buts vont venir s'ajouter les uns aux autres au profit des françaises.

Exceptionnel est le mot qui vient à l'esprit car rarement une équipe en finale d'un mondial a remonté un handicap qui fut en un moment de 6 buts (17-23).

On se remet à espérer et l'on se dit que la " mouche a changé d'âne " et que les tirs ratés ou sur les barres ont changé de camp car ce sont les joueuses hongroises qui maintenant commettent des fautes grossières d'absence de repli ou d'accrochage qui leur vaut des exclusions rapprochées dont une définitive à Anita Görbicz, le prodige hongrois et qui va bien arranger les affaires des petites françaises survoltées.

Olivier Krumbholz qui avouera plus tard avoir vécu sa plus grande émotion en tant que coach tente de garder son sang froid, il indique aux joueuses d'un geste et d'un mot une position à rectifier et fait tourner son équipe en attaque en sachant que de l'efficacité de sa défense dépend l'issue de la rencontre.

Quelques secondes avant le coup de sifflet marquant la fin du temps réglementaire, Leïla Lejeune ne tremble pas face à la gardienne Katalin Palinger qui fut le cauchemar de l'équipe de France durant plus de 59 minutes mais doit se remémorer que 48 heures plus tôt elle n'a pas hésité face à la gardienne ukrainienne Zaspa en marquant ses 3 jets de 7m.

28-28 au coup de sifflet final, les joueuses regagnent les vestiaires ; les françaises sautent de joie et se congratulent, les joueuses hongroises les observent, dubitatives et préoccupées.

Ceci nous remet en mémoire ce que lançait quelques 48 heures plus tôt la souriante Sandrine Delerce face à la presse et avec conviction " Attendez-vous à tout avec nous, dimanche soir ! ".

On a pas tout vu mais en quelques 6 minutes on vient de voir beaucoup...

Depuis 1999 qui vit la révolte du hand ball féminin dans les chaumières de France métropolitaine et d'outre mer, on a appris à connaître cette équipe - savant mélange de couleurs et de complémentarités, capable du meilleur et rarement du pire.

Les conditions de vie des joueurs et joueuses de hand ball ont bien changé car bénéficiant d'un statut d'athléte de haut niveau et les moyens financiers appropriés attribués à la Fédération nationale- même s'il reste encore à faire dans ce domaine - ont permis une préparation de cette équipe Dames dans de très bonnes conditions.

L'encadrement technique est passé à 8 personnes sous la houlette d'un Olivier Krumbholz, fin psychologue et véritable stratège du hand ball qui connaît parfaitement les systèmes de jeu, tout particulièrement l'équipe de Hongrie et son homologue entraîneur.

Les caractéristiques des joueuses des équipes adverses ont été disséquées une à une et avant match sur les images vidéo, des constantes ont été mises en évidence par l'encadrement technique et par un Olivier Krumbholz qui aura toujours "dans son sac" la réponse qui convient le mieux à une situation de jeu ; c'est ainsi qu'il a pu limiter "la casse" depuis le début de la rencontre.

Au jeu puissant des Hongroises et aux fortes individualités très marquées, autour des anciennes Leïla Lejeune, Pecqueux-Rolland, Negelem Myaro et Isabelle Wendling les Françaises ont opposé de jeunes joueuses pratiquement inconnues du grand public dont une Sandrine Delerce, Estelle Vogein très fair play mais aussi très efficace sur son aile droite, l'opportunisme d'une Raphaëlle Tervel, de Myriam Korfanty qui mit toute sa puissance rageuse dans ses tirs et sonna la révolte, la gardienne Dudziak éblouissante contre la Corée du Sud et les autres ; enfin une Melinda Jacques qui jouait quelques années plus tôt dans l'équipe de Hongrie et qui avec son bras gauche a fait souffrir bien des défenses et des gardiennes de buts dans ce championnat et particulièrement ses anciennes partenaires lors de ces premières 60 minutes.

Dès le début du money time, on a parfaitement compris que sur leur lancée les joueuses françaises allaient nous montrer leur vrai visage, celui qu'on attendait presque désespérément ; ce jeu fait d'intuitions, de rapidité et de mouvements en permanence va se developper sous nos yeux et infliger en 10 brèves minutes paraissant une éternité un 4-1 sans appel, étouffant toutes les actions de leurs adversaires pour remporter cette finale mondiale Dames sur le score de 32 à 29.

Le sept mondial.

- Gardienne : Valérie Nicolas (France).
- Arrière gauche : Olena Tsygitsa (Ukraine)
- Arrière droite : Bojana Radulovics (Hongrie)
- Demi centre : Anita Gorbicz (Hongrie)
- Ailière gauche : Tanja Oder (Slovénie)
- Ailière droite : Sun Hee Wo (Corée du Sud)
- Pivot :Isabelle Wendling (France).

- Meilleure joueuse : Valérie Nicolas (France).
- Meilleure marqueuse : Bojana Radulovics (Hongrie)

Trophée du Fair-play :

- Joueuse : Estelle Vogein (France)
- Equipe : Corée du Sud.

A l'instant où Stéphanie Cano, capitaine de l'équipe de France, brandissait le trophée de la victoire j'ai eu une pensée pour cette équipe djiboutienne de Hand Ball féminin qui en décembre 1988 avait participé - pour la première fois dans sa jeune histoire - au Championnat de l'Afrique de l'Est à Naïrobi au Kenya.

En observant ces sourires et ces démonstrations de joie des joueuses françaises qui se succédaient sur l'écran, des filles de La Réunion, de la Guadeloupe et du Tchad je n'ai pu m'empêcher de faire un rapprochement avec cette jeune équipe djiboutienne si attachante qui - au-delà d'un résultat lié alors à un manque d'expérience à ce niveau de jeu - avait fait démonstration de cohésion et d'un excellent esprit sportif qui lui valut alors l'attribution de la Coupe du fair-play.

Quoi que pourraient en penser quelques uns, la Nation djiboutienne s'est retrouvée et a fait démonstration au travers de ces athlètes - femmes et hommes - de sa capacité à vivre ensemble en harmonie toute ethnie et tribu confondues lors de ces Championnats d'Afrique de l'Est de décembre 1988.

Quelques 15 années plus tard qu'en reste t-il de cette unité et quels sont tout à la fois les moyens d'encadrement humain, techniques et financiers mis à la disposition du Hand Ball djiboutien pour le sortir de sa " confidentialité " ?.

Probablement comme d'habitude, hélas une expérience sans lendemain.

 

M Roger Picon.

 

 

 

 


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