La parole aux opposants
Dernière modification : le 08-Oct-2002 2:09 (GMT+1 / Bruxelles)


07/10/02 De quelle Justice et de quel Etat de Droits parlons-nous à Djibouti ?. La France, pays des Droits de l'Homme ne peut cautionner tous les actes abjects perpétrés contre une population asservie et sans défense.

Mercredi 2 octobre 2002, Place de la Madeleine, bien au delà de la manifestation organisée contre la visite du Dictateur Ismaël Omar Guelleh à Paris c'était aussi les slogans criés par ces femmes victimes de viols, ou par leurs porte paroles, qu'il fallait retenir.

Les slogans anti Ismaël Omar n'ont cessé de fuser.

Ils furent lancés avec force et conviction par ces femmes au point de couvrir par instant le bruit des véhicules qui circulaient sur la place.

Certes elles n'étaient pas des centaines à témoigner et à manifester leur opposition au régime djiboutien.

Comment auraient-elles pu l'être ?.

Des messages avaient été passés tous azimuts par une Ambassade de Djibouti à Paris mobilisée pour la circonstance et par évidence pour tenter de minimiser l'événement.

Les odieuses pressions exercées directement et indirectement suivant le sempiternel mot d'ordre " Ne participez pas au rassemblement, sinon vos familles demeurant à Djibouti en subiraient les conséquences " produisirent, pour partie, leurs effets.

Cela vous étonne ? nous point du tout, cette pratique est courante à Djibouti et l'on peut même affirmer qu'elle est le moyen privilégié choisi par le pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh pour lutter contre l'opposition politique en exil.

Ces pratiques indignes diligentées sur ordre d'un supposé chef d'Etat ou par " La voix de son maître " Hassan Saïd, dit Madobé, sont sans cesse dénoncées et le seront encore aussi longtemps qu'il le faudra.

Le jour est proche où chacun et chacune retrouvera à Djibouti ce simple Droit d'expression, ultime droit lorsque l'on a tout perdu ; ultime droit que les hommes et les femmes n'ont plus dans ce petit pays du bout du monde.

Celles et ceux dont il ne peut acheter les consciences, le pouvoir discrétionnaire d'Ismaël Omar Guelleh tente de les contraindre et utilise pour ce faire tous les moyens, y compris les plus ignobles.

L'ignominie des actes prend parfois une dimension inconnue de l'humain lorsque la dictature sans limite dépasse la cruauté pour devenir bestiale.

Au jour de la manifestation, à ces femmes djiboutiennes de courage se sont jointes leurs amies françaises des associations " Femmes solidaires ", " Fédération Démocratique Internationale des Femmes ", " Alliance panafricaine " et " SURVIE " qui les soutiennent dans ce combat de femmes pour " La Femme " et qui ont acquis pleine connaissance de ce qu'elles ont vécu et subi, de ce que d'autres femmes vivent là bas encore de nos jours.

Chacune et chacun est pleinement conscient (e) de la multiplicité et des diverses formes de " crimes odieux " perpétrés par le régime dirigé en sous main depuis 1977 par le squatter du Palais de l'Escale et sur lesquels la patrie des Droits de l'Homme n'a que trop longtemps fermé les yeux en détournant la tête.

Le " diplomatiquement correct " ou la supposée non ingérence dans les " affaires intérieures " d'un pays francophone, souverain nous dit-on, justifient-ils des années de silence interprétées comme autant de blessures à l'âme et de " cautions à l'impunité de l'abject " par ces femmes et ces hommes venus témoigner de ce qu'ils avaient vécu, enduré et de la situation qui se perpétue dans une quasi indifférence depuis plus de 25 ans à Djibouti ?.

On oublie un peu trop aisément que pour certaines et certains, leurs ancêtres sont venus combattre en un temps sous le drapeau aux trois couleurs, dans les " Bataillons somalis ".

Nul ne fut besoin de leur demander leur avis, ils étaient alors des " soldats français d'Afrique " donc mobilisables à souhaits, engagés dans un même combat sans distinction d'origine ethnique, de rang social, de couleur ou de confession.

Ils ont quitté leur famille, leur village et sont venus verser leur sang pour que la France, la mère patrie disait-on alors, soit libérée du joug fasciste et de l'oppression.

Aurait-on si mauvaise mémoire au point de considérer que fleurir les tombes de nos soldats d'Afrique lors des fêtes du 11 novembre et du 8 mai, accompagné d'un discours de circonstances, cela pourrait nous affranchir de nos obligations vis à vis de leurs familles ?.

Ces hommes et ces femmes qui manifestent sont la mémoire des liens qui unissent le peuple français et la Nation djiboutienne, ils et elles sont le témoignage contemporain de la persistance d'une " Dictature de l'abject " qui sévit encore de nos jours dans leur pays.

Les termes " Liberté et Droits " auraient-il plusieurs sens ?. Si cela était le cas nous aimerions que l'on nous l'explique !.

Loin d'imposer des conditions décentes de Respect des Droits Humains à Djibouti nous avons trop longtemps détourné la tête pour ne pas voir et ne pas entendre ce qu'il s'y passait tout en alimentant les comptes bancaires d'Ismaël Omar Guelleh et de mandarins qui n'ont que faire de la paupérisation des couches sociales de la population et de la " condition féminine " dont ils ignorent ne serait ce que le sens de ces termes.

Comme le précise le communiqué du " Comité des Femmes Djiboutiennes contre les viols et l'impunité ", les femmes djiboutiennes se battent sur le terrain pour la reconnaissance de ces viols comme " Crimes de Guerre " par les instances internationales et devant les Tribunaux compétents.

Qui pourraient leur réfuter ce Droit de femme ?.

Notre devoir est de les aider, de combattre à leur coté et certes pas de les ignorer.

Suite à ces actes odieux qu'elles n'ont de cesse de dénoncer aucune Commission rogatoire n'a été lancée par la Justice à Djibouti, dans le pays qui se dit celui des " braves ".

Commission rogatoire est là encore un terme banni en certaines circonstances lorsqu'elles dérangent le pouvoir en place.

La Justice à Djibouti est rendue dans son bureau du Palais de l'Escale par un homme et un seul.

Ismaël Omar Guelleh n'a eu de cesse de bafouer la Constitution et tous les Codes ; il s'assoit sur les Lois comme d'autres le font avec leur conscience.

Les Juges n'ont qu'un seul droit, celui de se taire ; ils sont eux aussi et très majoritairement les " otages de la dictature " et savent qu'à chaque instant et suivant l'humeur du moment du Squatter du Palais de l'Escale ils peuvent se voir emmenés manu militari et incarcérés dans l'une des prisons afin d'y méditer et compter les blattes.

Dans ce pays " dit des braves ", de quelle bravoure peut-on se prévaloir lorsque l'on viole et on laisse violer en toute impunité, assassiner et parfois brûler le corps d'une femme comme cela fut le cas au cours de cette ignoble guerre déclenchée puis entretenue par Ismaël Omar Guelleh ?.

De quelle bravoure peut-on se prévaloir lorsque l'on a des visées hégémoniques, des volontés d'instaurer des conflits et que l'on entretient à l'aide des Aides supranationales et de fonds publics djiboutiens détournés, des rébellions dans les pays limitrophes ou que l'on tente d'asphyxier économiquement parlant l'Ethiopie et que l'on tente de couper de leurs racines les familles djiboutiennes originaires du Somaliland ?.


De quel état de droits et de justice parlons-nous à Djibouti ?

- De celles et de ceux qui " roulent carrosse ", louent des suites au Carlton et organisent des banquets, entre autres, à la " Tour d'Argent " sur les aides internationales et les fonds publics détournés !.

- De celles et de ceux qui emprisonnent et qui laissent violer des enfants et des femmes !.

- De celles et de ceux qui n'ont que faire du respect des Droits humains !.

- De celles et de ceux qui pillent les finances publiques, détournent et dilapident les Aides internationales et qui font épisodiquement et suivant un échéancier bien établi un odieux chantage à la pauvreté !.

- De celles et de ceux qui achètent les consciences !.

- De celles et de ceux de pseudos opposants politiques se précipitent vers la " gamelle " au premier coup de sifflet du Squatter du Palais de l'Escale ou pour protéger une hypothétique expropriation de leurs biens immobiliers financés souvent par les détournements d'argent public en un temps passé !.

- De celles et de ceux qui ont déserté leurs valeurs d'antan de " supposé démocrate " ou de " Défenseur des Droits humains " et qui se gardent bien de dénoncer les exactions du pouvoir d'Ismaël Omar Guelleh car ils en tirent maintenant des profits personnels conséquents !.

La " visite commandée " du Squatter du Palais de l'Escale à l'Elysée, un fiasco pour le génie de la Corne Est de l'Afrique

Son " Excellentissime " IOG s'attendait à ce que Paris lui déroule le tapis rouge sous les pieds mais lorsqu'on " Invite expressément " un supposé chef d'Etat mais effectif Dictateur et qu'on le fait passer par la petite porte de l'Elysée c'est qu'apparemment il dérange ne pensez-vous pas ?.

Sourire crispé lors de sa sortie du palais présidentiel.

Le " camouflet " que vient de recevoir Ismaël Omar Guelleh par le Président Chirac n'a rien de surprenant et marque, à notre sens, une nouvelle orientation de la politique française à l'égard du Squatter du Palais de l'Escale.

On oserait dire enfin ! et pour autant que le peuple djiboutien n'en soit pas la première victime on ne peut que s'en satisfaire.

La période des sacs de riz distribués à la population pour calmer ses justes revendications et survivre est révolue.

Le tocsin résonnera bientôt pour le Dictateur sanguinaire et ce jour là, les promesses sans lendemain et les " molosses " de sa garde personnelle, pour le moins ce qu'il en restera, n'empêcheront pas que la facture lui soit présentée.


Bouh Warsama.



APPEL A TOUTES LES FEMMES
Soutenez le Comité des Femmes Djiboutiennes dans leur Combat de " Femme pour les Femmes ",
contre les viols et l'impunité à Djibouti.

Vos contacts en France :
Myriam Houssein et Aïcha Dabalé
132 Rue Jean Lolive - 93500. Pantin. France

Tel : (00 33) 1 48 23 16 44
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