La parole aux opposants
Dernière modification : le 16-Nov-2002 18:56 (GMT+1 / Bruxelles)


15/11/02 LETTRE OUVERTE AUX CITOYENS
(par Abdourahman Yassin)


Abdourahman Yassin
Membre fondateur du GED
Chargé des Finances, de l'Économie et de la Planification

Cette lettre ouverte constitue un appel à la formation de propositions d’actions politiques concernant les élections Législatives de notre pays qui sont programmées pour le mois de janvier 2002.

Les résultats des élections du dernier scrutin législatif, dominées par l’alliance RPP - FRUD, furent entachés d’irrégularités

Le pouvoir illégal d’Ismaël Omar Guelleh a démontré depuis 1999 son incapacité chronique à répondre aux exigences les plus élémentaires des Djiboutiens.

Le peuple djiboutien est en situation de survie ! pour combien de temps ?.

Qu’attendons-nous de ces futures élections ?.

De nouvelles falsifications ! de nouveaux mensonges ! mais certes pas une nouvelle orientation politique et une amorce d’ouverture vers la démocratie.

La pauvreté d’aujourd’hui seront les miséres de demain si rien n’était fait pour y remédier, si chaque Djiboutien et si chaque Djiboutienne acceptait de se laisser berner plus longtemps par le pouvoir en place.

A l’heure où les Djiboutiennes et les Djiboutiens réfléchissent à la situation qu’ils vivent depuis l’indépendance de notre pays vis à vis du colonialisme, il est important aujourd’hui et après 25 ans de Liberté et d'Autonomie de constater qu’une minorité mafieuse est à la tête des différents instances nationales, civiles militaires et politiques

Ces mafieux profitent et aggravent la crise dans laquelle ils ont plongé et maintiennent le pays, alors que la majorité de la population subit l’inflation, l’augmentation des prix sans augmentation des salaires, des dysfonctionnements chroniques des services essentiels de l’eau et de l’électricité, le chômage et la paupérisation………. des retards incessants des versements de salaires et des sanctions discrétionnaires lorsque nos fonctionnaires contestent et défendent leurs intérêts.

Tant d’années de souffrances les plus contraignantes et les ignobles ! Pourquoi ?.

Il est encore tant d’agir en ayant le courage de dire NON !.

NON au clan mafieux à qui exerce par corruption et le clientélisme la conduite du pays dans les conditions et nous ont amené à subir tous les effets désastreux de la situation que nous connaissons.

Aujourd’hui nous subissons l’humiliation, la corruption, la violence, le pillage, les détournements des fonds publics.

Jour après jour nous perdons notre dignité alors que les hyènes corrompues continuent d’augmenter leurs patrimoines immobiliers et de conforter leurs comptes bancaires à l’étranger.

Nous devons aller plus loin pour sauver le peu de dignité qu’il nous reste, notre honneur bafoué par la force ; profitons de l’occasion pour sanctionner et balayer les auteurs des actes délictueux qui ont mis le pays dans cette situation et de plein gré et qui se rendent encore coupable à ce jour :

- de séquestrations arbitraires,

- de parodies de justice,

- de l’accélération du démantèlement de l’appareil administratif,

- de la paupérisation de toutes couches sociales de la société djiboutienne,

- du musellement de la vie syndicale,

- du clonage des partis politiques,

- de la création des partis politiques satellites, annexes du RPP,

- de la desimplication de l’Etat dans l’économie nationale.

- de la privatisation des pôles économiques les plus rentables (port, aéroport, électricité, eau etc.…) et dont les marges bénéficiaires profitent aux mafieux et non au peuple.

De ce constat il me semble que nous devons être amenés à prendre des décisions réfléchies ert d’une grande fermeté en nous posant des questions simples

- QUI FAIT QUOI dans notre pays?

- Qui sommes-nous ? et que sommes-nous devenus en 25 années d’Indépendance ?

- Quel avenir, pour nos enfants et pour nos familles ?

- N’avons-nous pas aujourd’hui une responsabilité ? ou devons accepter toutes ces misères ?

En réponse à l’une ou à deux de ces questions nous pouvons changer ensemble beaucoup de choses par nous-mêmes.

Nous trouverons là où le mal existe et nous ferons appel à un « médecin » qui pourra guérir la maladie, cette gangrène qui ronge notre pays.

Ouvrons donc les yeux et les oreilles et agissons pour demain car demain se dessine et se prépare aujourd’hui.

Abdourahman Yassin