L'ACTUALITÉ
Dernière modification : le 26-Déc-2003 23:03 (GMT+1 / Bruxelles)

 

Lettre ouverte
de M Mohamed Saleh Alhoumékani

adressée

  • aux populations djiboutiennes,

  • à M GORAYEH et aux membres de sa famille,

  • à M Ismaël Omar Guelleh,

 

Au niveau de la réflexion morale et politique, la liberté de l'artiste comme celle du journaliste, de l'écrivain n'est plus seulement un caractère qui distingue certaines actions d'autres actions connues pour être non libres.

Ces termes de liberté de l'artiste désignent une tâche, une exigence, une valeur, bref quelque chose qui doit être et qui n'est pas encore dans notre pays.

Si la création d'une Journée de l'Artiste est une nécessitée car permettant de maintenir à nos diverses cultures qui se conjuguent ensemble avec leur place dans notre société, ceci nous oblige à accepter que chacune et chacun de ces artistes puisse s'exprimer librement sans les contraindre et sans acheter leur silence sous diverses formes.

Réfléchir sur la liberté de l'Artiste ce n'est pas que procéder à une distribution de décorations afin de l'honorer, c'est avoir le courage de réfléchir sur les conditions de la réalisation de sa liberté dans la vie courante, dans ce qu'il représente dans l'histoire de l'art et de la culture et au plan des institutions.

On ne peut tout à la fois prétendre donner à la culture sa véritable place et simultanément la faire emprisonner sous le prétexte qu'elle dénonce des excès.

Replacé dans notre contexte, le mot "liberté" des Arts et de la Culture se rencontre volontiers au pluriel : on parlera des "libertés" d'expression artistiques mais aussi civiles et politiques par rapport au pouvoir car c'est aussi au sein de notre société actuelle que cette liberté y puise aussi ses sujets.

Par ces libertés on concédera à l'artiste des droits de faire, qui n'existent que s'ils sont véritablement reconnus par le pouvoir en place ce qui, hélas, n'est point le cas à Djibouti.

La responsabilité de l'artiste, qui implique qu'il ait toute liberté d'expression sans que lui soit imposés un cadre et des limites, est tout à la fois de témoigner du passé et du présent.

Face aux spectateurs que nous sommes, il est un témoin décrivant les coutumes, les croyances, la langue, les idées, les goûts esthétiques et la connaissance technique que l'organisation de l'environnement total de l'homme et de la femme, c'est-à-dire la culture matérielle, les outils, l'habitat et plus généralement tout l'ensemble technologique transmissible régulant les rapports et les comportements d'un groupe social avec l'environnement.

C'est à une véritable constellation de mots, d'images, d'objets façonnés par l'être humain qu'il nous invite à voir émerger soit en se coupant du passé, soit en s'inspirant de lui pour perpétuer ses traditions et nos racines.

Cette liberté de choix et de ce qu'il exprime est un droit inaliénable de l'artiste que nul ne peut lui concéder même s'il dérange le pouvoir et ses excès ; c'est par là aussi que commence la Démocratie !.

La plus méprisable des attitudes est celle qu'aujourd'hui Mme Kadra Mahamoud Haïd oppose à un homme, à un artiste de renom M GORAYEH en l'ayant fait emprisonner à Gabode avec l'aval de M Ismaël Omar Guelleh.

Quel fut le tort de M GORAYEH si ce n'était d'exprimer tout haut ce que les populations djiboutiennes, toutes tribus confondues, pensent mais n'osent dire par crainte d'être incarcérées ?.

La mainmise qu'exerce aujourd'hui celle qui se considère comme étant " l'Impératrice de Djibouti " l'amène à contraindre tous les serviteurs de l'Etat actuel à ses quatre volontés après s'être constitué sa propre troupe de " mercenaires " ; en profitant des effets de la grave maladie et incurable dont souffre M Ismaël Omar Guelleh.

 

Face à ce déplorable acte coercitif et d'atteinte à la liberté d'expression, au nom des populations djiboutiennes et de l'opposition politique nous offrons aujourd'hui à M GORAYEH et à sa famille aide et assistance ainsi que la défense de leurs droits devant les instances internationales.

Les membres de sa famille sont invités à nous contacter dans les meilleurs délais afin que l'on puisse ensemble porter cette affaire sur le plan international en exigeant la libération immédiate de M GORAYEH.

 

Conscients des conséquences de sa grave maladie et de ses effets à court terme, nous invitons M Ismaël Omar Guelleh à prendre dans les meilleurs délais toutes les mesures et les dispositions nécessaires dans le cadre de son retrait de toutes ses fonctions et dans l'intérêt des populations djiboutiennes.

Nous attirons son attention sur les conséquences qui y sont liées et aux risques inhérents de déstabilisation s'il venait à disparaître subitement ce qui pourrait entraîner un soulèvement des populations de notre pays.

Nous lui demandons la libération immédiate et sans condition d'aucune sorte de M GORAYEH et que cessent toutes les pressions administratives exercées à son encontre et sur décision de Mme Kadra Mahamoud Haïd,

Les populations djiboutiennes souffrent des effets d'une crise économique, sociale et politique comme des excès qui dépassent de loin ce qui peut en être écrit et dont font démonstration au quotidien Mme Kadra Mahamoud Haïd et ses frères.

  • De par son tribalisme d'un autre âge et son sectarisme,

  • de par son implication dans tous les trafics d'enfants qu'elle dirige à partir de Djibouti vers l'Europe et les pays du Nord,

  • de par ses démonstrations insultantes de richesses et d'excès en tous genres qu'elle ne se prive pas d'étaler lors des folles nuits dans les Palaces parisiens comme au Canada et hors de nos frontières et qui dépassent de loin les limites de la bienséance,

  • de par le fait qu'elle entretient à coup de dizaines de millions de FD une pléthorique Cour de femmes et d'hommes sur les finances publiques de l'Etat,

  • de par l'ignorance et le dédain dans lequel elle tient, les femmes et les mères de familles djiboutiennes qu'elle tente de mystifier par des discours et des images édulcorées,

  • de par ses actes indignes et sanguinaires perpétrés contre ceux et celles qui s'opposent à ces excès et qu'elle fait soit exécuter en toute discrétion par ses " mercenaires " soit fait emprisonner sur sa seule décision ,

  • de par ses manœuvres actuelles pour tenter de récupérer tous les pouvoirs le moment venu,

en conséquence de quoi lui réfutant le droit actuel de Première dame du pays,

les populations djiboutiennes lui sont fondamentalement opposées et interdiraient qu'il puisse être envisagé qu'elle joue un quelconque rôle politique dans l'avenir de notre pays.

 

M Mohamed Saleh Alhoumékani
Porte parole du Gouvernement en Exil de Djibouti.

 

 

 

 


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