


Volet
N°3 - Organiser la société
civile dans l'harmonie, la justice et l'équité en privilégiant
l'épanouissement individuel, collectif et régional
Une
« Gouvernance Active », Responsable de ses Actes
Régionalisation
Décentralisation
Respect
des Droits Humains
Lutte
contre la misère
Emergence
dune Société Civile active
La
Participation
Préambule
Le système politique
archaïque qui prévaut depuis laccession de Djibouti à
lindépendance et qui sest conforté dans une forme de
« démission subventionnée » du régime des «
Mandarins » face aux responsabilités, à la difficulté
et aux nécessaires réformes profondes quil convenait dinstaurer
au sein de la jeune République, sest essoufflé au fil des
années en accroissant corrélativement les difficultés économiques,
sociales et politiques.
Il
paraît nécessaire de rappeler que le régime en place depuis
1999 na fait quaggraver la situation sans apporter une quelconque
réponse aux inquiétudes de la population, à celles de sa
jeunesse et des nouvelles générations notamment des cadres et des
intellectuels qui ont acquis un savoir, un savoir faire et parallèlement
une vision contemporaine de la démocratie, du droit dexpression,
globalement du respect des droits de lhumain qui ne saccommodent pas
des pratiques du régime autarcique auquel on tente de les contraire.
Cest
par la fraude électorale que le régime actuel sest approprié
la maîtrise de lAppareil dEtat et il ne doit sa survie quà
la terreur de la répression quil fait peser en continuité
sur la population par sa garde prétorienne ; terreur et actes déshonorants
quil masque derrière les images idylliques quil diffuse par
lentremise de la presse locale et des médias qui sont son émanation
et quil contrôle avec grande fermeté.
Sur
le plan international, le régime dirigé par M Ismaël Omar Guelleh
tente de conforter son hypothétique légalité en sappuyant
sur le sacro-saint principe du « Diplomatiquement correct » suivant
lequel nul Etat étranger, Communauté ou Organisme International
ne saurait dénoncer publiquement et exiger larrêt des malversations
et des exactions commises au niveau du pouvoir sans se voir incriminer «
dingérence dans les affaires intérieures dun Etat indépendant
».
Le Gouvernement
en Exil de Djibouti propose dans son projet des volets décisifs dont la
finalité est de promouvoir une meilleure gouvernance, un développement
humain durable accompagnés de stratégies efficaces en faveur dune
réelle réduction de la pauvreté.
Cinq
volets nous semblent être dune extrême importance car se situant
parmi les axes de développement dune « bonne gouvernance »
que nous préconisons dinstaurer.
Il
sagit notamment de :
Mettre
en uvre de manière effective une Régionalisation adaptée
ainsi quune Décentralisation de certains pouvoirs dont lEtat
conserve la maîtrise, pleine et entière, use et en abuse depuis laccession
du pays à lindépendance,
Appuyer
le bon développement de la gouvernance décentralisée par
des stratégies prenant nécessairement en compte les spécificités
locales ou régionales qui peuvent varier et qui sont liées à
bon nombre de paramètres identitaires,
·
Intégrer, au niveau national comme au niveau local, la promotion et la
protection des droits humains au développement durable dans toutes les
couches de la société,
La
Constitution d'une Commission Nationale des droits de l'humain, en tant qu'institution
nationale mixte, pourrait constituer l'une des innovations du cadre institutionnel
que nous préconisons.
Lutter
de manière efficace et pérenne contre la pauvreté,
Conforter
les capacités participatives et l'autonomie des organisations de la société
civile.
Une Gouvernance Active, Responsable de ses Actes est
le fondement dun bon développement humain
et économique
Il
convient de modifier de manière fondamentale les principes de « mauvaise
gestion institutionnalisée » qui prévalent actuellement en
axant nos efforts vers l'amélioration de la gouvernance économique
au delà des politiques d'ajustement structurel en élargissant nos
actions par la nécessaire prise en considération des réalités
sociales et institutionnelles.
La
forme de gouvernement économique que nous proposons mettra l'accent sur
une large ouverture qui implique linstauration dune synergie entre
politique économique, politique de développement social et Institutions.
En
effet, il serait utopique de prétendre quun gouvernement exclusivement
économique puisse prétendre compenser par des mesures drastiques
et exclusivement économiques tous les retards accumulés en matière
de développement humain, social et matériel,
Politique
économique, politique de développement social et Institutions doivent
donc être menées de front et en harmonie.
Il
convient donc den déduire que la gouvernance peut être définie
comme étant l'exercice de l'autorité politique, économique
participative et administrative pour gérer dans lintérêt
de la Nation et de son progrès, à tous les niveaux, les affaires
du pays.
Pour
atteindre ses objectifs, elle doit activer et développer des processus
évolutifs, des mécanismes et des institutions au moyen desquels
les citoyens et les divers groupes articulent leurs intérêts, exercent
leurs droits et prérogatives, assurent leurs obligations et négocient
dans le calme et en toute sérénité donnant ainsi une chance
égale à tous et à toutes. conformément à la
Constitution et dans le cadre des Lois de la République.
Par
évidence, ce que lon pourra définir comme « Bonne gouvernance
» doit développer des normes précises en sastreignant
à les respecter tout en veillant à se maintenir dans les limites
des interventions de lEtat pour ce qui concerne le secteur privé
et dans la société civile sans perdre de vue que la finalité
en est une maîtrise et une amélioration progressive, observée
en temps et en heure, des objectifs de gestion et de croissance économiques.
Le
programme de « meilleure gouvernance » ne saurait être une fin
en soi mais lexpression dune volonté permanente daller
de lavant. Il sous-entend que les politiques développées par
lEtat soient fondées et intègrent les particularités
historiques, sociales, humaines et culturelles de chaque région avec une
volonté consensuelle et participative de tous et de toutes afin den
renforcer la stabilité.
Les
réformes des programmes de gouvernance doivent être conçues
et appliquées :
Par
références aux principes de primauté des Droits de lEtat
et de chacun,
Après
une large Concertation, préalable à toute grande décision
engageant lEtat, ses partenaires sociaux et économiques,
Sur
la base de mesures incitatives à la Participation afin de mieux responsabiliser
tous les acteurs sociaux et économiques mais aussi les Institutions de
lEtat,
- A
partir du respect de la Transparence dans la gestion des deniers publics.

Les
facteurs pour une meilleure gouvernance
1.
La primauté du Droit et l'application impartiale de la règle de
Droit. Ceci implique des rapports basés sur des engagements contractuels
et l'élimination de toutes les formes de discrimination fondées
sur le genre, le rang social, l'appartenance ethnique, tribal ou religieuse. Il
sera observé que le Gouvernement en Exil de Djibouti préconise la
mise en place dun Code des « Droits et devoirs de lenfant »
applicable à tout enfant mineur ainsi quun large panel de mesures
favorables à une meilleure responsabilisation des familles.
2.
La Participation directe par le biais d'institutions légitimes et démocratiques
(Parlement, institutions consultatives et de médiation, conseils municipaux,
société civile) en appui à l'exercice des libertés
d'expression et d'association ainsi qu'à l'approfondissement des modalités
de concertation entre l'Etat et l'ensemble des acteurs sociaux aussi bien au niveau
central que régional et local.
3.
La Transparence qui suppose une volonté d'amélioration continue
à la fois de la libre circulation de l'information et des possibilités
d'y accéder pour le plus grand nombre et sans discrimination aucune. Elle
implique prioritairement le renforcement à tous les niveaux des systèmes
IEC (Information, Education, Communication).
4.
L'Equité qui renvoie à l'amélioration du système judiciaire
mais aussi aux principes de justice sociale et d'égalité des chances
d'homme et de femmes bénéficiant, au-delà des séquelles
des servitudes héritées du passé, des attributs de la citoyenneté.
5.
L'Efficacité et l'Effectivité : les procédures d'exécution
et les institutions doivent produire des résultats qui rencontrent les
besoins exprimés tout en faisant le meilleur usage possible des ressources
disponibles ; cette efficacité doit s'accompagner de la promotion d'une
éthique du service de l'intérêt général et du
bien commun ; cela implique aussi un effort soutenu en matière de professionnalisation
des structures publiques et privées.
6.
La Responsabilisation : les décideurs, à tous les échelons
de l'appareil d'Etat, les opérateurs du secteur privé et les composantes
de la société civile sont Responsables de leurs actions et ils ont
l'obligation d'en rendre compte (imputabilité ou culture du rendre-compte)
au regard du public et des partenaires institutionnels. Le développement
des systèmes de suivi, de contrôle et d'évaluation doit donc
accompagner toutes les réformes et les campagnes de sensibilisation visant
à promouvoir cet objectif de responsabilisation de chacun et de chacune.
1 - Les stratégies de coopération
internationale - Incidences
Les
interventions d'appui en faveur de lAide au Développement, déployées
par les partenaires bilatéraux mais surtout multilatéraux, doivent
seffectuer sur la base dune large Concertation avec lEtat djiboutien
et prendre en considération le nécessaire apurement de la dette
par lapplication de mesures échelonnées dans le temps.
Constat
est fait que les stratégies de coopération internationale tendent
à présent de façon systématique à mettre en
évidence trois thèmes collatéraux dont la promotion est considérée
comme essentielle à la mise en uvre d'un Développement Humain
Durable.
Le Respect du genre, qui concerne les
droits et le rôle des femmes dans toute société et notamment
leurs droits à une égalité réelle et à une
citoyenneté effective ainsi que la place décisive qui est la leur
dans tous les processus de développement.
La Lutte contre la pauvreté, avec la mise en uvre dun large
panel de stratégies pérennisées de lutte, sur le plan international
mais surtout local, qui doivent impliquer une mise en corrélation avec
les efforts en matière dallégement de la dette de Djibouti
et lamélioration de la gouvernance.
Nous
avons exprimé, plus avant, ce quétaient les grandes lignes
de ce que nous considérons être la « Gouvernance Active, Responsable
de ses Actes » qui est lun des trois thèmes.
De
la mise en adéquation des trois facteurs, à savoir « Instauration
dune Gouvernance Active Respect des Droits du genre Lutte
contre toutes les formes de Pauvreté » va dépendre ce que
lon peut définir comme la « Bonne Gouvernance du pays ».
Pour
ce qui concerne le panel de stratégies de lutte contre la pauvreté,
qui est le grand fléau des pays dits sous ou en voie de développement,
nous considérons quil en est une qui mérite une extrême
attention car elle permet un accompagnement pertinent des mesures instaurées
par le gouvernement qui pourrait ne pas pouvoir disposer, à court ou à
moyen terme, des moyens financiers suffisants pour concrétiser ses ambitions
notamment en matière de pauvreté spécifique aux domaines
du Médical et du Sanitaire.
Le
rôle dévolu aux Organisations Non Gouvernementales ( ONG ) est essentiel
en matière dapport, entre autres, dune nécessaire complémentarité
médicale et sanitaire. Cest à partir dun large état
des lieux initial que pourrait être recherché un « Partenariat
» entre lEtat djiboutien et les ONG, aux aptitudes reconnues, dotées
des capacités humaine et matérielle, à compenser transitoirement
les carences dans ces domaines précis.
LEtat
et les ONG doivent nécessairement uvrer en toute transparence, suivant
des règles et des limites dintervention, de compétences favorables
à une bonne coordination des stratégies et des actions menées
afin de garantir une amélioration de la situation de la population, notamment
dans les districts de larrière-pays.
Ces
ONG doivent sauvegarder leur autonomie par rapport à l'Etat et par rapport
aux partis politiques ce qui ne signifie pas que les militants de ces partis en
soient exclus mais l'autonomie suppose fondamentalement qu'on mette un terme à
la confusion, que certains tentent de conceptualiser, entre l'Etat et la Société
civile comme cest le cas actuellement à Djibouti.
2. Décentralisation et soutien aux collectivités
locales
La
décentralisation est synonyme d'ouverture, au sens large du terme, elle
est de tous les combats et on l'emploie souvent sans en apprécier toute
la portée et les implications que ce choix essentiel et cet état
desprit comportent.
En
évoquant notre concept de la Décentralisation, nous nous plaçons
donc au delà de la simple "décentralisation" géographique
ou délocalisation.
Il
s'agit - pour reprendre les termes du Pr. Eisemmann - des situations ou "les
autorités locales (ou organes non centraux de l'administration) reçoivent
le pouvoir de poser des règles ou des normes d'espèce dans le cadre
et avec la liberté dagir que leur laisse la législation, sans
être soumises à aucune volonté d'une autorité administrative
d'Etat".
C'est
dans cette perspective que se situe la politique en la matière que préconise
notre gouvernement en insistant sur le fait qu'une politique de décentralisation
progressive et efficace suppose d'être menée de concert avec une
politique de déconcentration consistant à confier certains pouvoirs
de décision à des autorités non centrales reliées
au pouvoir de tutelle par le principe de la subordination hiérarchique.
- Déconcentration
des services centraux (Equipement, Santé, Education, etc
).
-
Déconcentration de la tutelle elle-même au profit des Commissaires
du gouvernement dont le rôle et les responsabilités se trouveront
renforcés.
Toujours
est-il que c'est en fonction de la liberté dont disposent les collectivités
locales et régionales au sein d'un Etat unitaire que se mesure leffectivité
de la Décentralisation qui doit s'appuyer sur des instances représentatives
(élues dans des conditions légales et dans le cadre de la loi) et
dont l'objectif est de mieux servir les populations en misant sur la Concertation,
la Participation active aux réformes tout en améliorant la proximité
donc lefficacité des services auxquels elles ont recours.
La réalisation
de la Décentralisation suppose
que
soit déterminée avec précision une sphère de compétences
spécifiques au bénéfice des collectivités locales
en veillant à empêcher toute émergence dun « système
» et le recours à des « pouvoirs féodaux »,
que
ces activités spécifiques soient prises en charge par des autorités
locales indépendantes du pouvoir central autant pour leur nomination que
pour leur révocation.
que la gestion des autorités locales
soit transparente, totalement indépendante de leurs affaires propres.
que
lEtat puisse intervenir dans le cadre du strict respect des lois.
L'amélioration
et le renforcement de l'environnement politique et juridique autour duquel s'articulent
cinq des volets décisifs du programme de gouvernance
Le soutien de lEtat
aux réformes profondes du système judiciaire,
La
confiance de lEtat quant aux capacités du Parlement, des Instances
consultatives et de médiation,
La
consolidation du processus de Régionalisation et de Décentralisation
de certaines compétences et l'appui accordé aux collectivités
locales
La
promotion et la sauvegarde des droits humains suivant le principe admis que le
développement humain viable est interdépendant d'une stratégie
globale qui recouvre l'ensemble des droits fondamentaux ; économiques,
sociaux, culturels, civils et politiques dans leur indivisibilité et leur
corrélation.
La
lutte institutionnalisée contre la pauvreté et le renforcement des
droits de la société civile
3.
Une Politique municipale accompagnée par le gouvernement
Le Gouvernement doit
être laccompagnateur dune politique municipale définie
localement et qui tient compte des spécificités locales, des éléments
constitutifs de gouvernance et du renforcement du dispositif institutionnel,
On
peut définir succinctement une action de long terme qui sarticulerait
autour des axes principaux suivants :
Le
renforcement des outils de gestion urbaine,
La mobilisation des ressources
locales,
Amélioration des outils et le renforcement des capacités
de gestion communale
4.
De l'implication participative de la société civile (association
des maires, développement communautaire, réseaux de coopératives
axées sur les micro-projets et les activités, féminines notamment,
génératrices demplois et de revenus)
Cette
approche participative devrait bénéficier d'un effort accru en matière
de coopération décentralisée et les ONG devraient se situer
parmi les acteurs de ce "maillage" et de ces partenariats associant
l'Etat, les communes et les organisations de la société civile pour
améliorer les prestations des services de bases (eau, sécurité
alimentaire, santé, éducation, etc
) tout en apportant une
contribution substantielle aux stratégies de lutte pour la réduction
de la pauvreté.
Enfin
de l'élaboration et de la mise en uvre de plans de développement
communaux (développement intégré pour les communes en zone
rurale et stratégies de développement des villes pour les communes
urbaines).
Les priorités en matière de lutte contre la pauvreté
Au nombre de ces priorités
- et sur la base de la stratégie retenue par le Gouvernement avec le soutien
des partenaires au développement - nous mettrons en exergue :
L'accélération
de la croissance et son ancrage dans la sphère économique des pauvres
particulièrement dans les secteurs qui bénéficient directement
à ces derniers : agriculture, pêche artisanale, secteur informel,
etc
La
réorientation des dépenses publiques pour soutenir le développement
des services sociaux de base et l'amélioration de la redistribution par
le canal des organes publics des services sociaux.
Elimination des barrières d'accès à l'emploi à travers
le renforcement de la formation à la micro-entreprise et le développement
de la micro-finance ainsi que les politiques en matière de résorption
du chômage des diplômés,
Le
Développement du recours à l'Approche participative,
L'Amélioration
des méthodes et outils de ciblage,
Le
Ciblage spécifique des femmes et l'élaboration de programmes spécifiquement
conçus pour promouvoir leur pleine insertion dans les circuits économiques
en tant que productrices,
Le
renforcement de la Concertation entre les partenaires au développement
multilatéraux et bilatéraux, les ONG internationales et les départements
ministériels concernant les différentes stratégies sectorielles
ainsi que les programmes et les projets de développement communautaire
et à la base afin de contribuer à en améliorer leur déploiement
et leur efficacité,
La
création d'un véritable Fonds de Développement Social dont
le cadre, les moyens et les modalités d'intervention feront l'objet de
consultation avec les partenaires au développement,
La
mise en uvre du suivi et de l'évaluation dun nouveau cadre
stratégique de lutte contre la pauvreté appelé à prendre
en compte les retombées de l'accès de Djibouti à l'initiative
renforcée de la réduction de la dette.
Une société
civile participative et qui tient sa place
Ce
que nous observons :
La
"Société civile" djiboutienne actuelle se manifeste, avec
plus ou moins de vigueur et d'efficacité, dans le cadre des groupements
et des instances (associations, ONG, médias etc
) dont les activités
et les interventions visent trop souvent à exercer, à travers des
courants d'opinion et des mouvements sociaux, une influence inféodée
à la politique de lEtat.
S'instituer
en dehors des directives de l'Etat actuel et souhaiter intervenir LIBREMENT sur
le terrain est impossible car la surveillance des Services Djiboutiens de Sécurité
limite toute intervention durable et au contact directe es populations.
Ces
associations, organisations socioprofessionnelles, organisations non gouvernementales,
organes de presse et groupements de base devaient constituer autant de composantes
et de relais de la société civile et jouer le rôle d'intermédiaires
entre les citoyens et les institutions politiques et administratives de l'Etat.
Exprimant
la volonté des citoyens d'agir, hors des institutions de l'Etat et de la
sphère politique (parlements, partis), pour assurer par des moyens pacifiques
la défense d'intérêts spécifiques et la réalisation
d'objectifs d'intérêt général, ces relais de la société
civile ne devraient pas se présenter - non plus et par principe - comme
des contre-pouvoirs qui se situeraient dans une logique d'opposition frontale,
partisane et systématique au pouvoir de l'Etat.
La
progression numérique de ces organisations et de ces associations volontaires
djiboutiennes cache souvent mal leur fragilité, leurs difficultés
financières, la faiblesse de leurs moyens logistiques, l'absence ou l'insuffisance
d'un personnel permanent et qualifié et le caractère ponctuel des
actions menées ainsi que les difficultés de concevoir et de mettre
en uvre des stratégies d'intervention réalistes, adaptées
et de long terme.
Ce
que nous préconisons :
Composé
de citoyens qui possèdent, dans le même temps, des "identités"
différentes et simultanées en leurs qualités multiples d'acteurs
économiques et sociaux, de fonctionnaires, de militants politiques ou d'animateurs
associatifs, l'espace de la société civile a vocation à être
un espace d'autonomie (organique et de décision) ouvert sur les différents
secteurs de la vie politique, économique et sociale.
L'émergence
et la structuration de la société civile doivent être au niveau
d'évolution des formes traditionnelles d'organisation sociale, aux avancées
en matière d'accès à la citoyenneté et de son exercice
effectif ainsi qu'au degré d'évolution du processus d'ouverture
pluraliste et de démocratisation.
Quelques
conditions fondamentales au renforcement de la société civile
L'amélioration
et la clarification du cadre juridique souvent contesté s'agissant notamment
des associations des droits de l'homme et d'action civique,
Le
renforcement des efforts de formation et, dans le cas des ONG de développement,
de la professionnalisation des animateurs et animatrices afin de contribuer à
la mise en uvre de projets au développement, d'initiatives communautaires
de base (micro-crédits, coopératives, réseaux d'activités
génératrices de revenus etc
),
Linstauration
de Programmes de vulgarisation (simplification) des textes juridiques et législatifs,
Le
développement des partenariats « Parlement - Société
Civile » et « Communes - Société civile ».
L'amélioration
de la concertation et du partenariat Gouvernement - ONG internationales-bailleurs
de fonds particulièrement en matière d'encouragement à la
formation au travail de terrain des ONG nationales. (Coopération décentralisée
etc
),
Le
renforcement de la presse et des médias indépendants (notamment
en matière de formation et de perfectionnement),
Le
renforcement institutionnel (capacités institutionnelles et formation)
des syndicats de travailleurs et d'employeurs,
L'autonomie
des ONG par rapport au pouvoir politique car élément décisif
du tissu associatif,
Les
associations djiboutiennes liées à l'Etat ou aux partis gouvernementaux
ne sont pas des ONG mais des O.V.G. (Organisations Véritablement Gouvernementales)
et celles contrôlées exclusivement par les oppositions ne peuvent
non plus se présenter comme des ONG.

La
Participation est une philosophie de la vie en société
La Participation
est une philosophie de la vie en société et certes pas une série
de mesures techniques outils d'amélioration du fonctionnement de l'entreprise,
de la fonction publique, de l'Education nationale et de la formation professionnelle
ou de la ville.
Les
mesures de Participation sont le point de départ d'une construction plus
vaste et plus ambitieuse, celle d'une transformation profonde de la vie du pays
et de sa société car reposant sur une conception profondément
différente de celles qui ont prévalu et qui se sont affrontées
jusqu'alors à Djibouti.
La
logique d'affrontement conduit inévitablement à la sclérose,
la société d'affrontement est une société fixiste
où il semble que la somme de richesse à partager est toujours la
même et que la minorité au pouvoir ne peut s'enrichir que si le peuple
s'appauvrit.
Cette
pratique est stérile, réductrice de toutes les libertés dont
le droit d'entreprendre et des Droits de l'Homme.
Dès
lors que l'on veut faire passer le changement il est objet de nombreuses fantasmagories
et se heurte à la coalition de tous les conservatismes, notamment celle
du tribalisme et de la mainmise des " Mandarins ",
La
Participation a la capacité de changer la société en se substituant
à la logique d'affrontements qui préside aux rapports sociaux actuels,
c'est une logique délibérément volontariste de la coopération
érigée en " principe fondamental de l'activité économique
et sociale "
Fait
à Bruxelles le jeudi 27 juin 2002.
mis
à jour le vendredi 15 octobre 2004.