La
parole aux opposants Dernière
modification : le
07-Jui-2002 7:44
(GMT+1 / Bruxelles)
25/06/02
Et si Ismaël Omar Guelleh nous préparait un nouveau
"coup fourré politique" dont il a le secret ! par Roger
Picon.
Il est un fait surprenant
auquel Ismaël Omar ne nous avait pas habitué.
En effet, rappelez-vous
il y a quelques mois la célérité avec laquelle
fut menée lopération du RPP, ayant pour but au final
de fausser les conditions de vote pour les futures Élections
législatives et régionales en s'accaparant arbitrairement
des mandats de votes et des cartes des électeurs en échange
de quelques milliers de FDJ remis à chacun.
Cet empressement
avait eu le don de nous déconcerter.
Cet étonnement
ne s'attachait pas sur le fond de la démarche, car nous sommes
dévidence confrontés aux mêmes agissements
que par le passé et plus récemment lors de l'Élection
présidentielle falsifiée de 1999, mais sur la précipitation
avec laquelle cette opération frauduleuse fut lancée et
réalisée alors que 9 mois nous séparaient de la
date prévue desdites élections.
Reste à
savoir combien de mandats de vote furent ainsi "récupérés"?,
ne comptez pas sur le RPP pour vous le dire.
Lorsque l'on tente
de faire l'analyse du "Pourquoi cette précipitation du RPP
pour s'accaparer de manière fallacieuse les mandats de votes
et les cartes d'électeurs des djiboutiens ?" on voit subitement
émerger une éventualité à laquelle nous
étions loin de penser.
La manipulation
politique nayant pas de limite, rien ninterdit de considérer
que ne se sachant pas en « odeur de sainteté », entre
autres, auprès de la France, de lUnion européenne
et des États voisins du Somaliland et d'Éthiopie, Ismaël
Omar puisse sortir par anticipation de sa manche lun de ses manigances
dont il a le secret et ne mette, une nouvelle fois , ses « bailleurs
de fonds » devant le fait accompli.
On peut avancer
cette hypothèse à partir des observations suivantes :
- Il fait la quasi
unanimité des ethnies et des tribus contre lui, y compris dans
les états voisins et ne doit son maintien à la tête
du pays que par la terreur quil fait peser sur la Nation djiboutienne
par lusage de sa garde républicaine et de son SDS entretenus
financièrement par les détournements des aides octroyées
au pays,
- Ce ne sont pas
ses quelques largesses personnelles ou promesses à l'égard
de l'un ou de l'autre opposant de façade qui vont résoudre
les problèmes de fond auxquels est confrontée la Nation
djiboutienne dans son ensemble. Les « pantins » seront les
premiers à séclipser en cas de
Le clientélisme
ne sert que l'individu, aussi représentatif qu'il pense être,
et se fait au détriment de tous ...les autres qui en ont pris
conscience et contestent maintenant ouvertement, sans équivoque,
l'autorité des "mandarins corrompus".
- Un mouvement de
refus et de la contestation sest organisé et prend de l'ampleur
à tous les niveaux de la Nation djiboutienne.
- La jeunesse, les
nouvelles générations de cadres des échelons intermédiaires
des administrations et des Forces armées ont un concept et une
perception différente de ceux qu'avaient leurs parents en leur
temps et d'autres exigences.
- Les résultats
des Élections présidentielles et législatives en
France, ont une incidence sur la politique future à légard
du régime en place à Djibouti. Son partenariat affirmé
avec les autres états de lUnion européenne fait
obligation à la « France daprès juin 2002
» de respecter son rôle de partenaire et lun des principes
fondamentaux de cette communauté ; à savoir, « favoriser
linstauration détats de droits et des libertés
individuelles dans les pays dAfrique et notamment francophones
».
Nous n'en sommes
plus au vux pieux et à la multiplicité des déclarations
d'intentions dans ce domaine mais à des exigences imposées
par la grande majorité de la communauté européenne.
La "bonne gouvernance"
démontrée est une nécessitée, une priorité.
Les résultats
de certains audits récents, passées curieusement sous
silence par l'ADI, pourraient confirmer le caractère impératif
de ces nouvelles dispositions décidées au niveau de l'UE.
En avançant
les Élections législatives et Régionales à
Djibouti au mois de septembre de cette année, quil pourrait
annoncer après une amnistie partielle et bien ciblée prononcée
lors dun discours le 27 juin, lors de la Fête du 25ème
Anniversaire de lIndépendance, ce nouveau subterfuge permettrait
à Ismaël Omar de « calmer quelques esprits »
et de rassurer transitoirement l'opinion publique et les Instances internationales
tout en prenant de vitesse la véritable opposition politique
( pas les clones ou clowns, suivant les finalités similaires
imposées par IOG et qui sont lémanation du RPP ).
Hypothèse
toute gratuite me direz-vous ! Certes mais le régime dIsmaël
Omar Guelleh nest-il pas quhypothèses et
engagements non tenus.
En tenant compte
de tous ses échecs successifs subis ces derniers mois, y compris
sur le plan international où il devient difficilement fréquentable,
il a forcément le besoin de tenter de redorer son blason largement
terni et de trouver un moyen de précipiter les choses.
Question : lopposition
politique djiboutienne est-elle prête à affronter dans
les meilleures conditions cette éventualité délections
anticipées?.