


Volet
N°1 - La population djiboutienne
face à l'insécurité
Les
chiffres sont là pour le démontrer, la sécurité dans
le pays s'est considérablement détériorée dès
les années 90 et notamment depuis la crise avec le F.R.U.D.
Ce phénomène
ne saurait être le fait des Afars, qui font partie intégrante de
la Nation djiboutienne, mais la conséquence d'une volonté de falsification
des vérités et des manipulations en tous genres dont Ismaël
Omar Guelleh est passé maître en la matière depuis 1980.
Chacun connaît
ses pratiques, on ne peut que s'étonner qu'elles aient perduré aussi
longtemps et reçu parfois le cautionnement d'hommes politiques locaux plus
enclins à conforter leurs avoirs financiers et leurs biens immobiliers
qu'à s'opposer aux flagrantes manipulations du dictateur sanguinaire.
En jetant le
discrédit sur telle ou telle tribu ou ethnie Ismaël Omar a toujours
entretenu les tribalismes mettant tout en uvre pour les opposer les uns
aux autres.C'est la méthode de division et d'opposition fomentée
de l'un contre l'autre, c'est la méthode qu'employa Staline pour contraindre.
Suivant le principe
que l'on ne peut tromper tout le monde tout le temps, les Afars, les Issas, les
Somalis, les Yéménites et les minorités ethniques qui sont
en droit d'exiger leur appartenance à la Nation djiboutienne ont mis un
certain temps à comprendre que les conflits interethniques dans lesquels
il n'a de cesse de les entraîner ont eu un effet catastrophique pour toutes
les composantes du peuple djiboutien mais aussi pour l'avenir du pays sous sa
forme actuelle.
Le
stratagème d'Ismaël Omar Guelleh fut de lancer, dès les années
80, un processus d'exclusion en provoquant une immigration forcée des familles
et des tribus qui se sont traditionnellement opposés à lui puis
de les remplacer au fur et à mesure de leur migration ou de leur exil par
une population étrangère choisie par lui et suivant des critères
qui lui sont propres.Il suffit de voir ce qu'il se passe dans la capitale comme
à Tadjourah pour bien comprendre cette exclusion voulue par IOG.
Comment
expliquer que plus de 20 % de la jeunesse djiboutienne vive à l'étranger
?.
Tout
incite cette jeunesse à quitter le pays, encore faut-il qu'elle en ait
les moyens ; certains n'hésitent pas à ce sacrifice pour affronter
d'autres difficultés dans des pays d'accueil à plus de 6000 km de
la terre de leurs ancêtres.
Ceux-là
ont, pour le moins, la vie sauve et peuvent dénoncer en toute liberté
toutes les exactions et les violations aux droits de l'humain dont le peuple djiboutien
est la victime sur " l'autel de l'indifférence des nations dites civilisées
".
Peuple
pacifique par nature, ayant pleine conscience de ce que furent les difficultés
d'existence de leurs ancêtres nomades, les ethnies et les tribus qui composent
la Nation djiboutienne ont toujours respecté les séculaires traditions
d'accueil pour autant que les étrangers ne tentent pas de les exclure du
pays.
Qu'elles
soient immigrées d'Ethiopie, de Somalie, d'Erythrée, du Yémen
ou d'ailleurs la grande majorité de ces familles étrangères
se sont intégrées pacifiquement au pays, y ont fait souche parfois
depuis des générations ; créant souvent des activités
commerciales et des entreprises sources d'emplois.

Etat
des lieux
L'Insécurité
à laquelle est confrontée le peuple djiboutien avec, comme nous
l'avons souligné, une forte recrudescence de tous les délits depuis
les années 90 tient à deux facteurs différents qui ont un
dénominateur commun.
-
Le premier facteur d'insécurité est par évidence la conséquence
directe d'un fort taux de chômage que subit de manière endémique
la jeunesse vivant dans le pays.
Les possibilités de trouver un emploi
étant quasiment nulles auxquelles il convient d'ajouter l'absence de structures
familiales et religieuses, facteurs d'équilibre, mais aussi l'absence d'une
véritable politique gouvernementale en faveur de la jeunesse, une minorité
des jeunes vivant dans le pays commet des actes contraires aux règles habituelles
de la sociabilité, ceux-ci s'étendent de l'impolitesse à
des délits pénalement punissables.
-
Le second facteur d'insécurité résulte de la présence
à Djibouti d'une autre minorité constituée de jeunes étrangers
qui ont franchi les frontières du pays en toute illégalité,
avec la caution d'Ismaël Omar Guelleh et qui se sont constitués en
" bandes organisées " écumant les quartiers de la capitale.
Cette minorité est la principale source de délits en tous genres
qui vont du vol avec agression physique au meurtre en passant par le viol
.
Ces bandes qui sont connues des services de sécurité, citons entre-autres
les " 12 salopards " et les " 45 lions ", ne sont nullement
poursuivies par la Justice djiboutienne et agissent en toute impunité.
Elles paient un tribut à leur " protecteur ".
Le
dénominateur commun à cette délinquance est, d'une part,
qu'en maintenant un régime dictatorial à Djibouti, Ismaël Omar
ne favorise en aucun moment les possibilités d'implantation et d'investissements
d'entreprises djiboutiennes ou étrangères créatrices d'emplois
donc d'embauches locales de jeunes djiboutiens, d'autre part, c'est que dans sa
stratégie de la "psychose" dont il se sert pour percevoir des
aides externes, il entretient sciemment un climat d'insécurité en
favorisant les exactions des " bandes organisées " qu'il lance
épisodiquement sur tel ou tel Quartier de la capitale au point que certains
djiboutiens qui y demeurent n'osent plus sortir la nuit, voire déménagent
vers d'autres Quartiers.
Au-delà
des chiffres concernant la mesure de la délinquance et des faits délictueux
connus, spécifiques à la ville de Djibouti et dont la presse locale
ne se fait que trop rarement l'écho, chacun peut constater l'augmentation
d'un fort sentiment d'insécurité au sein de la population Djiboutienne
mais aussi occidentale et européenne.
Ces
agissements sont définis, entre autres, comme des actes contraires aux
règles habituelles de la sociabilité, ceux-ci s'étendent
de l'impolitesse à des comportements pénalement punissables.
Face à
cette situation, qui n'est pas exclusive à Djibouti mais qui ne pourrait
trouver sa justification dans une " absence " de politique gouvernementale
en matière d'Education- Sécurité, comment l'Etat pourrait-il
gérer des problèmes d'incivisme et de délits mineurs alors
qu'il démontre son incapacité chronique voire sa volonté
persistante à ne pas gérer des situations bien plus graves ?.
Lorsque l'on
a saisi pleinement la stratégie d'Ismaël Omar Guelleh plus enclin
à tendre la main vers les bailleurs de fonds étrangers qu'à
tenter de solutionner des difficultés qu'il a volontairement produites,
on comprend que le " personnage " n'est pas prêt de tuer la "
poule aux ufs d'or " qui alimente ses comptes bancaires en Italie et
en Suisse notamment.

Le
" Contrat Educatif et de Sécurité ",
une
réponse aux incivilités et à la délinquance
Par comparaison
avec qu'il s'est fait sous la présidence d'Hassan Gouled et sous le régime
d'Ismaël Omar Guelleh, le Gouvernement en exil de Djibouti a un tout autre
concept et approche de ce qu'il conviendrait de mettre en uvre afin de tenter
de résoudre les problèmes d'incivismes et de petite et de moyenne
délinquance.
Nous
aborderons dans un autre dossier spécifique les mesures que nous préconisons
d'appliquer pour s'attaquer à la résolution des problèmes
posés par les " bandes organisées ", que nous assimilons
à de la " grande délinquance ", véritables fléaux
qui sévissent en toute impunité, de jour comme de nuit et notamment
dans la capitale.
Cet
accroissement de la délinquance, des incivilités les plus diverses
et, entre autres, d'un "commerce de stupéfiants" installé
à deux pas de nos maisons et de nos enfants et dans nos écoles n'est,
pour le pouvoir en place et une fois encore, que l'opportunité de solliciter
des Aides de ses partenaires extérieures et des organismes internationaux
sans proposer un programme cohérent de mesures susceptibles de répondre
à toutes ces formes de délinquance.
Pour
ce qui concerne plus spécifiquement la population de jeunes djiboutiens
et d'étrangers en situation régulière et qui commettent des
délits mineurs, nous considérons que l'on ne peut chasser la jeunesse
devant soi car ce serait commettre une erreur fondamentale que de penser qu'il
faille tout résoudre par l'a posteriori et en se focalisant sur
des actions à vocation exclusivement répressive pour résoudre
un problème de société.
Une
simple question à laquelle il est aisé de répondre.
Existe
t-il en notre République un Ministre ayant en charge spécifiquement
le dossier
" PREVENTION et SECURITE des personnes et des biens"
?
la
réponse est NON
chacun a un avis mais nul n'agit - sur le fond -
ce qui démontre, une fois encore, la dilution des implications donc l'irresponsabilité
chronique de l'Etat.
Dans
une situation de catastrophe économique il ne suffit pas de solliciter
des aides financières externes à Djibouti, encore faudrait-il définir,
en préalable et en concertation avec tous les acteurs éducatifs
de sécurité, un véritable programme, le mettre en uvre,
l'adapter et le modifier si nécessaire à partir d'un suivi en temps
réel sur le terrain ; enfin établir un bilan objectif.
Comme
nous l'avons précisé plus avant, le rôle d'un Contrat local
Educatif et de Sécurité n'est pas de répondre à l'ensemble
des enjeux de sûreté et en particulier pas de traiter de la grande
délinquance où l'Etat est seul compétent.
En
revanche, il peut être une approche concrète pour contribuer, par
des actions conjuguées, à résoudre les problèmes de
" Sécurité de proximité " dans nos quartiers, dans
chaque village et dans chaque ville du pays.
1.
Un Constat :
Une
analyse démontre que les mesures de Lutte contre la délinquance,
prises et appliquées au niveau d'un Quartier pourraient avoir comme conséquence
un " déplacement des problèmes ".
Ce phénomène
de " déplacement - glissement " de la délinquance d'un
Quartier à l'autre confirme combien il est nécessaire de définir
un Contrat Local par Quartier mais aussi et surtout de mener toutes les
actions de concert dans tous les Quartiers concernés.
2.
Le Contrat global Educatif et de Sécurité
proposé a un objectif triple :
-
définir et appliquer une réelle démarche associée
entre tous les acteurs locaux du monde éducatif impliqués à
divers niveaux,
-
permettre, par un redéploiement des moyens existants ou à créer,
de générer les conditions optimales d'une coordination d'ensemble
répondant efficacement à la délinquance,
-
face à un " Immobilisme apathique " qui sévit depuis
de trop nombreuses années au sein de l'Etat djiboutien, il s'agit de créer
au plus tôt toutes les conditions pour faire décroître de manière
effective l'insécurité et par conséquent le sentiment de
danger que chacune et chacun d'entre-nous exprime au quotidien.
3.
Architecture du Contrat global Educatif et de Sécurité :
Appréhender
l'ensemble des problèmes à l'échelle de la ville de Djibouti
doit nécessairement passer par la prise en compte des difficultés
spécifiques à chacun de ses quartiers.
C'est
pour cette raison que le " Contrat global Educatif et de Sécurité
" de Djibouti ville devra être un " Contrat cadre " définissant
très précisément les règles du jeu des uns, des unes
et des autres, au sein d'une Organisation et d'une Responsabilité d'ensemble
assumées par la Municipalité de Djibouti.
4.
Contrat local d'Education-Sécurité - les différentes phases
:
Avant
d'élargir la démarche à un Contrat Educatif et de Sécurité
à l'échelle nationale, il conviendra de passer par différentes
phases intermédiaires dans chaque quartier de la capitale puis dans chaque
village et ville du pays permettant ainsi d'obtenir une adéquation entre
son contenu et les objectifs à atteindre dans tous les domaines de la Lutte
contre la délinquance.
4.1
- Première phase : Rassembler
pour un Partenariat énergique.
L'élaboration
du Contrat global Educatif et de Sécurité pour la ville de Djibouti
doit nécessairement se développer à partir d'un Comité
Local de Pilotage intégrant divers groupes de travail et rassemblant
l'ensemble des partenaires concernés par la sûreté dans chaque
quartier.
-
Chef de Quartier (élu démocratiquement et non désigné),
- Justice,
- Police
nationale,
-
Gendarmerie nationale,
-
Représentants de la Direction de l'Equipement,
-
Enseignants, représentants de l'Education nationale et de Parents d'élèves,
- Parents,
adultes et jeunes faisant acte de volontariat,
-
Représentants des Associations locales (éducation jeunesse- familiales
.)
- Représentants
des entreprises privées, des commerces installés dans le quartier.
4.2
- Seconde phase :
Etablir un diagnostic, quartier par quartier.
L'ensemble des
partenaires concernés par l'Education et la Sécurité doit
mener une large réflexion quant à l'établissement d'un diagnostic
non exhaustif, quartier par quartier.
Il
s'agira de mettre en évidence toutes les difficultés liées
à la délinquance mais aussi de recenser tous les risques concernant
toutes les infrastructures, les routes et les voies de communication.
4.3
- Troisième phase :
Définition du contenu du Contrat et des moyens à mettre en uvre.
Le rôle de chacun.
Après
établissement du diagnostic, les partenaires devront nécessairement
s'attacher à définir le contenu précis du Contrat local Educatif
et de Sécurité ainsi que le rôle dévolu à chacune
et à chacun, y compris aux plus jeunes qui devront être directement
impliqués dans ce Contrat d'avenir.
Le
contenu dudit contrat se déclinera à partir d'un échéancier
quant aux possibilités réalisables à très court terme
et celles qu'il conviendra de différer à moyen terme après
obtention des moyens nécessaires à leur concrétisation.
4.4
- Quatrième phase : Evaluation du Contrat local Educatif et de Sécurité.
Le Contrat local
Educatif et de Sécurité étant activé, il deviendra
impératif d'en faire l'analyse d'évaluation en temps réel
et éventuellement d'en adapter ou de modifier son contenu afin d'obtenir
une bonne adéquation entre les résultats obtenus et les divers objectifs
à atteindre.
5.
Contrat national Educatif et de Sécurité
Comme
cela a été constaté, le phénomène " d'import-export
" de la délinquance doit conduire à ne pas traiter exclusivement
le problème d'Educatif et de Sécurité à l'échelle
du quartier, du village ou de la ville.
C'est
à partir d'un Contrat local d'Educatif et de Sécurité, impliquant
une obligation de résultats au niveau de chaque Quartier et dans tous les
domaines que l'on pourra ensuite se diriger vers un nécessaire élargissement
à d'autres villages et villes afin de mettre en uvre une politique
globale prenant en considération la diversité des spécificités
locales.

Les
enjeux pour Djibouti ville
Si
l'on effectue un diagnostic en matière de Sécurité on constate
que chaque quartier est confronté, parfois à des échelles
différentes, aux mêmes difficultés que rencontre la population
djiboutienne ou vivant dans le pays.
Il
s'agit donc pour l'ensemble des partenaires locaux concernés par la sûreté
dans la chaque quartier de la capitale d'établir dans un premier temps
un recensement des grands enjeux et de mettre en uvre un programme d'actions
puis de rechercher au travers de l'inter quartier des réponses aux difficultés
collectives.
Une première approche du sujet permet d'exprimer très
succinctement 10 enjeux.
Par
principe admis le Commissaire de la République est Responsable de la mise
en action des élus et des Chefs de Quartiers
ENJEU
N°1.
-
Le bureau du Quartier chargé du Traitement des Incivilités.
- La permanence
de l'Accueil des plaignants - La prise en compte.
ENJEU
N°2.
-
Une Gendarmerie, une Police et une Justice de proximité.
ENJEU
N°3.
-
Prévenir les incivilités.
-
Avec les jeunes, définition d'une réelle " Politique jeunesse
".
-
Lutte contre les dégradations de toutes sortes aux domaines public et privé.
ENJEU
N°4.
-
Favoriser la Sécurité de l'habitat et de la propriété
individuelle.
ENJEU
N°5.
-
Mobiliser le secteur éducatif.
-
Prévenir la délinquance des jeunes. Education à la citoyenneté.
- Le rôle
éducatif des parents " Premiers responsables " de leurs enfants.
ENJEU
N°6.
-
Lutte contre la toxicomanie.
-
La Protection des enfants et des personnes vulnérables - La Prévention.
ENJEU
N°7.
-
Favoriser l'Education et la Sécurité dans les installations sportives
ENJEU
N°8.
-
Aménager les espaces publics, la traversée des Quartiers, trottoirs,
ruelles et rues.
-
Mesures spécifiques en faveur de l'amélioration de l'incivilité
et l'insécurité.
-
Dispositions en faveur de la circulation pédestre et non motorisée,
de jour comme de nuit sur l'ensemble de chaque quartier.
ENJEU
N°9.
-
Mettre en uvre un Contrat local Educatif et de Sécurité qui
est " l'affaire de tous " avec un Contrat d'évaluation en cours
d'application et d'objectifs.
ENJEU
N°10.
-
Elargissement du Contrat local Educatif et Sécurité vers un Contrat
inter quartier en partenariat avec d'autres quartiers de la capitale.

"
La sûreté est pour l'édifice de la République de Djibouti
le socle nécessaire à l'exercice de toutes les libertés.
C'est le premier droit de la citoyenne et du citoyen.
C'est
la première mission de l'Etat.
Il
ne peut y avoir de libertés pour nos concitoyennes et concitoyens, individuelles
ou collectives, si leur sécurité n'est pas garantie.
La sécurité
des personnes et des biens doit être assurée pour tous et partout.
"

Elaboration
et rédaction. "Commission Sécurité - Protection des
personnes et des Biens" dirigée par M Bouh WARSAMA. Bruxelles (Belgique)
- Juillet 2001.
Modifié
le 19 décembre 2006.