


Volet
N°2 - Economie : redresser les comptes
publics en 8 points
Nouveau
: à la suite, vous trouverez le volet complémentaire mis à
jour le 14 mai 2002
Le
projet de redressement des comptes publics se décline suivant 8 points
qui sont à mettre en uvre concernant le budget :
1
- A propos des rentrées d'argent
il s'agit de lutter contre les détournements divers effectués au
niveau des plus hautes instances de l'Etat, certains
membres du gouvernement, de services rattachés aux services fiscaux et
par une fraction du fonctionnariat politisé.
2
- Améliorer le service de recouvrement pour
engager une lutte efficace contre la fraude fiscale pratiquée par une "
élite " proche du pouvoir en place,
3
- Réviser la fiscalité pour en majorer
l'assiette, mais en prévoyant un régime incitatif pour la création
d'entreprises - donc d'Emplois - et propice à la réalisation d'investissements
directs étrangers et djiboutiens, l'élargissement
de l'assiette pouvant à terme compenser largement la baisse de certains
taux d'imposition,
4
- A propos des sorties d'argent il s'agit
de contrôler sévèrement les comptes publics, d'appliquer un
système de suivi de gestion en temps réel afin
d'éviter les gaspillages et les dépenses ostentatoires de l'Etat.
5
- Instaurer et Eduquer-Former à des pratiques
rigoureuses de gestion des réalisations publiques par
de réels appels d'offre, et un suivi économiquement rationnel des
projets ; financièrement comme dans les objectifs fixés,
6
- Désengager l'Etat de certaines productions,
c'est le cas pour les Etablissements Publics Industriels et Commerciaux (situations
de concurrence) avec leur privatisation partielle ou totale et
le recours au système des concessions (situations de monopole) chaque fois
que les conditions le permettent. Un apurement préalable des comptes sera
parfois nécessaire pour les EPIC,
7
- Optimiser l'allocation des ressources par
une gestion rigoureuse au service des trois priorités suivantes :
-
remise en état des infrastructures,
-
refonte du système éducatif,
-
refonte du système de santé,
8
- Définir avec les
instances financières internationales un programme d'apurement des dettes
pour
les ramener à un niveau économiquement et socialement supportable.

La
dimension purement économique
Objectif
: améliorer les grands indicateurs économiques, l'orientation générale
-
Considérant les schémas d'implication
sous tendus par l'équation comptable générale des emplois
et ressources et compte tenu du caractère critique de la situation économique
de Djibouti comme de la situation sociale et politique,
-
Considérant aussi l'importance de l'aide dont le pays a pu bénéficier
et posant l'hypothèse qu'un gouvernement soucieux du bien collectif devrait
bénéficier d'avantages semblables de la part des bailleurs de fonds,
il
apparaît qu'une amélioration des grandeurs économiques
est possible par la simple instauration d'un régime nouveau et exempt des
habituelles pratiques de corruption et de détournements,
cela
ne saurait suffire, aussi le redressement passe t-il
par
un réamorçage de la croissance, créer
plus de valeur ajoutée est la première des priorités
(voir plus loin les paragraphes " politiques économiques " consacrés
aux secteurs tertiaire et secondaire),
-
l'équilibrage des comptes commerciaux intervient ensuite,
ce qui nécessite une plus grande et surtout une réelle ouverture
de l'économie djiboutienne sur l'extérieur et un appel aux forces
du marché,
-
une attention toute particulière sera accordée à ces grandeurs
financières que
sont le budget, les réserves en devises
et l'endettement (d'autant plus problématique en raison de l'accumulation
d'arriérés),
-
compte tenu de la situation sociale déjà
très difficile, et de la forte croissance démographique,
il n'est pas question de contraindre la consommation finale, mais un mieux est
attendu du développement des ressources alimentaires locales (irrigation,
pêche
voir le paragraphe relatif au secteur primaire),
-
compte tenu de l'importance du défi à
relever la formation de capital ne peut que difficilement subir des
restrictions, il convient par contre de redéfinir les priorités,
l'allocation des ressources
disponibles, et d'adopter une gestion rigoureuse,
-
les indicateurs du carré
magique qui ne sont pas cités ci-dessus, prix
et emploi, devraient connaître une amélioration du simple fait des
autres grandeurs (refonte du système bancaire sous le contrôle de
la banque centrale et reprise de croissance).

Susciter
un redressement économique en 16 points
Concernant
la création d'entreprises et l'investissement
1
- la situation géographique de
Djibouti, l'exiguïté du territoire et la faible importance de sa population,
malgré la faiblesse des ressources naturelles, incitent à une orientation
résolument privative de l'économie, l'Etat ne devant assurer qu'un
rôle de coordination, voire parfois d'initiateur, avec l'aide des instances
internationales ; il y a là une opportunité sérieuse de restaurer
la confiance nécessaire à l'initiative privée tant locale
qu'étrangère,
2
- outre la cession au secteur privé et la lutte contre les
corruptions dont il a déjà été question, il s'agit
de réviser le système de droit commercial et de droit des affaires
pour faciliter les investissements directs, avec la participation de fonds djiboutiens
(capitaux mixtes) chaque fois que la situation le permet,
3
- réformer le système bancaire, notamment par une
spécialisation (mais sans cloisonnement) : - grands projets, - crédits
aux PMI et PME, - micro-crédits et crédits au système communautaire
et coopératif (encouragement de la participation sociale), et par l'instauration
d'un système concurrentiel, ce qui n'exclut pas un contrôle de la
banque centrale aussi bien en matière d'allocation des fonds que de création
monétaire.
Concernant
la politique économique et le secteur primaire
4
- l'action publique, même réduite, demeure
essentielle. Elle doit s'exercer dans les domaines où l'initiative privée
locale des catégories sociales défavorisées est la plus facile,
5
- pour limiter l'exode rural, améliorer
les conditions de vie dans les campagnes et diminuer la dépendance alimentaire
nationale, il convient d'encourager la production agricole locale par : une extension
de l'irrigation, une politique d'octroi de micro-crédits, un réseau
de transport plus rapide des denrées vers les lieux de consommation,
6
- toujours pour diminuer la dépendance alimentaire et améliorer
la qualité de la nutrition il convient de valoriser la consommation des
produits de la mer (campagnes d'information, voire une politique temporaire de
prix attractifs, mais il n'est pas question de déroger au principe de vérité
des prix) et d'encourager l'offre par la politique d'octroi de micro-crédits
(achats de matériels de pêche), sans oublier que là aussi
la rapidité des transports et les conditions de stockage sont essentielles,
7
- pour l'agriculture comme pour la pêche l'encouragement
des travaux communautaires et coopératifs chaque fois que cela est possible
demeure essentiel pour que la population s'approprie et valorise l'action publique.
Concernant
la politique économique et le secteur secondaire
8
- la création de zones franches empruntant au schéma coréen
(préservation du stock en devises et acquisition d'un savoir faire), pour
ce qui concerne surtout des activités fortement utilisatrices de main d'uvre,
et de zones franches traditionnelles pour les activités annexes aux activités
déjà existantes dans le pays, les participations locales seront
encouragées dans tous les cas,
9
- un mécanisme de transfert des
savoir faire sera élaboré dès que possible en vue de son
appropriation par la population, ce qui devrait encourager l'initiative privée
locale (voir plus loin le paragraphe " développement humain ")
10
- Concernant Djibouti ville, ses environs
et les villes côtières il s'agit de créer un pôle régional
multimodes : transports maritimes - voie ferrée Ethiopie - réseau
routier Ethiopie Somalie - fret aérien sur les zones enclavées (avec
création de liaisons selon les opportunités). Ce sera aussi l'occasion
d'encourager la croissance des activités périphériques, fortement
utilisatrices de main d'uvre,
Le multimodal sera facilité - par
le recours à des conteneurs, qu'il convient d'encourager pour les marchandises
qui ne sont pas en vrac, - par l'extension des capacités de stockage, -
par une plus grande rapidité d'exécution des opérations de
transbordement
A terme il peut se révéler nécessaire
de spécialiser les zones d'accueil des marchandises et de chargement aussi
bien pour le tourisme que les transports (mais pour les autres activités
aussi)
La
priorité est la réfection des réseaux et infrastructures
(voire le doublement de certains axes - Ethiopie - Somalie
), mais sans oublier
l'encouragement de l'initiative privée avec la privatisation d'une partie
des activités portuaires et aéroportuaires. Une meilleure efficacité
dans ces domaines doit assurer un développement de la demande provenant
des pays voisins.
11
- Les services de télécommunications jouent un rôle important
dans l'efficacité de l'organisation productive c'est la nécessaire
extension du réseau de téléphonie mobile à l'ensemble
des voies de communication et des villes de l'intérieur rénover
le réseau traditionnel de téléphonie
dans ces domaines
la privatisation et le partenariat avec des entreprises étrangères
seront nécessaires tant pour l'acquisition de matériels performants
que des savoir faire, la fiscalité jouera aussi un rôle déterminant,
12
- concernant les communications hertziennes elles devront assumer une fonction
de liaison avec l'intérieur du pays et auront une vocation éducative
et pédagogique, il en sera question dans le programme consacré au
développement humain
Concernant
la politique économique et le secteur tertiaire
13
- la situation géographique de Djibouti doit constituer
un attrait pour une clientèle touristique régionale, et la richesse
de certains sites est de nature à attirer une clientèle occidentale
par l'instauration d'un tourisme de qualité et d'un tourisme aérien
(hélicoptères mono ou biturbines),
14
- il convient de mener une politique active de promotion des séjours
de qualité, en favorisant un partenariat avec les grands tours opérateurs
pour la réalisation de projets, une fiscalité adaptée si
nécessaire, ainsi qu'une politique spécifique de prêts en
vue de favoriser la participation djiboutienne,
15
- la valorisation pourrait débuter par les sites côtiers (plage et
plongée sous marine) et quelques sites intérieurs, il y a là
moyen de valoriser la production et la vente des artisanats locaux et des produits
traditionnels,
16
- l'ensemble suppose des efforts particuliers en matière de qualité
du service et des produits artisanaux, l'objectif étant de constituer une
véritable image de marque du pays pour l'étranger
M
Abdourahman Yassin conclut son exposé sur l'Economie en précisant
que la Commission qu'il dirige s'attache à développer
l'aspect humain de cette politique qui fera l'objet d'une proposition
au Gouvernement en Exil de Djibouti dans les jours à venir.
Il
ajoute
"
le passif en matière d'économie dont nous avons connaissance et
les grands enjeux pour la prochaine décennie nous obligent à étudier
point par point tous les aspects futurs de notre politique économique.
Il
nous faut tenir compte de la mise en adéquation de notre économie
avec le facteur humain. Nous devons tout mettre en uvre pour réduire
le chômage tout en facilitant les investissements.
Ce
ne sont pas des promesses gratuites mais des engagements fermes ".
Le
Président Mahamoud Idriss Ahmed reprend la parole pour remercier M Abdourahman
Yassin et le responsable de la Commission des Finances, il ajoute
"
Le Gouvernement en Exil de Djibouti a pris, il y a de cela plus de deux mois des
engagements fermes vis à vis de la population djiboutienne dans bien des
domaines.
Celui
de promouvoir et de respecter une politique d'économie dynamique de réamorçage
de la croissance démontre notre volonté de répondre aux attentes
de la population djiboutienne mais aussi à celle des instances financières
internationales en matière de " bonne gouvernance " et d'investissements.
Chaque
femme et chaque homme a sa place au sein de notre Nation.
Démontrons
ensemble que cet espoir que nous avons fait naître il y a de cela deux mois
est une réalité et un besoin de la population qui nous attribue
sa confiance.
Le
monde politique d'opposition doit s'exprimer dans l'Union ".
Il
ajoute,
"
En matière d'Economie nous devons instaurer et développer un climat
de confiance. La concertation et non les mots sans lendemain a un sens que chacun
se doit de respecter. C'est un véritable Partenariat que nous devons proposer
aux investisseurs et non leur envoyer les forces de police pour bloquer leurs
activités et les contraindre.

La
Politique de Concertation de l'Etat en matière économique
La
politique de concertation procède, par principe admis, de la volonté
de l'État de promouvoir des mesures qui aient l'adhésion des "partenaires
sociaux".
Elle
est susceptible de s'appliquer dans de nombreux domaines tels que la culture,
tous les aspects du social ou du technique mais c'est en matière économique
que l'appel à cette politique est le plus fréquent.
D'une
façon générale la politique de concertation s'apparente à
une politique contractuelle qui associe l'État aux personnes privées.
Par évidence chacun y trouve ses intérêts pour autant que
l'Etat et le secteur privé définissent de concert des règles
et jouent pleinement leur rôle de Partenaire
Ont
peut alors envisager deux démarches.
-
d'une part, la prise en charge par des personnes privées de la réalisation
d'objectifs définis par les pouvoirs publics donc l'Etat et suivant un
contrat clairement imposé,
-
d'autre part, la mise en uvre de mesures interventionnistes par des dispositions
spécifiques d'incitation de l'Etat.
Dans
le premier cas, l'État, qui souhaite atteindre un certain résultat
économique qu'il s'est fixé (équilibre de marché,
régularisation de prix, etc.) dans un secteur donné, établit
par voie législative un régime dans le cadre duquel les organismes
privés seront incités à atteindre l'objectif fixé.
Dans le second
cas, l'autorité administrative, assouplit son pouvoir de réglementation,
l'adapte en fonction de l'évolution économique et préfère
accorder aux personnes privées le bénéfice de certains avantages,
fiscaux notamment, en contrepartie desquels celles-ci s'engagent à exécuter
les décisions prises par les pouvoirs publics notamment en matière
d'emploi, de mesures en faveur de l'embauche des jeunes et des sans emploi de
longue durée.
Bien
que présentant un inconvénient en matière de certitude cette
dernière forme de concertation offre l'avantage de la souplesse, elle est
couramment employée dans bon nombre de pays.
Le
Président Mahamoud Idriss Ahmed passe ensuite la parole au Responsable
de la Commission des réformes administratives qui a en charge un dossier
sur la Participation.

La Participation à Djibouti, fondement
d'une société qui progresse
Le
postulat qui a toujours prévalu en République de Djibouti consiste
en une exploitation du peuple par une minorité ce qui, avec l'évolution
inéluctable de la société djiboutienne, se traduit épisodiquement
par des mouvements revendicatifs catégoriels qui prennent de plus en plus
d'ampleur.
Ancré
dans un système antédiluvien et dictatorial, duquel est totalement
occultée toute notion de concertation et de négociation préalables,
le régime politique d'Ismaël Omar Guelleh ne peut répondre
par principe idéologique et par intérêt exclusivement privé
que par l'emploi des armes et par la répression policière avec les
atteintes physiques sur les manifestants, quelque puissent être leur âge
ou leur sexe, et les incarcérations dans la sinistre prison de Gabode.
Un régime politique qui se prétend républicain
et démocratique doit-il faire fuir devant lui un peuple et ses revendications
par des actions répressives et arbitraires ou ne conviendrait-il pas plutôt
en l'espèce de négocier, de faire participer chacune et chacun dans
le domaine de ses compétences à une large réflexion au profit
d'une dynamique nationale et de projets d'avenir ?.
Nous
connaissons la réponse alors que l'Etat djiboutien actuel n'a pas encore
compris le contenu de la question !.
S'appuyant sur des choix réalistes
qui anticipent sur toutes les orientations innovantes au profit de son peuple,
le Gouvernement en Exil de Djibouti a fait le choix de privilégier le dialogue
préalable ouvert à toutes et à tous avec le soucis d'une
permanente concertation et une large Participation dans tous les domaines.
La Participation est une philosophie
de la vie en société et certes pas qu'une série de mesures
techniques outils d'amélioration du fonctionnement de l'entreprise, de
la fonction publique, de l'Education nationale et de la formation professionnelle
ou de la ville.
Les
mesures de Participation sont le point de départ d'une construction plus
vaste et plus ambitieuse, celle d'une transformation profonde de la vie du pays
et de sa société car reposant sur une conception profondément
différente de celles qui ont prévalu et qui se sont affrontées
jusqu'alors.
La logique d'affrontement
conduit inévitablement à la sclérose, la société
d'affrontement est une société fixiste où il semble que la
somme de richesse à partager est toujours la même et que la minorité
au pouvoir ne peut s'enrichir que si le peuple s'appauvrit.
Cette
pratique est stérile, réductrice de toutes les libertés dont
le droit d'entreprendre et des droits du l'humain.
Dès lors
que l'on veut faire passer le changement il est objet de nombreuses fantasmagories
et se heurte à la coalition de tous les conservatismes, notamment celle
du tribalisme et de la mainmise des " Mandarins ",
La Participation
a la capacité de changer la société en se substituant à
la logique d'affrontements qui préside aux rapports sociaux actuels, c'est
une logique délibérément volontariste de la coopération
érigée en " principe fondamental de l'activité économique
et sociale "
Cependant le contexte économique et social change
de plus en plus vite dans notre société qui suit l'évolution
des changements à l'échelle mondiale.
Alors que nous n'avons
pas résolu les problèmes de la société industrielle
l'on est déjà entre dans celle post-industrielle.
Dans
une société dominée par l'ordinateur et la rapidité
de tous les traitements, l'homme a peine à trouver sa place entre les emplois
qui disparaissent au quotidien et ceux qui ne sont pas encore créés.
L'irruption de
la télé dans tous les foyers rend obsolètes tous les anciens
modes de transmission, de circulation et d'exploitation de l'information.
Il en résulte une remise en cause des données de base de la
démocratie et notamment des rapports existants entre l'électeur
et l'élu.
En effet, ce dernier n'apparaît plus comme étant
le seul à détenir la faculté d'être informé,
d'analyser, de comprendre et d'émettre un avis.
C'est dans le
rejet du contenu de la Déclaration de l'homme de 1789 que le système
politique dictatorial sévissant en République de Djibouti a trouvé
l'outil nécessaire pour maintenir les anciennes générations,
ainsi qu'une partie de la jeunesse, dans un enfermement intellectuel, dans l'analphabétisme
et l'ignorance du monde extérieur et de ce qu'il s'y fait.
Au
sein de l'Administration , l'exercice nécessaire de l'autorité ne
saurait faire l'impasse sur un nécessaire double dialogue, celui qui doit
s'instaurer à l'intérieur de l'Administration elle-même, par
dessus les échelons et les cloisonnements, d'une part et, d'autre part,
celui qu'il faut créer et animer entre l'Administration et les administrés.
L'inadéquation
flagrante entre les capacités, ayant valeur d'ignorance, de certains Ministres
djiboutiens désignés exclusivement à partir des critères
de soumission inconditionnelle aux volontés du pouvoir politique et la
hiérarchie des cadres subordonnés qui ont acs etr conforté
des compétences génère des situations ubuesques voire de
conflits et ne facilite en rien le bon fonctionnement desdits Ministères.
L'Enseignement n'est plus celui qui sait, il est aussi et surtout celui qui
a la capacité de faire passer un message éducatif auprès
des élèves et des étudiants, qui explique et forme l'esprit
de la jeunesse à analyser tout en apprenant en conséquence à
se forger librement leur propre opinion et à résister aux phénomènes
de modes comme aux endoctrinements.
Cela
implique donc qu'au fur et à mesure que les élèves avancent
en maturité et qu'ils assument une plus grande responsabilité dans
l'organisation de leurs études, notamment à l'Université
et dans les établissements supérieurs ; même s'il n'est pas
question qu'ils dépossèdent le corps enseignant de la maîtrise
de ses tâches et de ses responsabilités dans les domaines prépondérants
de l'enseignement des savoirs et des savoirs faire.
" La participation est un changement
de condition morale, qui doit faire de la femme et de l'homme djiboutiens des
Responsables et non des instruments ".
Face
à un immobilisme rétrograde que subit la société djiboutienne
dans son ensemble, le Gouvernement en Exil de Djibouti considère qu'il
est temps d'avancer vers une " Révolution pacifique ", celle
de notre siècle.
Pour qu'une telle révolution soit pacifique,
cela implique une opiniâtre volonté d'imposer des réformes
qui dérangent forcément " Les privilèges indûment
acquis "
les " copinages " et les " coquins "
mais de la volonté de tous les niveaux secondaires de la hiérarchie
de provoquer un changement des gouvernants qui ont démontré leur
incapacité dans tous les domaines.
Les
capacités que l'on peut leur reconnaître sont celles des détournements
des deniers de l'état et leur incompétence chronique à faire
évoluer les administrations.
La République de Djibouti, qui
a pris des retards considérables dans bien des domaines, n'a pas le choix.
La
" valse des ministres " ne fait que confirmer les " incompétences
ignorantes " des uns par rapport aux autres mais aussi la démarche
de l'Etat actuel qui ne foncttionne que par et pour le clientélisme faisant
fi des incompétences des uns, des unes et des autres.
Si
notre société n'est pas refondée sur la base de la Participation,
la sclérose la guette, avec son cortège de luttes et de répressions
policières qui laissent l'économie au bord du gouffre, avec l'omniprésence
du taux démesuré de chômage et de misère.
Sans entrer dans les détails des possibilités offertes par la Participation,
on peut la résumer par :
- La création d'une " Charte
de la Participation "spécifique à chaque Administration et
organisme assimilé, à chaque entreprise que l'on peut dénommer
comme " l'entreprise citoyenne " impliquant que la stratégie
d'entreprise et son organisation interne ne sauraient plus être prises sans
que ceux qui y travaillent aient participé à leur élaboration.
- Ouvrir les portes aux fonctionnaires de l'Etat, des collectivités
locales et de la fonction publique hospitalière avec le droit de participer
à l'organisation de leur travail, y compris en instituant un intéressement
financier s'il y avait une meilleure répartition des tâches et une
meilleure utilisation du temps au service de l'administré, un meilleur
usage des deniers publics,
- L'Enseignement doit rester le champ d'expériences
des pédagogues, pour revenir à sa finalité première.
Donner tout d'abord à l'enfant les bases indispensables de la lecture,
de l'écriture et du calcul. L'apprentissage des langues étrangères
dès le cycle de primaire est nécessaire de même que l'introduction
des nouvelles technologies telles que l'informatique ; puis leur permettre d'accéder
à un niveau de culture et de connaissances qui les mette à même
de se forger une vision du monde et une idée de leur propre destin.
Enfin
et par la diversité des options offertes en République de Djibouti
mais aussi dans des pays étrangers avec qui il convient de développer
des accords de coopération et disposant des enseignements dits de pointe
en tel ou tel domaine, donner à notre jeunesse estudiantine les moyens
d'acquérir les compétences nécessaires pour entrer dans la
vie active, dans la voie qui correspond à leurs vux comme à
leurs aptitudes et de trouver ainsi leur place dans la société djiboutienne,
c'est à dire l'emploi qui leur convient le mieux.
Les échanges
bi-latéraux, des maîtres du savoir et du savoir faire que sont nos
enseignants avec leurs homologues étrangers, pour des périodes déterminées
et renouvelables doivent être exploitées aux fins de conforter leurs
acquis et d'élargir leurs domaines de compétences ne serait ce qu'au
niveau des méthodes évolutives en matière de pédagogie.

Volet
complémentaire des autres priorités :
1
- Les services publics et le développement humain
L'objectif
est d'améliorer les indicateurs du développement humain : l'orientation
générale est la suivante.
-
la croissance ne présente aucun intérêt si ses fruits sont
monopolisés par une oligarchie. La progression du produit, de la valeur
ajoutée, doit servir à améliorer les conditions de vie de
la population.
C'est ainsi que la simple croissance assure le développement.
-
le développement se mesure au travers des indicateurs du développement
humain (IDH). Les principaux sont les suivants : le PIB par habitant, le taux
d'alphabétisation et l'espérance de vie à la naissance.
-
une progression du produit par tête signifie que l'augmentation des richesses
est suffisamment forte au regard de la progression démographique, le recul
de l'analphabétisme majore la qualification de la population et sa capacité
d'adaptation sur le plan économique.
La
hausse de l'espérance de vie est la traduction la plus concrète
des progrès sociaux, elle suppose des améliorations dans de nombreux
domaines, comme la nutrition, la santé et les conditions de travail

2
- Objectif : faire reculer l'analphabétisme
-
cela doit assurer une meilleure capacité d'adaptation de la population
face aux nécessaires transformations sociales (lutte contre le clientélisme
par exemple)
-
pour cela toutes les zones du pays seront couvertes par des établissements
d'enseignement de base, au besoin en utilisant partiellement les ressources du
téléenseignement.
-
ceci nécessite une réhabilitation de locaux existants, mais aussi
la création de locaux nouveaux, afin de couvrir une plus grande partie
de la population.
-
par là, il s'agit d'augmenter le taux de scolarisation des enfants, au
moins jusqu'à l'âge de 16 ans, un système judicieux de bourse
devant assurer la poursuite de la scolarité des plus méritants.
-
les programmes, pour les moins de 16 ans, comporteront un contenu pratique, immédiatement
applicable à la vie de tous les jours une fois le retour des enfants à
la maison.
-
les programmes, pour les plus de 16 ans, comporteront une forte dimension technique
et professionnelle ; au contenu évolutif, à déterminer en
fonction des besoins effectifs du marché du travail, en liaison avec la
Chambre Internationale de Commerce et d'Industrie.
-
les établissements en question serviront également à dispenser
les formations nécessaires à la lutte contre l'analphabétisme
adulte ; un aménagement des plages horaires d'utilisation le permettra.
-
ces structures, ainsi que le personnel enseignant en ayant la charge, permettront
également de dispenser une sorte d'enseignement minimum en matière
d'hygiène.
-
les établissements d'enseignement privé, confessionnels ou laïques,
communautaires ou non, seront encouragés mais à la conditions qu'ils
respectent scrupuleusement les programmes établis par le ministère
de l'Education Nationale et qu'ils acceptent toutes les contraintes du service
public. Ils seront soumis à contrôle.
-
de meilleures conditions professionnelles et la mise en place d'un régime
libéral, tant sur le plan politique qu'économique, devraient faciliter
le retour de personnels qualifiés, et le maintien sur place d'éléments
qualifiés de la population.
-
les jeunes filles et les femmes bénéficieront d'une attention soutenue
concernant l'éducation, avec un programme de lutte contre les préjugés
dont elles sont victimes.
-
les jeunes en situation de difficulté (délinquants, drogués)
feront l'objet d'une attention particulière, nécessaire à
leur cooptation sociale, et en liaison avec d'autres structures que l'éducation
: police, justice et santé.
-
des structures éducatives particulières seront implantées
aux abords des zones franches, afin de faciliter les transferts de savoir-faire.

3
- Objectif : améliorer la situation sanitaire
-
améliorer l'état sanitaire de la population débute avec la
mise en place d'une politique systématique de réduction de la mortalité
infantile, juvénile et maternelle par la réhabilitation des infrastructures
de base sur l'ensemble du territoire et leur dotation en personnels qualifiés
et en nombre suffisant. Les
structures éducatives auront à y pourvoir.
-
l'accessibilité à ces infrastructures sera facilitée par
une tarification en réelle correspondance d'avec les moyens financiers
de la population et le recours aux médicaments génériques,
avec conditionnement fractionné si besoin.
-
les communautés seront sollicitées afin d'épauler des campagnes
d'information auprès des mères et concernant la maternité,
ainsi que pour les campagnes de lutte contre les endémies (Sida, paludisme
et autres).
-
la couverture du territoire par les centres médicaux sera rationalisée,
l'objectif n'étant pas l'économie financière mais l'efficacité
médicale.
-
le sanitaire est aussi l'affaire de tous, c'est pourquoi il convient de lutter
plus particulièrement en faveur des groupes pauvres par une meilleure sécurité
alimentaire, le développement des espaces agricoles, de l'élevage
et de la pêche.
-
le sanitaire c'est aussi une politique de gestion des risques : sécheresse
et inondations, un plan de prévention est nécessaire, ainsi que
la réalisation d'infrastructures propres à gérer ces risques.

4
- Objectif : l'état sanitaire nous renvoie à l'amélioration
de l'habitat
-
l'état se dotera d'un outil efficace en matière de gestion de l'aménagement
urbain car l'habitat et ses conditions annexes, notamment en matière de
services publics, est essentiel dans l'amélioration des conditions de vie
et sanitaires.
-
l'état aura vocation à encourager la réhabilitation des quartiers.
-
l'état devra assumer pleinement sa tâche concernant les services
collectifs, plus particulièrement en ce qui concerne la distribution de
l'eau, l'assainissement, l'évacuation des déchets et la fourniture
en électricité, c'est donc la viabilisation des surfaces qui est
la priorité.
-
le recours à l'aide du secteur privé n'est pas à exclure,
ni d'ailleurs le recours au système communautaire.
-
concernant la gestion de la ressource eau, il appartient à la puissance
publique d'en assurer la protection et la mise en valeur, aussi bien pour les
eaux de surface que souterraines, en y impliquant les bénéficiaires
autant que possible. La désalinisation d'eau de mer sera étudiée.
-
trois directions sont à suivre :
-
la capitale,
-
les chefs-lieux,
-
les points d'eau des zones rurales.
-
concernant la fourniture d'électricité le potentiel productif devra
être développé, par la restauration des outils déjà
existants, la mise en place de nouveaux outils productifs et l'utilisation de
l'énergie éolienne, en particulier dans les zones de l'arrière
pays.
-
le réseau de distribution sera étendu, si possible avec l'aide du
secteur privé, afin de mailler une proportion maximale du territoire.
-
chaque fois que la chose sera possible l'accession à la propriété
sera favorisée, car c'est dans l'appropriation populaire que se situent
la responsabilisation et l'efficacité.
-
l'état aura à mener une politique de construction de logements en
privilégiant les matériaux locaux, qu'il pourrait fournir à
des groupements de familles, à charge pour elles de réaliser les
constructions sous la responsabilité d'une sorte de garant moral.
-
les banques développeront des micro-crédits pour permettre l'achat
desdits matériaux.

5
- Objectif : préserver l'environnement
-
c'est le rôle de l'assainissement et de la collecte des déchets,
mais ce n'est pas tout,
- la lutte contre la désertification sera
menée avec constance, ce qui nous renvoie aux phénomènes
de déforestation et de surpâturage.
-
la bio-diversité sera protégée en y impliquant la population

6
- Objectif : assurer les droits des gens
-
l'état de droit doit remplacer la mise en coupe réglée pratiquée
par l'actuelle oligarchie
-
les droits fondamentaux seront respectés.
-
une attention toute particulière sera accordée à la place
des femmes et à leurs droits, par la lutte contre les préjugés
et les pratiques discriminatoires.
-
une participation accrue des femmes à tous les actes sociaux sera encouragée.
-
l'accès à l'éducation sera notamment valorisé et l'accès
à l'emploi
-
la justice devra reposer sur des codes et un système judiciaire intègre.
-
la justice aura besoin des personnels compétents et responsables, et d'infrastructures
qui sont encore à construire.
-
l'aide d'organismes non gouvernementaux sera sollicité à titre de
contrôle du respect des droits de l'Homme.
-
les services administratifs seront refondus, notamment pour en bannir certains
comportements, incompatibles avec les droits des gens, et pour améliorer
la qualité du service.
-
les organigrammes publics seront révisés, afin de lister les effectifs
du personnel émargeant, de définir les compétences et d'orienter
chacun vers une fonction le plus possible en rapport avec ses qualifications.
-
les grades et les rémunérations seront révisés afin
de correspondre aux réalités du travail effectif.
-
un véritable système d'avancement au mérite sera mis en place.
-
la démobilisation des personnels policiers et militaires sera poursuivie,
mais avec un programme de reclassement prenant la forme d'aides à la qualification.






M
Mahamoud IDRISS AHMED
président
du Gouvernement en Exil de Djibouti
