Notre projet pour Djibouti
Dernière modification : le 19-Déc-2006 18:35 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

 

Volet N°1 - La population djiboutienne face à l'insécurité

Les chiffres sont là pour le démontrer, la sécurité dans le pays s'est considérablement détériorée dès les années 90 et notamment depuis la crise avec le F.R.U.D.

Ce phénomène ne saurait être le fait des Afars, qui font partie intégrante de la Nation djiboutienne, mais la conséquence d'une volonté de falsification des vérités et des manipulations en tous genres dont Ismaël Omar Guelleh est passé maître en la matière depuis 1980.

Chacun connaît ses pratiques, on ne peut que s'étonner qu'elles aient perduré aussi longtemps et reçu parfois le cautionnement d'hommes politiques locaux plus enclins à conforter leurs avoirs financiers et leurs biens immobiliers qu'à s'opposer aux flagrantes manipulations du dictateur sanguinaire.

En jetant le discrédit sur telle ou telle tribu ou ethnie Ismaël Omar a toujours entretenu les tribalismes mettant tout en œuvre pour les opposer les uns aux autres.C'est la méthode de division et d'opposition fomentée de l'un contre l'autre, c'est la méthode qu'employa Staline pour contraindre.

Suivant le principe que l'on ne peut tromper tout le monde tout le temps, les Afars, les Issas, les Somalis, les Yéménites et les minorités ethniques qui sont en droit d'exiger leur appartenance à la Nation djiboutienne ont mis un certain temps à comprendre que les conflits interethniques dans lesquels il n'a de cesse de les entraîner ont eu un effet catastrophique pour toutes les composantes du peuple djiboutien mais aussi pour l'avenir du pays sous sa forme actuelle.

Le stratagème d'Ismaël Omar Guelleh fut de lancer, dès les années 80, un processus d'exclusion en provoquant une immigration forcée des familles et des tribus qui se sont traditionnellement opposés à lui puis de les remplacer au fur et à mesure de leur migration ou de leur exil par une population étrangère choisie par lui et suivant des critères qui lui sont propres.Il suffit de voir ce qu'il se passe dans la capitale comme à Tadjourah pour bien comprendre cette exclusion voulue par IOG.

Comment expliquer que plus de 20 % de la jeunesse djiboutienne vive à l'étranger ?.

Tout incite cette jeunesse à quitter le pays, encore faut-il qu'elle en ait les moyens ; certains n'hésitent pas à ce sacrifice pour affronter d'autres difficultés dans des pays d'accueil à plus de 6000 km de la terre de leurs ancêtres.

Ceux-là ont, pour le moins, la vie sauve et peuvent dénoncer en toute liberté toutes les exactions et les violations aux droits de l'humain dont le peuple djiboutien est la victime sur " l'autel de l'indifférence des nations dites civilisées ".

Peuple pacifique par nature, ayant pleine conscience de ce que furent les difficultés d'existence de leurs ancêtres nomades, les ethnies et les tribus qui composent la Nation djiboutienne ont toujours respecté les séculaires traditions d'accueil pour autant que les étrangers ne tentent pas de les exclure du pays.

Qu'elles soient immigrées d'Ethiopie, de Somalie, d'Erythrée, du Yémen ou d'ailleurs la grande majorité de ces familles étrangères se sont intégrées pacifiquement au pays, y ont fait souche parfois depuis des générations ; créant souvent des activités commerciales et des entreprises sources d'emplois.

 

 

Etat des lieux

L'Insécurité à laquelle est confrontée le peuple djiboutien avec, comme nous l'avons souligné, une forte recrudescence de tous les délits depuis les années 90 tient à deux facteurs différents qui ont un dénominateur commun.

- Le premier facteur d'insécurité est par évidence la conséquence directe d'un fort taux de chômage que subit de manière endémique la jeunesse vivant dans le pays.
Les possibilités de trouver un emploi étant quasiment nulles auxquelles il convient d'ajouter l'absence de structures familiales et religieuses, facteurs d'équilibre, mais aussi l'absence d'une véritable politique gouvernementale en faveur de la jeunesse, une minorité des jeunes vivant dans le pays commet des actes contraires aux règles habituelles de la sociabilité, ceux-ci s'étendent de l'impolitesse à des délits pénalement punissables.

- Le second facteur d'insécurité résulte de la présence à Djibouti d'une autre minorité constituée de jeunes étrangers qui ont franchi les frontières du pays en toute illégalité, avec la caution d'Ismaël Omar Guelleh et qui se sont constitués en " bandes organisées " écumant les quartiers de la capitale.
Cette minorité est la principale source de délits en tous genres qui vont du vol avec agression physique au meurtre en passant par le viol….
Ces bandes qui sont connues des services de sécurité, citons entre-autres les " 12 salopards " et les " 45 lions ", ne sont nullement poursuivies par la Justice djiboutienne et agissent en toute impunité.
Elles paient un tribut à leur " protecteur ".

Le dénominateur commun à cette délinquance est, d'une part, qu'en maintenant un régime dictatorial à Djibouti, Ismaël Omar ne favorise en aucun moment les possibilités d'implantation et d'investissements d'entreprises djiboutiennes ou étrangères créatrices d'emplois donc d'embauches locales de jeunes djiboutiens, d'autre part, c'est que dans sa stratégie de la "psychose" dont il se sert pour percevoir des aides externes, il entretient sciemment un climat d'insécurité en favorisant les exactions des " bandes organisées " qu'il lance épisodiquement sur tel ou tel Quartier de la capitale au point que certains djiboutiens qui y demeurent n'osent plus sortir la nuit, voire déménagent vers d'autres Quartiers.

Au-delà des chiffres concernant la mesure de la délinquance et des faits délictueux connus, spécifiques à la ville de Djibouti et dont la presse locale ne se fait que trop rarement l'écho, chacun peut constater l'augmentation d'un fort sentiment d'insécurité au sein de la population Djiboutienne mais aussi occidentale et européenne.

Ces agissements sont définis, entre autres, comme des actes contraires aux règles habituelles de la sociabilité, ceux-ci s'étendent de l'impolitesse à des comportements pénalement punissables.

Face à cette situation, qui n'est pas exclusive à Djibouti mais qui ne pourrait trouver sa justification dans une " absence " de politique gouvernementale en matière d'Education- Sécurité, comment l'Etat pourrait-il gérer des problèmes d'incivisme et de délits mineurs alors qu'il démontre son incapacité chronique voire sa volonté persistante à ne pas gérer des situations bien plus graves ?.

Lorsque l'on a saisi pleinement la stratégie d'Ismaël Omar Guelleh plus enclin à tendre la main vers les bailleurs de fonds étrangers qu'à tenter de solutionner des difficultés qu'il a volontairement produites, on comprend que le " personnage " n'est pas prêt de tuer la " poule aux œufs d'or " qui alimente ses comptes bancaires en Italie et en Suisse notamment.

 

 

Le " Contrat Educatif et de Sécurité ",
une réponse aux incivilités et à la délinquance

Par comparaison avec qu'il s'est fait sous la présidence d'Hassan Gouled et sous le régime d'Ismaël Omar Guelleh, le Gouvernement en exil de Djibouti a un tout autre concept et approche de ce qu'il conviendrait de mettre en œuvre afin de tenter de résoudre les problèmes d'incivismes et de petite et de moyenne délinquance.

Nous aborderons dans un autre dossier spécifique les mesures que nous préconisons d'appliquer pour s'attaquer à la résolution des problèmes posés par les " bandes organisées ", que nous assimilons à de la " grande délinquance ", véritables fléaux qui sévissent en toute impunité, de jour comme de nuit et notamment dans la capitale.

Cet accroissement de la délinquance, des incivilités les plus diverses et, entre autres, d'un "commerce de stupéfiants" installé à deux pas de nos maisons et de nos enfants et dans nos écoles n'est, pour le pouvoir en place et une fois encore, que l'opportunité de solliciter des Aides de ses partenaires extérieures et des organismes internationaux sans proposer un programme cohérent de mesures susceptibles de répondre à toutes ces formes de délinquance.

Pour ce qui concerne plus spécifiquement la population de jeunes djiboutiens et d'étrangers en situation régulière et qui commettent des délits mineurs, nous considérons que l'on ne peut chasser la jeunesse devant soi car ce serait commettre une erreur fondamentale que de penser qu'il faille tout résoudre par l'a posteriori et en se focalisant sur des actions à vocation exclusivement répressive pour résoudre un problème de société.

Une simple question à laquelle il est aisé de répondre.

Existe t-il en notre République un Ministre ayant en charge spécifiquement le dossier
" PREVENTION et SECURITE des personnes et des biens" ?

la réponse est NON … chacun a un avis mais nul n'agit - sur le fond - ce qui démontre, une fois encore, la dilution des implications donc l'irresponsabilité chronique de l'Etat.

Dans une situation de catastrophe économique il ne suffit pas de solliciter des aides financières externes à Djibouti, encore faudrait-il définir, en préalable et en concertation avec tous les acteurs éducatifs de sécurité, un véritable programme, le mettre en œuvre, l'adapter et le modifier si nécessaire à partir d'un suivi en temps réel sur le terrain ; enfin établir un bilan objectif.

Comme nous l'avons précisé plus avant, le rôle d'un Contrat local Educatif et de Sécurité n'est pas de répondre à l'ensemble des enjeux de sûreté et en particulier pas de traiter de la grande délinquance où l'Etat est seul compétent.

En revanche, il peut être une approche concrète pour contribuer, par des actions conjuguées, à résoudre les problèmes de " Sécurité de proximité " dans nos quartiers, dans chaque village et dans chaque ville du pays.

1. Un Constat :

Une analyse démontre que les mesures de Lutte contre la délinquance, prises et appliquées au niveau d'un Quartier pourraient avoir comme conséquence un " déplacement des problèmes ".
Ce phénomène de " déplacement - glissement " de la délinquance d'un Quartier à l'autre confirme combien il est nécessaire de définir un Contrat Local par Quartier mais aussi et surtout de mener toutes les actions de concert dans tous les Quartiers concernés.

2. Le Contrat global Educatif et de Sécurité proposé a un objectif triple :

- définir et appliquer une réelle démarche associée entre tous les acteurs locaux du monde éducatif impliqués à divers niveaux,

- permettre, par un redéploiement des moyens existants ou à créer, de générer les conditions optimales d'une coordination d'ensemble répondant efficacement à la délinquance,

- face à un " Immobilisme apathique " qui sévit depuis de trop nombreuses années au sein de l'Etat djiboutien, il s'agit de créer au plus tôt toutes les conditions pour faire décroître de manière effective l'insécurité et par conséquent le sentiment de danger que chacune et chacun d'entre-nous exprime au quotidien.

3. Architecture du Contrat global Educatif et de Sécurité :

Appréhender l'ensemble des problèmes à l'échelle de la ville de Djibouti doit nécessairement passer par la prise en compte des difficultés spécifiques à chacun de ses quartiers.

C'est pour cette raison que le " Contrat global Educatif et de Sécurité " de Djibouti ville devra être un " Contrat cadre " définissant très précisément les règles du jeu des uns, des unes et des autres, au sein d'une Organisation et d'une Responsabilité d'ensemble assumées par la Municipalité de Djibouti.

4. Contrat local d'Education-Sécurité - les différentes phases :

Avant d'élargir la démarche à un Contrat Educatif et de Sécurité à l'échelle nationale, il conviendra de passer par différentes phases intermédiaires dans chaque quartier de la capitale puis dans chaque village et ville du pays permettant ainsi d'obtenir une adéquation entre son contenu et les objectifs à atteindre dans tous les domaines de la Lutte contre la délinquance.

4.1 - Première phase : Rassembler pour un Partenariat énergique.

L'élaboration du Contrat global Educatif et de Sécurité pour la ville de Djibouti doit nécessairement se développer à partir d'un Comité Local de Pilotage intégrant divers groupes de travail et rassemblant l'ensemble des partenaires concernés par la sûreté dans chaque quartier.

- Chef de Quartier (élu démocratiquement et non désigné),

- Justice,

- Police nationale,

- Gendarmerie nationale,

- Représentants de la Direction de l'Equipement,

- Enseignants, représentants de l'Education nationale et de Parents d'élèves,

- Parents, adultes et jeunes faisant acte de volontariat,

- Représentants des Associations locales (éducation jeunesse- familiales….)

- Représentants des entreprises privées, des commerces installés dans le quartier.

4.2 - Seconde phase : Etablir un diagnostic, quartier par quartier.

L'ensemble des partenaires concernés par l'Education et la Sécurité doit mener une large réflexion quant à l'établissement d'un diagnostic non exhaustif, quartier par quartier.

Il s'agira de mettre en évidence toutes les difficultés liées à la délinquance mais aussi de recenser tous les risques concernant toutes les infrastructures, les routes et les voies de communication.

4.3 - Troisième phase : Définition du contenu du Contrat et des moyens à mettre en œuvre. Le rôle de chacun.

Après établissement du diagnostic, les partenaires devront nécessairement s'attacher à définir le contenu précis du Contrat local Educatif et de Sécurité ainsi que le rôle dévolu à chacune et à chacun, y compris aux plus jeunes qui devront être directement impliqués dans ce Contrat d'avenir.

Le contenu dudit contrat se déclinera à partir d'un échéancier quant aux possibilités réalisables à très court terme et celles qu'il conviendra de différer à moyen terme après obtention des moyens nécessaires à leur concrétisation.

4.4 - Quatrième phase : Evaluation du Contrat local Educatif et de Sécurité.

Le Contrat local Educatif et de Sécurité étant activé, il deviendra impératif d'en faire l'analyse d'évaluation en temps réel et éventuellement d'en adapter ou de modifier son contenu afin d'obtenir une bonne adéquation entre les résultats obtenus et les divers objectifs à atteindre.

5. Contrat national Educatif et de Sécurité

Comme cela a été constaté, le phénomène " d'import-export " de la délinquance doit conduire à ne pas traiter exclusivement le problème d'Educatif et de Sécurité à l'échelle du quartier, du village ou de la ville.

C'est à partir d'un Contrat local d'Educatif et de Sécurité, impliquant une obligation de résultats au niveau de chaque Quartier et dans tous les domaines que l'on pourra ensuite se diriger vers un nécessaire élargissement à d'autres villages et villes afin de mettre en œuvre une politique globale prenant en considération la diversité des spécificités locales.

 

 

Les enjeux pour Djibouti ville

 

Si l'on effectue un diagnostic en matière de Sécurité on constate que chaque quartier est confronté, parfois à des échelles différentes, aux mêmes difficultés que rencontre la population djiboutienne ou vivant dans le pays.

Il s'agit donc pour l'ensemble des partenaires locaux concernés par la sûreté dans la chaque quartier de la capitale d'établir dans un premier temps un recensement des grands enjeux et de mettre en œuvre un programme d'actions puis de rechercher au travers de l'inter quartier des réponses aux difficultés collectives.
Une première approche du sujet permet d'exprimer très succinctement 10 enjeux.

Par principe admis le Commissaire de la République est Responsable de la mise en action des élus et des Chefs de Quartiers

ENJEU N°1.

- Le bureau du Quartier chargé du Traitement des Incivilités.

- La permanence de l'Accueil des plaignants - La prise en compte.

ENJEU N°2.

- Une Gendarmerie, une Police et une Justice de proximité.

ENJEU N°3.

- Prévenir les incivilités.

- Avec les jeunes, définition d'une réelle " Politique jeunesse ".

- Lutte contre les dégradations de toutes sortes aux domaines public et privé.

ENJEU N°4.

- Favoriser la Sécurité de l'habitat et de la propriété individuelle.

ENJEU N°5.

- Mobiliser le secteur éducatif.

- Prévenir la délinquance des jeunes. Education à la citoyenneté.

- Le rôle éducatif des parents " Premiers responsables " de leurs enfants.

ENJEU N°6.

- Lutte contre la toxicomanie.

- La Protection des enfants et des personnes vulnérables - La Prévention.

ENJEU N°7.

- Favoriser l'Education et la Sécurité dans les installations sportives

ENJEU N°8.

- Aménager les espaces publics, la traversée des Quartiers, trottoirs, ruelles et rues.

- Mesures spécifiques en faveur de l'amélioration de l'incivilité et l'insécurité.

- Dispositions en faveur de la circulation pédestre et non motorisée,
de jour comme de nuit sur l'ensemble de chaque quartier.

ENJEU N°9.

- Mettre en œuvre un Contrat local Educatif et de Sécurité qui est " l'affaire de tous " avec un Contrat d'évaluation en cours d'application et d'objectifs.

ENJEU N°10.

- Elargissement du Contrat local Educatif et Sécurité vers un Contrat inter quartier en partenariat avec d'autres quartiers de la capitale.



 

" La sûreté est pour l'édifice de la République de Djibouti le socle nécessaire à l'exercice de toutes les libertés. C'est le premier droit de la citoyenne et du citoyen.

C'est la première mission de l'Etat.

Il ne peut y avoir de libertés pour nos concitoyennes et concitoyens, individuelles ou collectives, si leur sécurité n'est pas garantie.
La sécurité des personnes et des biens doit être assurée pour tous et partout. "

 

 

Elaboration et rédaction. "Commission Sécurité - Protection des personnes et des Biens" dirigée par M Bouh WARSAMA. Bruxelles (Belgique) - Juillet 2001.

Modifié le 19 décembre 2006.