Lettre
ouverte
de M Mohamed Saleh Alhoumékani
adressée
-
aux
populations djiboutiennes,
-
à
M GORAYEH et aux membres de sa famille,
-
à
M Ismaël Omar Guelleh,
Au niveau
de la réflexion morale et politique, la liberté de l'artiste
comme celle du journaliste, de l'écrivain n'est plus seulement
un caractère qui distingue certaines actions d'autres actions
connues pour être non libres.
Ces termes
de liberté de l'artiste désignent une tâche, une
exigence, une valeur, bref quelque chose qui doit être et qui
n'est pas encore dans notre pays.
Si la
création d'une Journée de l'Artiste est une nécessitée
car permettant de maintenir à nos diverses cultures qui se
conjuguent ensemble avec leur place dans notre société,
ceci nous oblige à accepter
que chacune et chacun de ces artistes puisse s'exprimer librement
sans les contraindre et sans acheter leur silence sous diverses formes.
Réfléchir
sur la liberté de l'Artiste ce n'est pas que procéder
à une distribution de décorations afin de l'honorer,
c'est avoir le courage de réfléchir sur les conditions
de la réalisation de sa liberté dans la vie courante,
dans ce qu'il représente dans l'histoire de l'art et de la
culture et au plan des institutions.
On
ne peut tout à la fois prétendre donner à la
culture sa véritable place et simultanément la faire
emprisonner sous le prétexte qu'elle dénonce des excès.
Replacé
dans notre contexte, le mot "liberté" des Arts et
de la Culture se rencontre volontiers au pluriel : on
parlera des "libertés" d'expression artistiques mais
aussi civiles et politiques par rapport au pouvoir car c'est aussi
au sein de notre société actuelle que cette liberté
y puise aussi ses sujets.
Par ces
libertés on concédera à l'artiste des droits
de faire, qui n'existent que s'ils sont véritablement reconnus
par le pouvoir en place ce qui, hélas, n'est point le cas à
Djibouti.
La
responsabilité de l'artiste, qui implique qu'il ait toute liberté
d'expression sans que lui soit imposés un cadre et des limites,
est tout à la fois de témoigner du passé et du
présent.
Face
aux spectateurs que nous sommes, il est un témoin décrivant
les coutumes, les croyances, la langue, les idées, les goûts
esthétiques et la connaissance technique que l'organisation
de l'environnement total de l'homme et de la femme, c'est-à-dire
la culture matérielle, les outils, l'habitat et plus généralement
tout l'ensemble technologique transmissible régulant les rapports
et les comportements d'un groupe social avec l'environnement.
C'est
à une véritable constellation de mots, d'images, d'objets
façonnés par l'être humain qu'il nous invite à
voir émerger soit en se coupant du passé, soit en s'inspirant
de lui pour perpétuer ses traditions et nos racines.
Cette
liberté de choix et de ce qu'il exprime est un droit inaliénable
de l'artiste que nul ne peut lui concéder même s'il dérange
le pouvoir et ses excès ; c'est par là aussi que commence
la Démocratie !.
La
plus méprisable des attitudes est celle qu'aujourd'hui Mme
Kadra Mahamoud Haïd oppose à un homme, à un artiste
de renom M GORAYEH en l'ayant fait emprisonner à Gabode avec
l'aval de M Ismaël Omar Guelleh.
Quel
fut le tort de M GORAYEH si ce n'était d'exprimer tout haut
ce que les populations djiboutiennes, toutes tribus confondues, pensent
mais n'osent dire par crainte d'être incarcérées
?.
La mainmise
qu'exerce aujourd'hui celle qui se considère comme étant
" l'Impératrice de Djibouti " l'amène à
contraindre tous les serviteurs de l'Etat actuel à ses quatre
volontés après s'être constitué sa propre
troupe de " mercenaires " ; en profitant
des effets de la grave maladie et incurable dont souffre M Ismaël
Omar Guelleh.
Face
à ce déplorable acte coercitif et d'atteinte à
la liberté d'expression, au nom des populations djiboutiennes
et de l'opposition politique nous offrons aujourd'hui à M GORAYEH
et à sa famille aide et assistance ainsi que la défense
de leurs droits devant les instances internationales.
Les membres
de sa famille sont invités à nous contacter dans les
meilleurs délais afin que l'on puisse ensemble porter cette
affaire sur le plan international en exigeant la libération
immédiate de M GORAYEH.
Conscients
des conséquences de sa grave maladie et de ses effets à
court terme, nous invitons M Ismaël Omar Guelleh à prendre
dans les meilleurs délais toutes les mesures et les dispositions
nécessaires dans le cadre de son retrait de toutes ses fonctions
et dans l'intérêt des populations djiboutiennes.
Nous
attirons son attention sur les conséquences qui y sont liées
et aux risques inhérents de déstabilisation s'il venait
à disparaître subitement ce qui pourrait entraîner
un soulèvement des populations de notre pays.
Nous
lui demandons la libération immédiate et sans condition
d'aucune sorte de M GORAYEH et que cessent toutes les pressions administratives
exercées à son encontre et sur décision de Mme
Kadra Mahamoud Haïd,
Les populations
djiboutiennes souffrent des effets d'une crise économique,
sociale et politique comme des excès qui dépassent de
loin ce qui peut en être écrit et dont font démonstration
au quotidien Mme Kadra Mahamoud Haïd et ses frères.
-
De
par son tribalisme d'un autre âge et son sectarisme,
-
de
par son implication dans tous les trafics d'enfants qu'elle dirige
à partir de Djibouti vers l'Europe et les pays du Nord,
-
de
par ses démonstrations insultantes de richesses et d'excès
en tous genres qu'elle ne se prive pas d'étaler lors des
folles nuits dans les Palaces parisiens comme au Canada et hors
de nos frontières et qui dépassent de loin les limites
de la bienséance,
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de
par le fait qu'elle entretient à coup de dizaines de millions
de FD une pléthorique Cour de femmes et d'hommes sur les
finances publiques de l'Etat,
-
de
par l'ignorance et le dédain dans lequel elle tient, les
femmes et les mères de familles djiboutiennes qu'elle tente
de mystifier par des discours et des images édulcorées,
-
de
par ses actes indignes et sanguinaires perpétrés
contre ceux et celles qui s'opposent à ces excès
et qu'elle fait soit exécuter en toute discrétion
par ses " mercenaires " soit fait emprisonner sur sa
seule décision ,
-
de
par ses manuvres actuelles pour tenter de récupérer
tous les pouvoirs le moment venu,
en
conséquence de quoi lui réfutant le droit actuel de
Première dame du pays,
les
populations djiboutiennes lui sont fondamentalement opposées
et interdiraient qu'il puisse être envisagé qu'elle joue
un quelconque rôle politique dans l'avenir de notre pays.
M
Mohamed Saleh Alhoumékani
Porte parole du Gouvernement en Exil de Djibouti.