Notre projet pour Djibouti
Dernière modification : le 19-Déc-2006 18:52 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

 

Volet N°2 - Economie : redresser les comptes publics en 8 points

Nouveau : à la suite, vous trouverez le volet complémentaire mis à jour le 14 mai 2002

Le projet de redressement des comptes publics se décline suivant 8 points qui sont à mettre en œuvre concernant le budget :

1 - A propos des rentrées d'argent il s'agit de lutter contre les détournements divers effectués au niveau des plus hautes instances de l'Etat, certains membres du gouvernement, de services rattachés aux services fiscaux et par une fraction du fonctionnariat politisé.

2 - Améliorer le service de recouvrement pour engager une lutte efficace contre la fraude fiscale pratiquée par une " élite " proche du pouvoir en place,

3 - Réviser la fiscalité pour en majorer l'assiette, mais en prévoyant un régime incitatif pour la création d'entreprises - donc d'Emplois - et propice à la réalisation d'investissements directs étrangers et djiboutiens, l'élargissement de l'assiette pouvant à terme compenser largement la baisse de certains taux d'imposition,

4 - A propos des sorties d'argent il s'agit de contrôler sévèrement les comptes publics, d'appliquer un système de suivi de gestion en temps réel afin d'éviter les gaspillages et les dépenses ostentatoires de l'Etat.

5 - Instaurer et Eduquer-Former à des pratiques rigoureuses de gestion des réalisations publiques par de réels appels d'offre, et un suivi économiquement rationnel des projets ; financièrement comme dans les objectifs fixés,

6 - Désengager l'Etat de certaines productions, c'est le cas pour les Etablissements Publics Industriels et Commerciaux (situations de concurrence) avec leur privatisation partielle ou totale et le recours au système des concessions (situations de monopole) chaque fois que les conditions le permettent. Un apurement préalable des comptes sera parfois nécessaire pour les EPIC,

7 - Optimiser l'allocation des ressources par une gestion rigoureuse au service des trois priorités suivantes :

- remise en état des infrastructures,

- refonte du système éducatif,

- refonte du système de santé,

8 - Définir avec les instances financières internationales un programme d'apurement des dettes pour les ramener à un niveau économiquement et socialement supportable.

 

 

La dimension purement économique

Objectif : améliorer les grands indicateurs économiques, l'orientation générale

- Considérant les schémas d'implication sous tendus par l'équation comptable générale des emplois et ressources et compte tenu du caractère critique de la situation économique de Djibouti comme de la situation sociale et politique,

- Considérant aussi l'importance de l'aide dont le pays a pu bénéficier et posant l'hypothèse qu'un gouvernement soucieux du bien collectif devrait bénéficier d'avantages semblables de la part des bailleurs de fonds,

il apparaît qu'une amélioration des grandeurs économiques est possible par la simple instauration d'un régime nouveau et exempt des habituelles pratiques de corruption et de détournements,

cela ne saurait suffire, aussi le redressement passe t-il

par un réamorçage de la croissance, créer plus de valeur ajoutée est la première des priorités (voir plus loin les paragraphes " politiques économiques " consacrés aux secteurs tertiaire et secondaire),

- l'équilibrage des comptes commerciaux intervient ensuite, ce qui nécessite une plus grande et surtout une réelle ouverture de l'économie djiboutienne sur l'extérieur et un appel aux forces du marché,

- une attention toute particulière sera accordée à ces grandeurs financières que sont le budget, les réserves en devises et l'endettement (d'autant plus problématique en raison de l'accumulation d'arriérés),

- compte tenu de la situation sociale déjà très difficile, et de la forte croissance démographique, il n'est pas question de contraindre la consommation finale, mais un mieux est attendu du développement des ressources alimentaires locales (irrigation, pêche… voir le paragraphe relatif au secteur primaire),

- compte tenu de l'importance du défi à relever la formation de capital ne peut que difficilement subir des restrictions, il convient par contre de redéfinir les priorités, l'allocation des ressources disponibles, et d'adopter une gestion rigoureuse,

- les indicateurs du carré magique qui ne sont pas cités ci-dessus, prix et emploi, devraient connaître une amélioration du simple fait des autres grandeurs (refonte du système bancaire sous le contrôle de la banque centrale et reprise de croissance).

 

 

Susciter un redressement économique en 16 points

Concernant la création d'entreprises et l'investissement

1 - la situation géographique de Djibouti, l'exiguïté du territoire et la faible importance de sa population, malgré la faiblesse des ressources naturelles, incitent à une orientation résolument privative de l'économie, l'Etat ne devant assurer qu'un rôle de coordination, voire parfois d'initiateur, avec l'aide des instances internationales ; il y a là une opportunité sérieuse de restaurer la confiance nécessaire à l'initiative privée tant locale qu'étrangère,

2 - outre la cession au secteur privé et la lutte contre les corruptions dont il a déjà été question, il s'agit de réviser le système de droit commercial et de droit des affaires pour faciliter les investissements directs, avec la participation de fonds djiboutiens (capitaux mixtes) chaque fois que la situation le permet,

3 - réformer le système bancaire, notamment par une spécialisation (mais sans cloisonnement) : - grands projets, - crédits aux PMI et PME, - micro-crédits et crédits au système communautaire et coopératif (encouragement de la participation sociale), et par l'instauration d'un système concurrentiel, ce qui n'exclut pas un contrôle de la banque centrale aussi bien en matière d'allocation des fonds que de création monétaire.

Concernant la politique économique et le secteur primaire

4 - l'action publique, même réduite, demeure essentielle. Elle doit s'exercer dans les domaines où l'initiative privée locale des catégories sociales défavorisées est la plus facile,

5 - pour limiter l'exode rural, améliorer les conditions de vie dans les campagnes et diminuer la dépendance alimentaire nationale, il convient d'encourager la production agricole locale par : une extension de l'irrigation, une politique d'octroi de micro-crédits, un réseau de transport plus rapide des denrées vers les lieux de consommation,

6 - toujours pour diminuer la dépendance alimentaire et améliorer la qualité de la nutrition il convient de valoriser la consommation des produits de la mer (campagnes d'information, voire une politique temporaire de prix attractifs, mais il n'est pas question de déroger au principe de vérité des prix) et d'encourager l'offre par la politique d'octroi de micro-crédits (achats de matériels de pêche), sans oublier que là aussi la rapidité des transports et les conditions de stockage sont essentielles,

7 - pour l'agriculture comme pour la pêche l'encouragement des travaux communautaires et coopératifs chaque fois que cela est possible demeure essentiel pour que la population s'approprie et valorise l'action publique.

Concernant la politique économique et le secteur secondaire

8 - la création de zones franches empruntant au schéma coréen (préservation du stock en devises et acquisition d'un savoir faire), pour ce qui concerne surtout des activités fortement utilisatrices de main d'œuvre, et de zones franches traditionnelles pour les activités annexes aux activités déjà existantes dans le pays, les participations locales seront encouragées dans tous les cas,

9 - un mécanisme de transfert des savoir faire sera élaboré dès que possible en vue de son appropriation par la population, ce qui devrait encourager l'initiative privée locale (voir plus loin le paragraphe " développement humain ")

10 - Concernant Djibouti ville, ses environs et les villes côtières il s'agit de créer un pôle régional multimodes : transports maritimes - voie ferrée Ethiopie - réseau routier Ethiopie Somalie - fret aérien sur les zones enclavées (avec création de liaisons selon les opportunités). Ce sera aussi l'occasion d'encourager la croissance des activités périphériques, fortement utilisatrices de main d'œuvre,
Le multimodal sera facilité - par le recours à des conteneurs, qu'il convient d'encourager pour les marchandises qui ne sont pas en vrac, - par l'extension des capacités de stockage, - par une plus grande rapidité d'exécution des opérations de transbordement
A terme il peut se révéler nécessaire de spécialiser les zones d'accueil des marchandises et de chargement aussi bien pour le tourisme que les transports (mais pour les autres activités aussi)

La priorité est la réfection des réseaux et infrastructures (voire le doublement de certains axes - Ethiopie - Somalie…), mais sans oublier l'encouragement de l'initiative privée avec la privatisation d'une partie des activités portuaires et aéroportuaires. Une meilleure efficacité dans ces domaines doit assurer un développement de la demande provenant des pays voisins.

11 - Les services de télécommunications jouent un rôle important dans l'efficacité de l'organisation productive c'est la nécessaire extension du réseau de téléphonie mobile à l'ensemble des voies de communication et des villes de l'intérieur rénover le réseau traditionnel de téléphonie
dans ces domaines la privatisation et le partenariat avec des entreprises étrangères seront nécessaires tant pour l'acquisition de matériels performants que des savoir faire, la fiscalité jouera aussi un rôle déterminant,

12 - concernant les communications hertziennes elles devront assumer une fonction de liaison avec l'intérieur du pays et auront une vocation éducative et pédagogique, il en sera question dans le programme consacré au développement humain

Concernant la politique économique et le secteur tertiaire

13 - la situation géographique de Djibouti doit constituer un attrait pour une clientèle touristique régionale, et la richesse de certains sites est de nature à attirer une clientèle occidentale par l'instauration d'un tourisme de qualité et d'un tourisme aérien (hélicoptères mono ou biturbines),

14 - il convient de mener une politique active de promotion des séjours de qualité, en favorisant un partenariat avec les grands tours opérateurs pour la réalisation de projets, une fiscalité adaptée si nécessaire, ainsi qu'une politique spécifique de prêts en vue de favoriser la participation djiboutienne,

15 - la valorisation pourrait débuter par les sites côtiers (plage et plongée sous marine) et quelques sites intérieurs, il y a là moyen de valoriser la production et la vente des artisanats locaux et des produits traditionnels,

16 - l'ensemble suppose des efforts particuliers en matière de qualité du service et des produits artisanaux, l'objectif étant de constituer une véritable image de marque du pays pour l'étranger

M Abdourahman Yassin conclut son exposé sur l'Economie en précisant que la Commission qu'il dirige s'attache à développer l'aspect humain de cette politique qui fera l'objet d'une proposition au Gouvernement en Exil de Djibouti dans les jours à venir.

Il ajoute


" le passif en matière d'économie dont nous avons connaissance et les grands enjeux pour la prochaine décennie nous obligent à étudier point par point tous les aspects futurs de notre politique économique.

Il nous faut tenir compte de la mise en adéquation de notre économie avec le facteur humain. Nous devons tout mettre en œuvre pour réduire le chômage tout en facilitant les investissements.

Ce ne sont pas des promesses gratuites mais des engagements fermes ".

Le Président Mahamoud Idriss Ahmed reprend la parole pour remercier M Abdourahman Yassin et le responsable de la Commission des Finances, il ajoute

" Le Gouvernement en Exil de Djibouti a pris, il y a de cela plus de deux mois des engagements fermes vis à vis de la population djiboutienne dans bien des domaines.

Celui de promouvoir et de respecter une politique d'économie dynamique de réamorçage de la croissance démontre notre volonté de répondre aux attentes de la population djiboutienne mais aussi à celle des instances financières internationales en matière de " bonne gouvernance " et d'investissements.

Chaque femme et chaque homme a sa place au sein de notre Nation.
Démontrons ensemble que cet espoir que nous avons fait naître il y a de cela deux mois est une réalité et un besoin de la population qui nous attribue sa confiance.

Le monde politique d'opposition doit s'exprimer dans l'Union ".

Il ajoute,

" En matière d'Economie nous devons instaurer et développer un climat de confiance. La concertation et non les mots sans lendemain a un sens que chacun se doit de respecter. C'est un véritable Partenariat que nous devons proposer aux investisseurs et non leur envoyer les forces de police pour bloquer leurs activités et les contraindre.

 

 

La Politique de Concertation de l'Etat en matière économique

La politique de concertation procède, par principe admis, de la volonté de l'État de promouvoir des mesures qui aient l'adhésion des "partenaires sociaux".

Elle est susceptible de s'appliquer dans de nombreux domaines tels que la culture, tous les aspects du social ou du technique mais c'est en matière économique que l'appel à cette politique est le plus fréquent.

D'une façon générale la politique de concertation s'apparente à une politique contractuelle qui associe l'État aux personnes privées.
Par évidence chacun y trouve ses intérêts pour autant que l'Etat et le secteur privé définissent de concert des règles et jouent pleinement leur rôle de Partenaire

Ont peut alors envisager deux démarches.

- d'une part, la prise en charge par des personnes privées de la réalisation d'objectifs définis par les pouvoirs publics donc l'Etat et suivant un contrat clairement imposé,

- d'autre part, la mise en œuvre de mesures interventionnistes par des dispositions spécifiques d'incitation de l'Etat.

Dans le premier cas, l'État, qui souhaite atteindre un certain résultat économique qu'il s'est fixé (équilibre de marché, régularisation de prix, etc.) dans un secteur donné, établit par voie législative un régime dans le cadre duquel les organismes privés seront incités à atteindre l'objectif fixé.

Dans le second cas, l'autorité administrative, assouplit son pouvoir de réglementation, l'adapte en fonction de l'évolution économique et préfère accorder aux personnes privées le bénéfice de certains avantages, fiscaux notamment, en contrepartie desquels celles-ci s'engagent à exécuter les décisions prises par les pouvoirs publics notamment en matière d'emploi, de mesures en faveur de l'embauche des jeunes et des sans emploi de longue durée.

Bien que présentant un inconvénient en matière de certitude cette dernière forme de concertation offre l'avantage de la souplesse, elle est couramment employée dans bon nombre de pays.

Le Président Mahamoud Idriss Ahmed passe ensuite la parole au Responsable de la Commission des réformes administratives qui a en charge un dossier sur la Participation.

 


La Participation à Djibouti, fondement d'une société qui progresse

Le postulat qui a toujours prévalu en République de Djibouti consiste en une exploitation du peuple par une minorité ce qui, avec l'évolution inéluctable de la société djiboutienne, se traduit épisodiquement par des mouvements revendicatifs catégoriels qui prennent de plus en plus d'ampleur.

Ancré dans un système antédiluvien et dictatorial, duquel est totalement occultée toute notion de concertation et de négociation préalables, le régime politique d'Ismaël Omar Guelleh ne peut répondre par principe idéologique et par intérêt exclusivement privé que par l'emploi des armes et par la répression policière avec les atteintes physiques sur les manifestants, quelque puissent être leur âge ou leur sexe, et les incarcérations dans la sinistre prison de Gabode.


Un régime politique qui se prétend républicain et démocratique doit-il faire fuir devant lui un peuple et ses revendications par des actions répressives et arbitraires ou ne conviendrait-il pas plutôt en l'espèce de négocier, de faire participer chacune et chacun dans le domaine de ses compétences à une large réflexion au profit d'une dynamique nationale et de projets d'avenir ?.

Nous connaissons la réponse alors que l'Etat djiboutien actuel n'a pas encore compris le contenu de la question !.

S'appuyant sur des choix réalistes qui anticipent sur toutes les orientations innovantes au profit de son peuple, le Gouvernement en Exil de Djibouti a fait le choix de privilégier le dialogue préalable ouvert à toutes et à tous avec le soucis d'une permanente concertation et une large Participation dans tous les domaines.


La Participation est une philosophie de la vie en société et certes pas qu'une série de mesures techniques outils d'amélioration du fonctionnement de l'entreprise, de la fonction publique, de l'Education nationale et de la formation professionnelle ou de la ville.

Les mesures de Participation sont le point de départ d'une construction plus vaste et plus ambitieuse, celle d'une transformation profonde de la vie du pays et de sa société car reposant sur une conception profondément différente de celles qui ont prévalu et qui se sont affrontées jusqu'alors.

La logique d'affrontement conduit inévitablement à la sclérose, la société d'affrontement est une société fixiste où il semble que la somme de richesse à partager est toujours la même et que la minorité au pouvoir ne peut s'enrichir que si le peuple s'appauvrit.

Cette pratique est stérile, réductrice de toutes les libertés dont le droit d'entreprendre et des droits du l'humain.

Dès lors que l'on veut faire passer le changement il est objet de nombreuses fantasmagories et se heurte à la coalition de tous les conservatismes, notamment celle du tribalisme et de la mainmise des " Mandarins ",

La Participation a la capacité de changer la société en se substituant à la logique d'affrontements qui préside aux rapports sociaux actuels, c'est une logique délibérément volontariste de la coopération érigée en " principe fondamental de l'activité économique et sociale "

Cependant le contexte économique et social change de plus en plus vite dans notre société qui suit l'évolution des changements à l'échelle mondiale.
Alors que nous n'avons pas résolu les problèmes de la société industrielle l'on est déjà entre dans celle post-industrielle.

Dans une société dominée par l'ordinateur et la rapidité de tous les traitements, l'homme a peine à trouver sa place entre les emplois qui disparaissent au quotidien et ceux qui ne sont pas encore créés.

L'irruption de la télé dans tous les foyers rend obsolètes tous les anciens modes de transmission, de circulation et d'exploitation de l'information.

Il en résulte une remise en cause des données de base de la démocratie et notamment des rapports existants entre l'électeur et l'élu.
En effet, ce dernier n'apparaît plus comme étant le seul à détenir la faculté d'être informé, d'analyser, de comprendre et d'émettre un avis.

C'est dans le rejet du contenu de la Déclaration de l'homme de 1789 que le système politique dictatorial sévissant en République de Djibouti a trouvé l'outil nécessaire pour maintenir les anciennes générations, ainsi qu'une partie de la jeunesse, dans un enfermement intellectuel, dans l'analphabétisme et l'ignorance du monde extérieur et de ce qu'il s'y fait.

Au sein de l'Administration , l'exercice nécessaire de l'autorité ne saurait faire l'impasse sur un nécessaire double dialogue, celui qui doit s'instaurer à l'intérieur de l'Administration elle-même, par dessus les échelons et les cloisonnements, d'une part et, d'autre part, celui qu'il faut créer et animer entre l'Administration et les administrés.

L'inadéquation flagrante entre les capacités, ayant valeur d'ignorance, de certains Ministres djiboutiens désignés exclusivement à partir des critères de soumission inconditionnelle aux volontés du pouvoir politique et la hiérarchie des cadres subordonnés qui ont acs etr conforté des compétences génère des situations ubuesques voire de conflits et ne facilite en rien le bon fonctionnement desdits Ministères.

L'Enseignement n'est plus celui qui sait, il est aussi et surtout celui qui a la capacité de faire passer un message éducatif auprès des élèves et des étudiants, qui explique et forme l'esprit de la jeunesse à analyser tout en apprenant en conséquence à se forger librement leur propre opinion et à résister aux phénomènes de modes comme aux endoctrinements.

Cela implique donc qu'au fur et à mesure que les élèves avancent en maturité et qu'ils assument une plus grande responsabilité dans l'organisation de leurs études, notamment à l'Université et dans les établissements supérieurs ; même s'il n'est pas question qu'ils dépossèdent le corps enseignant de la maîtrise de ses tâches et de ses responsabilités dans les domaines prépondérants de l'enseignement des savoirs et des savoirs faire.

" La participation est un changement de condition morale, qui doit faire de la femme et de l'homme djiboutiens des Responsables et non des instruments ".

Face à un immobilisme rétrograde que subit la société djiboutienne dans son ensemble, le Gouvernement en Exil de Djibouti considère qu'il est temps d'avancer vers une " Révolution pacifique ", celle de notre siècle.

Pour qu'une telle révolution soit pacifique, cela implique une opiniâtre volonté d'imposer des réformes qui dérangent forcément " Les privilèges indûment acquis " … les " copinages " et les " coquins " mais de la volonté de tous les niveaux secondaires de la hiérarchie de provoquer un changement des gouvernants qui ont démontré leur incapacité dans tous les domaines.

Les capacités que l'on peut leur reconnaître sont celles des détournements des deniers de l'état et leur incompétence chronique à faire évoluer les administrations.
La République de Djibouti, qui a pris des retards considérables dans bien des domaines, n'a pas le choix.

La " valse des ministres " ne fait que confirmer les " incompétences ignorantes " des uns par rapport aux autres mais aussi la démarche de l'Etat actuel qui ne foncttionne que par et pour le clientélisme faisant fi des incompétences des uns, des unes et des autres.

Si notre société n'est pas refondée sur la base de la Participation, la sclérose la guette, avec son cortège de luttes et de répressions policières qui laissent l'économie au bord du gouffre, avec l'omniprésence du taux démesuré de chômage et de misère.

Sans entrer dans les détails des possibilités offertes par la Participation, on peut la résumer par :

- La création d'une " Charte de la Participation "spécifique à chaque Administration et organisme assimilé, à chaque entreprise que l'on peut dénommer comme " l'entreprise citoyenne " impliquant que la stratégie d'entreprise et son organisation interne ne sauraient plus être prises sans que ceux qui y travaillent aient participé à leur élaboration.

- Ouvrir les portes aux fonctionnaires de l'Etat, des collectivités locales et de la fonction publique hospitalière avec le droit de participer à l'organisation de leur travail, y compris en instituant un intéressement financier s'il y avait une meilleure répartition des tâches et une meilleure utilisation du temps au service de l'administré, un meilleur usage des deniers publics,

- L'Enseignement doit rester le champ d'expériences des pédagogues, pour revenir à sa finalité première. Donner tout d'abord à l'enfant les bases indispensables de la lecture, de l'écriture et du calcul. L'apprentissage des langues étrangères dès le cycle de primaire est nécessaire de même que l'introduction des nouvelles technologies telles que l'informatique ; puis leur permettre d'accéder à un niveau de culture et de connaissances qui les mette à même de se forger une vision du monde et une idée de leur propre destin.

Enfin et par la diversité des options offertes en République de Djibouti mais aussi dans des pays étrangers avec qui il convient de développer des accords de coopération et disposant des enseignements dits de pointe en tel ou tel domaine, donner à notre jeunesse estudiantine les moyens d'acquérir les compétences nécessaires pour entrer dans la vie active, dans la voie qui correspond à leurs vœux comme à leurs aptitudes et de trouver ainsi leur place dans la société djiboutienne, c'est à dire l'emploi qui leur convient le mieux.
Les échanges bi-latéraux, des maîtres du savoir et du savoir faire que sont nos enseignants avec leurs homologues étrangers, pour des périodes déterminées et renouvelables doivent être exploitées aux fins de conforter leurs acquis et d'élargir leurs domaines de compétences ne serait ce qu'au niveau des méthodes évolutives en matière de pédagogie.

 

Volet complémentaire des autres priorités :

 

1 - Les services publics et le développement humain

L'objectif est d'améliorer les indicateurs du développement humain : l'orientation générale est la suivante.

- la croissance ne présente aucun intérêt si ses fruits sont monopolisés par une oligarchie. La progression du produit, de la valeur ajoutée, doit servir à améliorer les conditions de vie de la population.
C'est ainsi que la simple croissance assure le développement.

- le développement se mesure au travers des indicateurs du développement humain (IDH). Les principaux sont les suivants : le PIB par habitant, le taux d'alphabétisation et l'espérance de vie à la naissance.

- une progression du produit par tête signifie que l'augmentation des richesses est suffisamment forte au regard de la progression démographique, le recul de l'analphabétisme majore la qualification de la population et sa capacité d'adaptation sur le plan économique.

La hausse de l'espérance de vie est la traduction la plus concrète des progrès sociaux, elle suppose des améliorations dans de nombreux domaines, comme la nutrition, la santé et les conditions de travail

 

 

2 - Objectif : faire reculer l'analphabétisme

- cela doit assurer une meilleure capacité d'adaptation de la population face aux nécessaires transformations sociales (lutte contre le clientélisme par exemple)

- pour cela toutes les zones du pays seront couvertes par des établissements d'enseignement de base, au besoin en utilisant partiellement les ressources du téléenseignement.

- ceci nécessite une réhabilitation de locaux existants, mais aussi la création de locaux nouveaux, afin de couvrir une plus grande partie de la population.

- par là, il s'agit d'augmenter le taux de scolarisation des enfants, au moins jusqu'à l'âge de 16 ans, un système judicieux de bourse devant assurer la poursuite de la scolarité des plus méritants.

- les programmes, pour les moins de 16 ans, comporteront un contenu pratique, immédiatement applicable à la vie de tous les jours une fois le retour des enfants à la maison.

- les programmes, pour les plus de 16 ans, comporteront une forte dimension technique et professionnelle ; au contenu évolutif, à déterminer en fonction des besoins effectifs du marché du travail, en liaison avec la Chambre Internationale de Commerce et d'Industrie.

- les établissements en question serviront également à dispenser les formations nécessaires à la lutte contre l'analphabétisme adulte ; un aménagement des plages horaires d'utilisation le permettra.

- ces structures, ainsi que le personnel enseignant en ayant la charge, permettront également de dispenser une sorte d'enseignement minimum en matière d'hygiène.

- les établissements d'enseignement privé, confessionnels ou laïques, communautaires ou non, seront encouragés mais à la conditions qu'ils respectent scrupuleusement les programmes établis par le ministère de l'Education Nationale et qu'ils acceptent toutes les contraintes du service public. Ils seront soumis à contrôle.

- de meilleures conditions professionnelles et la mise en place d'un régime libéral, tant sur le plan politique qu'économique, devraient faciliter le retour de personnels qualifiés, et le maintien sur place d'éléments qualifiés de la population.

- les jeunes filles et les femmes bénéficieront d'une attention soutenue concernant l'éducation, avec un programme de lutte contre les préjugés dont elles sont victimes.

- les jeunes en situation de difficulté (délinquants, drogués) feront l'objet d'une attention particulière, nécessaire à leur cooptation sociale, et en liaison avec d'autres structures que l'éducation : police, justice et santé.

- des structures éducatives particulières seront implantées aux abords des zones franches, afin de faciliter les transferts de savoir-faire.

 

 

3 - Objectif : améliorer la situation sanitaire

- améliorer l'état sanitaire de la population débute avec la mise en place d'une politique systématique de réduction de la mortalité infantile, juvénile et maternelle par la réhabilitation des infrastructures de base sur l'ensemble du territoire et leur dotation en personnels qualifiés et en nombre suffisant. Les structures éducatives auront à y pourvoir.

- l'accessibilité à ces infrastructures sera facilitée par une tarification en réelle correspondance d'avec les moyens financiers de la population et le recours aux médicaments génériques, avec conditionnement fractionné si besoin.

- les communautés seront sollicitées afin d'épauler des campagnes d'information auprès des mères et concernant la maternité, ainsi que pour les campagnes de lutte contre les endémies (Sida, paludisme et autres).

- la couverture du territoire par les centres médicaux sera rationalisée, l'objectif n'étant pas l'économie financière mais l'efficacité médicale.

- le sanitaire est aussi l'affaire de tous, c'est pourquoi il convient de lutter plus particulièrement en faveur des groupes pauvres par une meilleure sécurité alimentaire, le développement des espaces agricoles, de l'élevage et de la pêche.

- le sanitaire c'est aussi une politique de gestion des risques : sécheresse et inondations, un plan de prévention est nécessaire, ainsi que la réalisation d'infrastructures propres à gérer ces risques.

 

 

4 - Objectif : l'état sanitaire nous renvoie à l'amélioration de l'habitat

- l'état se dotera d'un outil efficace en matière de gestion de l'aménagement urbain car l'habitat et ses conditions annexes, notamment en matière de services publics, est essentiel dans l'amélioration des conditions de vie et sanitaires.

- l'état aura vocation à encourager la réhabilitation des quartiers.

- l'état devra assumer pleinement sa tâche concernant les services collectifs, plus particulièrement en ce qui concerne la distribution de l'eau, l'assainissement, l'évacuation des déchets et la fourniture en électricité, c'est donc la viabilisation des surfaces qui est la priorité.

- le recours à l'aide du secteur privé n'est pas à exclure, ni d'ailleurs le recours au système communautaire.

- concernant la gestion de la ressource eau, il appartient à la puissance publique d'en assurer la protection et la mise en valeur, aussi bien pour les eaux de surface que souterraines, en y impliquant les bénéficiaires autant que possible. La désalinisation d'eau de mer sera étudiée.

- trois directions sont à suivre :

- la capitale,

- les chefs-lieux,

- les points d'eau des zones rurales.

- concernant la fourniture d'électricité le potentiel productif devra être développé, par la restauration des outils déjà existants, la mise en place de nouveaux outils productifs et l'utilisation de l'énergie éolienne, en particulier dans les zones de l'arrière pays.

- le réseau de distribution sera étendu, si possible avec l'aide du secteur privé, afin de mailler une proportion maximale du territoire.

- chaque fois que la chose sera possible l'accession à la propriété sera favorisée, car c'est dans l'appropriation populaire que se situent la responsabilisation et l'efficacité.

- l'état aura à mener une politique de construction de logements en privilégiant les matériaux locaux, qu'il pourrait fournir à des groupements de familles, à charge pour elles de réaliser les constructions sous la responsabilité d'une sorte de garant moral.

- les banques développeront des micro-crédits pour permettre l'achat desdits matériaux.

 

 

5 - Objectif : préserver l'environnement

- c'est le rôle de l'assainissement et de la collecte des déchets, mais ce n'est pas tout,
- la lutte contre la désertification sera menée avec constance, ce qui nous renvoie aux phénomènes de déforestation et de surpâturage.

- la bio-diversité sera protégée en y impliquant la population

 


6 - Objectif : assurer les droits des gens

- l'état de droit doit remplacer la mise en coupe réglée pratiquée par l'actuelle oligarchie

- les droits fondamentaux seront respectés.

- une attention toute particulière sera accordée à la place des femmes et à leurs droits, par la lutte contre les préjugés et les pratiques discriminatoires.

- une participation accrue des femmes à tous les actes sociaux sera encouragée.

- l'accès à l'éducation sera notamment valorisé et l'accès à l'emploi

- la justice devra reposer sur des codes et un système judiciaire intègre.

- la justice aura besoin des personnels compétents et responsables, et d'infrastructures qui sont encore à construire.

- l'aide d'organismes non gouvernementaux sera sollicité à titre de contrôle du respect des droits de l'Homme.

- les services administratifs seront refondus, notamment pour en bannir certains comportements, incompatibles avec les droits des gens, et pour améliorer la qualité du service.

- les organigrammes publics seront révisés, afin de lister les effectifs du personnel émargeant, de définir les compétences et d'orienter chacun vers une fonction le plus possible en rapport avec ses qualifications.

- les grades et les rémunérations seront révisés afin de correspondre aux réalités du travail effectif.

- un véritable système d'avancement au mérite sera mis en place.

- la démobilisation des personnels policiers et militaires sera poursuivie, mais avec un programme de reclassement prenant la forme d'aides à la qualification.

 

M Mahamoud IDRISS AHMED

président du Gouvernement en Exil de Djibouti