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La
parole aux opposants
Dernière
modification : le
12-Jui-2003 4:34
(GMT+1 / Bruxelles)
"Le
tyran en se faisant despote devient esclave de son système
duquel il ne peut sortir que par la chute". Moustapha Kaireh
Darar,
09/07/03
- Face à la Dictature versant dans le Despotisme cautionné,
il y a le Peuple et ses Droits. par
Moustapha Kaireh Darar,
Force est
de constater que le régime djiboutien depuis 1999 a viré
purement et simplement au despotisme, faisant suite à la
dictature imposée par une minorité sous la gouverne
d'un Hassan Gouled Aptidon qui, dans les faits constatés,
n'eut qu'un pouvoir restreint si ce n'était d'ultime représentativité
de l'Etat mais fut peu préoccupé par la nécessaire
évolution, par le progrès du pays et par celui de
ses populations.
La dictature
qui s'est ensuite transformée en despotisme, que l'on dit
" éclairé ", est née
dans notre pays de la non reconnaissance de l'existence de sociétés
traditionnelles, y compris minoritaires dans le pays, que l'on s'est
vite précipité de classifier comme étant archaïques
et rétrogrades aux fins de mieux asseoir l'Autorité
apparente de l'Etat sur le plan international.
Il s'est
avéré qu'entre 1977 et 1995, le pouvoir fut partagé
entre un " quarteron au pouvoir " nommant qui il voulait
aux différents niveaux de responsabilités au sein
des Institutions, quand il le voulait et à un poste souvent
inadéquat quand à ses compétences.
Cette
forme locale de jeu d'échecs politique mais surtout d'intérêts
privés masquant une volonté, des uns et des autres
de placer ses pions, était soumise à la décision
de l'ultime autorité, exclusivement sur ce point, d'Hassan
Gouled Aptidon.
Exemple d'une
désignation de deux personnalités locales, le même
jour et à un même poste, suivant le critère
d'appartenance et Ministres éphémères
se
sont ainsi succédés jusqu'à la maladie du Chef
de l'Etat, l'emprisonnement de deux membres du quarteron et la prise
de tous les pouvoirs par le dernier qui fut le seul à savoir
tisser minutieusement sa toile d'araignée depuis 1974
.
Mais,
Ismaël Omar Guelleh est de plus en plus isolé face à
une " bourgeoisie " locale revendicatrice et conservatrice
de ses privilèges octroyés ; il lui fallait donc être
volontariste.
La mise en
jeu de son autorité et de son pouvoir actuellement découle
de l'absence de réformes de courage pour pouvoir maîtriser
l'avenir.
Son seul
garde-fou aurait du être alors son éclairement, une
gouvernance non pas au nom de la folie, mais au nom de la raison
et du progrès.
Il avait
alors intérêt à avoir la caution pour le moins
d'un philosophe local de renom, d'un faire-valoir comme ce fut le
cas dans l'histoire d'un Voltaire et Frédérick Il,
d'un Diderot et Catherine Il, or il s'est institué tel il
un tyran grec, version djiboutiannisée, qui n'obéit
qu'à son arbitraire et qui a franchi les normes tel dipe
Roi pratiquant l'Hybris ou " démesure ".
Mais le despote,
qui parait faussement être tout puissant, est limité
car ses sources d'informations sont celles qu'ont veut bien lui
faire entendre mais qu'il ne peut et ne veut comprendre.
Il ne peut
compter sur personne pour disposer d'informations fiables. L'homme
est seul !., il goûte aux conséquences de l'accaparation
de tous les pouvoirs.
L'expression
ne date que d'une centaine d'années et désigne des
tentatives qui, autant que des principes, se sont nourries d'exemples.
La notion
recouvre, en gros, un certain nombre de souverains d'Europe centrale,
d'Europe orientale et méditerranéenne de la seconde
moitié du 17ème siècle.
Le phénomène
coïncide avec la grande coupure de 1740, autour de laquelle
s'opère un nombre important de changements de souverains,
et se ralentit à la veille de la Révolution française,
qui lui donne un coup de grâce définitif ou du moins
réputé tel et agissant pour le salut public ( salus
publica).
Les souverains
du 17ème siècle prirent Louis XIV le monarque absolu
pour modèle.
Comme lui,
ils manifestèrent une extrême ardeur au travail, ne
déléguèrent à personne le soin de prendre
les décisions, et devinrent ainsi de véritables experts
du pouvoir.
Les influences
des philosophes et du rationalisme français contribuèrent
non pas à la libéralisation du régime, mais
à son renforcement, en donnant à l'Etat une organisation
plus rationnelle.
C'est
ainsi que l'on décèle l'ambiguïté du despotisme
d'Ismaël Omar Guelleh prompt à se servir des idées
nouvelles pour faire triompher en fait l'absolutisme pour ses propres
intérêts..
Sans
un Mouvement de Libération Nationale, intégrant la
pluralité des pensées, il est fort probable que le
despotisme qui est imposé dans notre pays ne trouverait ni
sa doctrine, ni son style reconnus suivant le principe qu'il n'en
a pas, philosophiquement parlant.
Le caractère
le plus constant du despotisme Ismaëlien est l'exaltation de
l'Etat.
Or
ce n'est pas une nouveauté car sa notion de fausse "raison
d'Etat " est omniprésente et IOG fait constamment appel
à la raison : à la seule raison, la
sienne !.
La mise en
place en 1977 d'une administration régulière, vouée
au service de l'Etat, a été annihilée par la
non intervention du pouvoir dans la régularisation des flux
commerciaux avec une monnaie dont chacun se sert suivant les variations
des partités de taux de changes au jour le jour.
L'absence
d'encouragements à la création d'une production et
aux échanges, l'ignorance de mécénat artistique
et littéraire durables, tout ce qui aurait contribué
à l'éclat du pays et de ses composantes mais qui fut
occulté démontrent l'aspect
fallacieux d'un régime sans ambition nationale mais exclusivement
à buts privé et personnel pour quelques uns.
Le
despotisme d'Ismaël Omar Guelleh est une forme de " gangstérisme
" du pouvoir légitimé
adapté aux espaces à exploiter outrageusement, maintenant
des structures économiques et sociales archaïques, le
tout conduit par une supposée élite mais de mentalité
déviante qui s'efforce de combler ses avoirs financiers et
immobiliers.
Le
pays est donc confronté à de fictives réformes
entreprises ou tentées tendant à laisser croire à
une volonté de l'Etat de réformer et de moderniser
les institutions ; modernisation freinée de plus par les
résistances de mandarins et de féodalités terriennes,
par les inerties de corporations anciennes qui ne veulent pas faire
évoluer les régions pour tenter d'y maintenir, eux
aussi, leur supposée autorité.
Toutes ces
cautions à sa non volonté de faire évoluer
le pays et ses populations font le jeu d'un Ismaël Omar Guelleh
qui se garde bien de surmonter ces obstacles et de briser ces résistances,
alors que c'est tout naturellement et en toute logique de progrès
qu'il devrait être amené à se référer
à la pensée critique de son époque, à
lui emprunter des justifications.
Il
adopte faussement le vocabulaire des élites de son époque,
union nationale, progrès réalisé, utilité,
bienfaisance, bonheur du peuple, philanthropie
alors que les
populations appellent de leur vux la liberté individuelle
et l'équilibre des droits qu'il ne saurait leur offrir car
trop craintif qu'il est qu'une telle liberté ne mette un
terme à son régime.
Ainsi l'économie
passe au service du " gangstérisme " étatisé
dépassant les limites connues du pouvoir d'Etat, c'est la
grande idée du règne d'Ismaël Omar Fidel Castro
qui se réalise ; le développement du droit de propriété,
qui se fait en Occident au profit de la Nation, se fait ici par
et au profit de quelques uns et de quelques unes.
Le
" gang " ne prend d'ailleurs pas seulement le Commerce
en main, il devient aussi le principal Industriel, commerçant
et monopolisateur des secteurs d'activité et banquier du
pays,
afin de ne rien perdre de l'activité des grands centres d'intérêt
créés ou en cours de création, masquant cela
derrière un libéralisme d'apparence qui n'est que
despotisme absolutiste.
Les despotes
sont avant tout soucieux du renforcement du gouvernement central,
de la rationalisation de l'Etat à leur dimension et visées.
Ismaël
Omar Guelleh, Fidel Castro et d'autres, aussi éclairé
qu'il soit un despote est un despote, et ses préoccupations
ne sont pas la défense de la liberté individuelle,
mais assurément la défense de leurs intérêts
privés.
Reste le
Peuple et son Mouvement de Libération Nationale ! notre particularité
comme homme ou femme djiboutiens est d'avoir une forte capacité
d'encaissement qui trompe souvent les observateurs étrangers
qui voient en cela une forme synthétisée bien rassurante
... voire arrangeante de stabilité sociale dans le pays
mais lorsque la révolte de
la misère est là, sourde et impalpable, le peuple
se lève soudainement et ne prévient pas !
D'une
tyrannie devenue despotime cautionné, dans l'histoire de
la République francophone de Djibouti, la responsabilité
des conséquences incombera aux diplomaties qui ont le pouvoir
d'intervenir mais qui n'ont rien fait, lorsqu'il convenait de le
faire, pour que s'instaure et se développe dans notre pays
un Etat de Droit et des libertés.
par
Moustapha Kaireh Darar,
Membre du Gouvernement en Exil
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